J'ai dix ans ,je connais chaque fissure, chaque aspérité et chaque lézarde des trottoirs défoncés de Randolph Street ma rue, c'est là que je vis avec ma soeur Virginia qu'a un an de moins que moi, mes parents Adèle et Douglas Springsteen , mes grand parents , Fred et Alice et mon chien Saddle ; je suis d'origine irlandaise et italienne la mère de ma mère Adelina Rosa Zerilli. Mon père à quitté l'école à seize ans pour travailler comme apprenti à la fabrique Karighensian , à dix huit ans il est parti à la guerre, s'est embarqué à New York à bord du Queen Mary, il à été conducteur de camions pendant la bataille des Ardennes puis il est rentré chez lui, il jouait au billard très bien, il a épousé ma mère, puis à travaillé à la chaîne avec son cousin David à l'usine Ford Motor d'Edison, c'est alors que je suis arrivé, pour ma grand mère j'étais le premier né de son fils unique, et le premier bébé de la maison, depuis la mort de sa fille, ma naissance lui apportait une nouvelle raison de vivre.Durant ma scolarité à l'école primaire, on m'a tapé sur les doigts, étranglé en tirant sur ma cravate, cogné sur la tête, enfermé dans l'obscurité d'un réduit ; tout cela était monnaie courante pour une école catholique des années 50. Mon père ne m'avait pas trop à la bonne, petit je pensais que les hommes étaient tous comme ça : distants, peu communicatifs , emportés par le courant du monde des adultes; j'étais un intrus, un étranger , une terrible déception , quelques instants il jouait au papa soucieux de mon bien être, puis il en venait au fait l'hostilité, la colère noire que lui inspirait son fils, il m'aimait mais il ne me supportait pas, il avait le sentiment qu'on était en compétition pour l'affection de ma mère ; qui rusait, criait, suppliait et ordonnait que ses accès de rage cessent et moi je la protégeais ; une nuit où mon père était rentré une fois de plus d'une soirée minable à la taverne; je les ai entendu se disputer violemment dans la cuisine, j'avais peur pour elle et pour moi je ne devais pas avoir plus de neuf où dix ans mais je suis sorti de ma chambre et j'ai descendu l'escalier avec ma batte de base ball , je lui ai hurler d'arrêter , et là j'ai abattu ma batte en plein milieu de ses larges épaules, il s'est retourné, il avait le visage écarlate comme chaque fois qu'il revenait du bar , l'instant s'est étiré en longueur, puis il a éclaté de rire, fin de l'engueulade; il me répétait par la suite " Ne laisse personne faire du mal à ta maman " Ma mère sauvait constamment la mise à mon père, et faisait bouillir la marmite les si nombreuses fois où déprimé il n'arrivait pas à sortir du lit , elle aimait mon père, et peut être cela lui suffisait-il d'avoir la sécurité d'un homme qui ne la quitterait pas, qui ne pouvait pas la quitter, il n'empêche elle le payait cher. Chez nous pas d'amis à la maison, pas de restaurants, ni de sortie en ville, mon père n'avait ni l'envie, ni l'argent, ni la santé pour une vie sociale normale de couple marié.Mon premier déclic de jouer de la guitare, c'est un homme en quête de quelque chose de nouveau, par sa volonté, il lui a donné vie, le grand acte d'amour d'Elvis à ébranlé le pays, c'était un premier écho du mouvement pour les droits civiques; c'était un chanteur, un guitariste qui adorait la musique noire, quand ça été fini ce soir là, ces quelques minutes, lorsque l'homme à la guitare à disparu dans un voile de hurlements, je suis resté assis devant ma télé médusé, l'esprit enflammé, il tapait dessus, s'appuyait dessus, dansait avec elle, hurlait dedans, il la baisait, la caressait, la balançait sur ses hanches. Le lendemain, j'ai convaincu ma mère de m'emmener chez Diehl's malic, et là faute d'argent on à loué une guitare, à la maison j'ai ouvert l'étui , j'ai humé le bois, j'ai senti la magie de l'instrument, je l'ai tenu dans mes bras, j'ai fais glisser mes doigts le long des cordes, j'ai pris entre mes dents le médiator en écaille véritable, j'ai pris des leçons de musique pendant quelques semaines... et j'ai abandonné Diehl imposait de faire vombrir les cordes en Si avec lui, c'était le solfège, et des heures d'une technique prodigieusement ennuyeuse Je voulais... J'avais besoin que ça balance !Et maintenant je ne sais toujours pas lire la musique, et à l'époque, mes doigts d'adolescents de dix sept ans n'arrivaient même pas à faire le tour de ce gros manche. Puis j'ai entendu les Beathes qui jouaient sur des Ricbenbaker,Höfrer,et Gibson, des guitares aux notes salvatrices It ain't no sin to be qlad you're aline ( C'est pas un péché de se réjouir de vivre) en 1964, il n'existait pas de formule plus magique en anglais. A l'adolescence je suis arrivé à monter un groupe, il y avait dans le quartier où j'habitais un gamin qui savait vraiment jouer, il avait une Gibson, un vrai instrument, un vrai ampli, il savait lire la musique, je suis allé lui parlé, on à même trouvé un bassiste, en attendant, on branchait nos amplis on répétait assez régulièrement avec une idée cruciale et rebelle ; trouver un chanteur...Georges s'y colla, il avait une vrai voix et du charisme, j'étais quand à moi considéré comme une catastrophe devant un micro, et Tex n'arrêtait pas de se moquer de ma voix, des années plus tard, après des millions d'albums vendus , je suis retourné le voir et il m'a dit avec son sourire narquois :"Tu ne sais toujours pas chanter" c'est Georges le chanteur. A partir de là, on a été programmé pour jouer au bal du lycée. Puis j'ai été viré du groupe, ma guitare était trop nulle, elle se désaccordait tout le temps,ce soir là, une fois à la maison, j'ai mis sur la platine le deuxième album des Rolling Stones et j'ai appris le solo simple mais génial de Keith Richards dans " It's all oven now" j'y ai passé la soirée puis à minuit j'étais capable de sortir une version relativement proche de l'origine, j'ai commencé à prendre conscience du sentiment de force et de fierté que l'instrument et mon travail me donnaient. J'avais un secret il y avait un truc que j'arrivais à faire, un truc pour lequel peut-être j'étais bon. Un après midi Georges un ami guitariste me dit qu'un groupe se montait et que les gars cherchaient un guitariste lead, j'ai mis ma guitare en bandoulière et j'ai intégré mon premier vrai groupe. Notre premier concert eu lieu à l'Angle -In c'est au sud en territoire greaser, on à fait une série de boîte de nuit, et de pizzerias implantées le long de la route 9. Un samedi soir comme n'importe quel autre; on était alors à notre troisième chanteur lead on était programmé à l'IB Clubs et on avait hâte de donner un concert grandiose , le club était plein, six cent personnes peut être dans la salle que du cuir, bananes et choucroutes à gogo, il y avait assez de graisse dans les cheveux pour faire tourné un garage. Notre première audition à eu lieu chez Atlantic records, tout ce dont je me souviens c'est d'être monté dans un bureau, d'avoir joué devant quelqu'un pas intéressé, ensuite allez savoir comment Mike à réussit l'exploit de m'obtenir une audition avec John Hammand qui avait signé Bob Dylan, Aretha Frankin, un géant de l'industrie du disque. J'ai convaincu Mike et Jimmy qui fallait que j'enregistre avec un groupe. On a fait l'album en trois semaines la plupart des chansons étaient des sortes d'autobiographie" Growin ' up" "Dops this bus stop,For you lost et " Saint in the City" On a livré le disque à Columbia Clive Davis me l'a renvoyé avec ces mots: " Pas de hit , rien qui puisse passer à la radio" Je suis allé à la plage et j'ai composé Spirit in the Night" de retour à la maison j'ai sorti mon dictionnaire de rimes et composé " Blinded by the light" je n'ai plus jamais réécrit tout à fait dans ce style une fois le disque sorti, on n'a pas arrêté de me comparé à Dylan.Les choses commençaient à se préciser , un film avait été envoyé à toutes les antennes de Columbia des grandes villes: on y voyait Clive Davis qui lisait les paroles de Blindes by the light comme si c'était du Shakespeare . Malgré çà Greetings ne s'est vendu qu'à vingt trois milles exemplaires un échec au regard des critères, mais un succès phénoménal pour moi. Un soir , j'étais à un coin de rue, avant un concert dans une fac du Connecticut , lorsqu'une voiture s'est arrêter au feu rouge l'autoradio à fond sur " Spirit in the Night" mon rêve rock 'n roll le plus fou était devenu réalité, j'ai senti enfin que j'étais un petit wagon de ce train glorieux, c'était plus qu'excitant, quarante trois ans plus tard, je ressens la même excitation quand j'entends mes chansons à la radio.J'ai écris " Born to run" assis sur le bord de mon lit, j'étais un enfant de l'Amérique, la guerre du Vietnam , des assassinats de Kennedy, Martin Luther King et Malcoln X. Le 25 août 1975 les magazines Times Newyork voulaient que je sois en couvertures, j'ai hésité parce qu'à l'époque, les divertissements populaires, en particulier les chanteurs ne faisait pas la une de ce que l'on considérait être la presse sérieuse, çà me terrifiait , mais en fin de compte mon égo, mon ambition et la trouille de laisser passer ma chance l'ont emporté sur mes doutes. J'ai appelé Mike: " Envoie la presse ". Les concerts se sont enchaînés Londres, Los Angelès . Born in the USA reste donc une de mes plus grande chansons et une des plus incomprises; La combinaison des couplets blues dépressifs et des refrains déclaratifs" enjoués," la revendication du droit à une voix patriotique " critique" allant de pair avec la fierté de la patrie, était manifestement trop contradictoire ( ou juste pénible ! )pour les auditeurs les plus insouciant ou les moins futés.. 21 juin 1984 on arrive à Center de Saint Paul Minnoseta on a passé l'après midi à tourner Dancing in the Dark notre premier vrai clip ...La tournée en Europe s'est déroulée sans accroc, salles combles, foule en délire. De retour au pays notre concert au stade Three Rivers de Pihsburgh s'est révélé unique .... un public composés de six milles fans. Le 21 juillet 1990 à vingt trois heures trente est né Evan James Springsteen à partir de maintenant la puissance fascination du passé sera formidablement contrebalancée , ensemble Patti et moi avons fait en sorte que 1+1=3 car si le rock' n roll , cette nouvelle vie m'a révélé qui je suis, plus qu'une chanson, une histoire, une nuit, une idée, une attitude, une vérité, une ombre; une question, une réponse, une créature fébrile de mon imagination et de celle des autres, le travail c'est le travail , mais la vie ...c'est la vie....et la vie l'emporte sur l'art toujours. Le 30 décembre 1991 est née Jessica Springsteen son visage rouge et ses cheveux de jais. Le 5 janvier 1994 est né Sam Ryan Springsteen. Puis la vie m'a pris deux de mes musiciens Clarence Clermons était un personnage tout droit sorti d'un manuel rock'n roll , il était le saxophoniste black super balèze et Danny Federici organiste, j'ai fait aussi une dépression mais l'amour que me porte ma femme Patti et la passion du rock'n roll m'ont sauvé.
samedi 17 juin 2017
jeudi 29 décembre 2016
Les Dames de Paulilles de Nicole Yrle
A quelques encablures du Cap Béar, nichée entre Banyuls et Port-Vendres, la baie de Paulilles, joyau de la Côte Vermeille, recèle tout ce pan d'histoire du Roussillon. Quatre générations retrace dans ce livre le quotidien des femmes de Paulilles, à la fois humble et nobles confrontés au mépris de quelques intérêts particuliers et à la violence d'un XXème siècle traversé par les guerres. Marie épousa Augustin qui travaillait à la dynamiterie , mais il dut partir au front, et elle du faire comme sa mère et sa grand-mère travailler aussi à la dynamiterie le sort de la guerre en avait décidé, elle serait encartoucheuse, les bâtiments légers, reliés par des tunnels et isolés les uns des autres par des merlons; ces levées de terres protectrices.Plusieurs ateliers d'encartouchage étaient alignés le long des trois allées, Marie enfila une longue blouse en toile , chaussa des sandales à semelles de corde, gagne l'atelier qui allait devenir son quotidien, l’exiguïté la surpris presque carré, il ne mesurait pas plus de quatre à cinq mètres, du plomb et du bois partout, une épaisse couche de sciure sur le sol, pour la sécurité, explique Madeleine sa mère, laconique, faut pas qu'il y ait d'étincelle, tu vois il faut être deux, une qui bourre et une qui ferme, la poudre était fine comme de la farine et Marie comprit pourquoi on parlait de pétrin comme dans une boulangerie! Ouvriers et ouvrières, tous parlaient de " matière" et non de dynamite. Ceux qui la manipulaient devinaient-ils d'instinct qu'elle tirait son nom de la "puissance" grecque? en tout ils savaient quelle était dotée d'un pouvoir destructeur sans rapport avec son apparence. Les mois et les saisons passaient, la guerre , dont on avait cru quelle serait de courte durée, semblait devoir s'éterniser ; les échos de terribles batailles glaçaient d'effroi toutes les familles. A l'usine , les départs successifs des hommes avaient dégarni de nombreux postes, il fallait recourir à une main d'oeuvre de remplacement; et l'on vit arriver à Paulilles de nombreux ouvriers espagnols, surtout des Castillans; l'amertume était perceptible sur les visages fermés et dans les paroles presque agressives." On se demande à quoi on sert la-bas et ici on serait de trop," dit Augustin la mine sombre, il venait d'arriver pour une petite semaine on était en février 1916, les permissions étaient rares et plus courtes, Marie ne reconnaissait pas son Augustin, lui si gai, si bavard, il était devenu taciturne. A la dynamiterie, les nouveaux venus monopolisaient l'attention; les Catalans du Sud apportèrent leur exubérance naturelle , un jour ou un contingent d'Annamites fit son entré à Paulilles encadrés d'une escorte de tirailleurs Sénégalais, l'étonnement se lut sur tout les visages. On avait vaguement entendus parler de l'arrivée imminente de coloniaux mais on ne s'attendait nullement à ces drôles de petits hommes jaunes coiffés de curieux chapeaux en forme d'arapèdes! Les Annamites furent rapidement attelés à des tâches dont ils avaient pas la moindre idée ; la poudre fabriqué était destinée essentiellement aux mortiers de tranchées . On prit l'habitude de côtoyer les Annamites certains d'entre eux connaissaient un peu le français mêlés de catalan, parce qu'ils déjà au cantonnement d'Olette pour la construction d'une route dans le conflent. Marie, Augustin elle ne l'oubliait pas, elle était s'en nouvelle de lui, sa dernière permission il l'avait passée à dormir, elle l'avait trouvé hagard, plus absent que jamais il était repartie s'en la touchée, pratiquement s'en la voir. Des rumeurs couraient, un responsable technique rapporta que lors d'un incendie auquel il avait assisté plusieurs Annamites s'étaient retrouvés les pieds collés au sol et avaient été atrocement brûlés, certains s'étaient transformés en torches vivantes. Des explosions et des incendies ils s'en produisaient aussi dans les ateliers de lavage de la nitroglycérine . Marie croisa Dan, elle éprouvait de plus en plus de sympathie et de compassion pour cet Annamite. Marion petite fille de Marie pénètre avec sa mère Maria dans le tunnel envahi d'un brouillard cotonneux; elle tenait sa fille par les épaules et la guidait devant elle, beaucoup d'ouvriers et d'ouvrières empruntaient quotidiennement cet itinéraire dangereux pour rentrer chez eux plus vite. Marion devenu une très jolie jeune fille qui aurait du vivre son adolescence dans l'insouciance à la fin des années cinquante va vivre la dernière grande tragédie meurtrière de Paulilles. Maria était chez elle quand les carreaux tremblèrent, des débris de verre tombèrent par terre, un énorme champignon se forma aussitôt au-dessus de la dynamiterie. Dehors, des gens affolés courraient en tout sens, Maria allait de l'un à l'autre,il y a des blessés ? vous avez vu mon mari , mon fils, Maria croisa deux femmes hébétées, que le souffle avaient complètement déshabillées, enfin elle vit venir vers elle son fils , indemne mais choqué, il la conduisit auprès de son mari Etienne blessé , son visage couvert de sang, des éclats de verre incrustés dans la chair, sa blessure à la cuisse très profonde et il avait perdu plusieurs doigts à la main droite, on avait entendu l'explosion depuis Banyuls . J'habite là hurla Marion qui venait de se frayer un passage, le portail s'ouvrit soudain pour laisser passer une seconde ambulance, Marion craqua, elle s’effondra, pleurait et murmurai des mots s'en suite. A Paulilles, les habitants présents sur le site de l'explosion n'arrivaient pas à se remettre. De nombreux changements s'en suivirent; à commencer par le déménagement de toutes les familles qui habitaient encore à proximité de l'usine, elles rejoignaient dans de nouvelles casernes celles qui vivaient de l'autre côté de la route près de la voie ferrée Marion qui n'avait que seize ans eut l'impression d'abandonner son enfance, l'explosion de 58 demeura dans les mémoires. Marion perdit son père il n'avait que cinquante ans; elle travailla à la dynamiterie elle n'eut pas son pareil pour rouler en un tour de main la cartouche en papier, ou pour la bourrer prestement. Au début des années 60, l'activité de l'usine fut en effet intense, c'est ainsi que Paulilles fabriquait et expédiait des explosifs pour la construction du tunnel du Mont-Blanc qui s'étala sur sept ans. Marion épousa François elle avait vingt huit ans quand sa fille Marine naquit ; Maria devenu grand-mère eut l'impression de jouer à la poupée, Marion put reprendre son travail, la population de Paulilles ,se réduisit comme peau chagrin, une grève éclata, on réclamait de meilleurs salaires. Marine elle avait dix sept ans , quand l'usine avait fermé , trois ans plus tôt , elle était toute contente d'habiter en ville à Banyuls. Un jour de pluie, Marine s'ennuie et monte au grenier, contre le mur se trouve une grande malle qui appartenait à sa grand-mère, elle découvre des livrets militaires ,portefeuilles et portes cartes en cuir usés tous vides, deux paquets de lettres attachées ensembles , au fond de la malle un grand cahier attire son attention, il est épais c'est un herbier ! il sent le moisi, en le retournant des feuilles éparses sur le sol , elle découvre des dessins sans signatures, sans dates, elle reconnait la baie de Banyuls c'est l'arc de sa plage, celle de Port-Vendre; soudain elle reçoit un choc, le sourire éblouissant d'un jeune homme occupe toute la page, l'expression de la joie à réduit les yeux à deux minces fentes étirées jusqu'au tempes, les cheveux raides et sombres, le nez presque épaté achève de donner à l'ensemble du portrait une physionomie orientale, Marine est troublée, elle devine qu'une vérité ancienne à été enfouie; Qui est-ce? demanda la jeune fille en brandissant le portrait à sa mère; c'est un Annamite, je sais Maria appelé par ses proche "Iaia" m'a parlé des Annamites qui travaillaient à Paulilles . Marine pousse la porte de sa grand-mère appelle Iaia ou es tu? c'est maman et moi ! la grand mère sort de sa chambre, souriante et légère, elle est minuscule à côtés de sa petite fille qui doit se pencher pour l'embrasser; elle montre le dessin à sa grand-mère, d'un coup le visage de Maria se ferme, se durcit, les lèvres pincées, elle se détourne, sans prendre le dessin entre ses mains. Marion raconte que sa grand mère Marie lui avait confié le secret de Dan le père de Maria qui mourut dans un incendie, et quand son mari rentra de la guerre , il accepta l'enfant qui ressemblait trait pour trait à l'Annamite. Marine lui ressemblait aussi avec ses cheveux noirs raides , ses yeux en amandes , et son sourire éblouissant.
lundi 14 novembre 2016
L'histoire tragique et merveilleuse de l'anesthesie du Dr Georges Arnulf
L'Anesthésie m'est toujours apparue comme une des plus merveilleuses découvertes de l'humanité; ses bienfaits sont immenses puisqu'elle nous permets de vaincre la douleur opératoire à laquelle nous risquons d'être exposés à un moment où l'autre de notre existence. J'ai pu pendant 50 ans en suivre l'essor prestigieux en France et dans le monde et j'en ai vécu la phase d'évolution la plus étonnante et la plus performante . En effet dès le début de mes études médicales en 1925, j'assumai ma première anesthésie, à cette époque, l'anesthésie était encore en France considérée comme un acte mineur confié à des étudiants ou des infirmiers. Plus tard , en particulier pendant la deuxième guerre mondiale (1939 1945) j'assumai la responsabilité de l'anesthésie tout comme mes collègues de l'époque, en attendant que se spécialisent dans notre pays les anesthésistes en titre. On comprend alors comment mon intérêt a pu être éveillé et retenu par cette science et , tout naturellement j'ai voulu en connaître l'histoire remontant à ses origines qui n'étaient peu connues. Cette recherche dans le temps m'a révélé les circonstances qui ont entouré la découverte de l'anesthésie : elle s'est accompagnée de tragédie qui ont souvent divisé et opposés ses protagonistes. Ce fut un drame humain extrêmement poignant où se heurtèrent ces hommes, dépositaires d'un bien inestimable : La victoire sur la douleur. On a peine aujourd'hui à imaginer ce que pouvait représenter la chirurgie avant l'ère de l'anesthésie. La valeur et la renommée d'un chirurgien se jugeaient alors sur sa dextérité et surtout sur sa rapidité d'exécution. Ce matin de novembre 1843, quatre opérations étaient au programme, chiffre inhabituel à l'époque mais expliqué par la renommée de Warren, patricien méthodique, réservé et ordonné, il est issu d'une famille médicale célèbre à Boston. Ce vendredi matin de novembre 1843, trois ans à peine avant que fût connu l'anesthésie, Warren nous permet de vivre une des dernières étapes de la chirurgie à l'époque pré-anesthésique. Il est 10 heures, le premier patient est étendu sur une table en bois, c'est un gros homme aux traits tirés par l'anxiété, qui présente dit Warren une cuisse déboîtée fixée en mauvaise position, nous dirions aujourd'hui une luxation de la hanche négligée; il importe d'essayer de la réduire, pour cela, courroies et ceintures maintiennent le thorax, une corde sur la cuisse va permettre d'exercer des tractions nécessaires pour essayer de réduire la luxation; quand les aides commencent à forcer les tractions sur la cuisse , le malade hurle de douleur, à chaque nouvelle traction les hurlements reprennent de plus belle, on entends grincer les dents du patient, on voit son front se couvrir de sueur, mais la hanche ne se réduit pas,elle reste en position défectueuse ; pour lutter contre la crispation et la douleur, Warren fait placer un long cigare dans l'anus du patient , il s'agit d'une décoction de nicotine propre non seulement à apaiser la douleur mais à réduire la contractions des muscles.Arès la pause, les tractions recommencent sans succès, arrachant de nouveau hurlement au patient, c'est un échec, le malade est alors retirés de l'opération. Warren attaque le deuxième cas, une femme amaigrie présentant un cancer du sein très évolué, accompagnés de douleurs; pour la soulager avant l'opération, on lui a administrée 100 gouttes d'opium; elle est alors installée sur le fauteuil opératoire, avec sa dextérité habituelle Warren incise très largement la peau autour de la tumeur, la malheureuse pousse alors des hurlements de douleur, sans y prêter attention le chirurgien poursuit l'ablation de la tumeur , il éponge le sang et arrête les hémorragies par des ligatures dont les fils sortiront de la plaie; l'opération se termine par une ingestion d'eau de vie dans la bouche de l'opérée à la limite de l'agonie, pantelante elle est reconduite dans son lit. Telle est la chirurgie de l'époque.Toutefois la lutte contre la douleur n'est pas ignorée, comme on peut en trouver de nombreux exemples; un des grands chirurgien du XVI siècle Ambroise Paré , dans son traité " Introduction de la chirurgie" consacre tout un chapitre aux moyens de combattre la souffrance, il donne la première place aux opaciés sous forme de pilules avalées avant l'opération, associés à l'administration de fortes rasades d'alcool. Le froid peut dans certain cas, agir contre la douleur; Le Baron Larrey, chirurgien de Napoléon, a pu au cours de la retraite de Russie amputer sans douleur des membres gelés. L'amputation de membres gangrenés sous réfrigération a été longtemps classique car outre la douleur , le froid supprimait le choc.Il fallut attendre la fin du XIII siècle à la première décennie du XIX siècle pour que des efforts coordonnés proprement scientifiques, ce fut l'oeuvre de chercheurs occasionnels, toujours particulièrement sensible à la douleur et doués d'une féroce curiosité; parmi eux il en eut quatre que l'histoire se doit de retenir, car ils furent les vrais précurseurs de l'anesthésie en découvrant et perfectionnant les éléments de base qui allait rendre possible et cela dans le dessein précis de supprimer la douleur opératoire. La pasteur anglais Joseph Prisesthey (1733-1804) aidé du Châtelain du pays le Conte Shelburne passionné de chimie lui proposa de créer un laboratoire dans son château, il isola l'oxygène de l'air, il eût alors l'idée d'arroser la limaille de fer avec de l'acide azotique, il obtins un nouveau gaz l'oxyde d'azote pur, puis de la protoxyde d'azote qui allait être connu sous le nom de gaz hilarant car pour quiconque le respirait il provoquait le rire. L'oeuvre inachevée de Prisesthey allait être poursuivie par un apprenti pharmacien Hamphry Davy "1778-1829" Davy utilisa un ballonnet de soie qui sert de récipient pour les gaz il est muni d'une tubulune qui permet de les inhaler plus facilement; , dans le même laboratoire Michael Farandy "1791 1867" découvre une autre voie avec un produit différent les vapeur d'éther et Henry Hill Hickem "1801- 1830" il va faire une étude expérimentale rigoureuse de ces gaz sur l'animal. Le 10 décembre 1844 Horace Wells brillant dentiste se verra ce jour là l'un des pionnier de l'anesthésie car il expérimentera sur lui le gaz hilarant et va découvrir qu'il peut arracher une dent sans faire souffrir le patient , mais ce sera mal maîtrisé Janvier 1845 William Green Morton après l'échec de son collègue et associé à Horace Wells après maintes expériences de l'éther sur les insectes et les animaux, il commença à l'expérimenter sur lui même et il resta inconscient pendant quelque minutes , puis il le pratiqua sur ses patients pour extraire les dents il avait seulement 27 ans, puis il fut sollicité par le Dr Warren imminent chirurgien pour opérer un de ces patient. Le Dr Morton procéda avec un sang froid à l'administration de l'éther sulfurique pour supprimer par anesthésie la douleur opératoire; remplissant l'inhalateur d'éther et le tenant devant les narines du patient, il le maintient quelques minutes pour lui permettrent d'en respirer les vapeurs. Beaucoup d'opération survinrent avec le même succès , on nomma alors cet acte Anesthésie ( en grec insensibilité) . En dépit de différents efforts fait datant des années suivantes pour obtenir de la part du gouvernement des Etats Unis la reconnaiçance des services rendu par le docteur Morton au pays et au monde entier ne fut jamais fait. D'autres gouvernements s'étaient hâter de lui décerner ordres et décorations. La Russie lui donna la croix de Saint Waldimir, la Norvège et la Suède l'ordre de Vasa ; L'Académie Française des Arts et des Sciences lui envoya une médaille d'or le prix Mortyon et il reçu une cassette d'argent contenant milles dollars par les membres du Conseil d'Administration du Massachusetts, ses nombreuses décorations se trouvent maintenant à "Historial Room's" de Boston pour la découverte de L'Anesthésie le 3 septembre 1846.
jeudi 20 octobre 2016
Un peu de soleil dans l'au froide de Francoise Sagan
Gilles, journaliste parisien,à trente cinq ans, il était encore beau. Cet "encore"tenait au fait qu'il avait été d'une beauté rare à vingt ans, beauté dont il n'avait jamais eu conscience d'ailleurs mais dont il s'était joyeusement servi et qui avait indistinctement fait envie longtemps aux femmes comme aux hommes ces derniers en vain. Quinze ans plus tard, il était plus maigre, plus mâle, mais avec quelques chose encore dans sa démarche, ses gestes de l'adolescents triomphant qu'il avait été. Jean qui l'avait follement aimé, en ce temps là, sans le lui dire et sans d'ailleurs se le dire à lui même,eut un petit choc au coeur en le voyant entrer dans son bureau. Cette maigreur, ces yeux bleus, ces cheveux noirs un peu longs, cette nervosité, il devenait de plus en plus nerveux, Jean écrasa sa cigarette à demi consumée dans le cendrier, s'assit et croisa les mains, il fixa Gilles une seconde toussa et dit sobrement. "Alors ? " "Alors quoi dit Gilles" "Alors ça ne vas pas n'est ce pas? Non, Depuis un mois ou deux hein ? Trois cela fait trois mois que je vis mal . Raisons précises ? demanda Jean . Aucune. Rien je n'ai rien, je n'ai plus envie de rien, c'est tout. Voilà reprit il avec effort. Je n'ai plus envie de travailler, je n'ai plu envie de faire l'amour, je n'ai plus envie de bouger; ma seule envie, c'est de passer mes journées seul dans mon lit, les draps sur ma tête, J'ai envie de me tuer le soir à neuf heures, le lit me semble sale, ma propre odeur m'exaspère, tu trouve ça normal toi ? Et Eloise ? elle ne me supporte plus, de plus je suis impuissant . Viens on vas se balader . Ils sortirent Paris était ravissant bleu à pleurer en ce début de printemps. Il était blessé, mais du moins cette blessure avait-elle un visage. Et si on partait ? dit Jean On se trouverait bien un reportage à faire quelques part, quinze jours ? Je n'ai pas envie dit Gilles. Je vais te dire ce que tu as, dit la voix de Jean près de lui, une voix apaisante, insupportable. Tu es fatigué, tu ...Tu ne vas pas me dire ce que j'ai, hurla Gilles brusquement au milieu de la rue, les gens les regardaient et il rougit soudain puis se détourna et partit très vite vers les quais sans dire au revoir . Eloise l'attendait ; elle était mannequin dans une maison de couture , elle s'était installer chez lui deux ans auparavant , un soir que le souvenir de Maria le faisait trop souffrir et qui ne supportait plus la solitude. Bonne journée ? Très! Et toi ? Moi aussi . Nicolas a téléphoné, il demande si on veut le rejoindre au Club ce soir, on verra, dit-il je viens de rentrer; Le téléphone sonna et il ne bougea pas. Il y avait eu un temps où il bondissait vers le téléphone c'était l'amour ou la fortune ou l'aventure qui l'appelait, mais maintenant c'était Eloise qui décrochait. Elle cria de la chambre c'est pour toi, c'est Jean. C'est toi Gilles? ça vas? Oui dit-il La voix de Jean était chaleureuse , inquiète, une vrai voix d'ami. Gilles s'émut. Je suis désolé pour ce matin, on en parlera demain dit Jean.Le médecin était intelligent et cela n'arrangeait rien. Il avait ausculté les poumons de Gilles,écouté son coeur, posé des questions banales avec l'air excédé de l'homme qui ne s'illusionne pas sur ses propres manigances . A présent Gilles était assit en face de lui, dans un grand fauteuil Louis XIII et il le regardait fixement , avec le vague espoir que cette assurance, cette résolution ne cachait pas une totale impuissance à le guérir. Vous souffrez de cette atonie généralisée qu'on appelle dépression. C'est mental, c'est sexuel etc... Je peux vous envoyer à un psychiatre , si vous voulez, quelques fois ça marche, quelques fois pas. Il alla voir Gilda , elle devait être chez elle , elle était toujours là prête pour les plaisirs des autres, elle était entretenue depuis des années,à quarante huit ans , elle était superbe,elle accueillit Gilles avec milles tendresses et milles reproches, elle revenait des Bahamas, elle avait un nouvel amant de dix neuf ans avec qui elle jouait mais la soeur lui plaisait bien aussi, au bout de dix minutes, elle s'arrêta, le considéra gravement toi tu nous couve quelque chose ! Je viens de voir un médecin. Toi qu'est ce que tu as ? J'ai le cafard ! Ah une dépression, tu te rappelle dans quel état j'étais en soixante deux, Gilles écouta donc le récit de la dépression de Gilda qui s'était terminer miraculeusement un beau matin à Capri semblait-il , tu pense que toi c'est pas pareil et bien tu te trompe, tu te réveilleras un beau matin gai comme un pinson, comme avant ou tu te tirera une balle dans la tête ; elle lui parlait tendrement la main sur son genou, son beau corps incliné vers lui et il s'étonnait de ne pas la désirée il n'avait qu'une idée ,c'était de ne pas bouger, de ne pas se rejeter dans Paris, à la recherche d'un taxi à sept heures du soir, au milieu d'une foule pressée .Lorsqu'il rentra chez lui il trouva Jean et son ami Marthe je suis ici parce que Eloise s'inquiétait elle te savait chez le docteur et n'avait pas de nouvelles depuis quatre heures, tu es nerveux et fatigué , déprimé comme les neuf dixièmes de la population parisienne. Tu devrais changer d'air Ah, ah le journal va m'offrir une croisière aux Bahamas? Tu vas en parler au boss? Il riait, riait à perdre haleine il riait trop, il ne pouvait pas articuler un son..;il gémissait de rire Arrête , disait Jean, arrête Il ne savait même pas pourquoi il avait ri. Pas plus qu'il ne savait, à présent pourquoi des larmes chaudes ,douces ,intarissables inondaient son visage.Gilles se repose chez sa soeur et son beau frère dans le Limousin à la campagne , il avait décidé de partir , le lendemain de cette pénible journée .Gilles pêchait ou plus exactement il regardait avec nonchalance Florent . Il va rencontrer Nathalie une ami que lui présente sa soeur et il tombe amoureux de cette femme marié ils sont envahies par la passion et décident de vivre ensemble et de revenir sur Paris . Nathalie va laisser tout derrière elle son passé , son enfance, ses amis sa famille Mais les vieux démons de Gilles resurgissent et il traîne à nouveau dans les bars, les clubs après son travail et Nathalie va être retrouvé dans une chambre d'hôtel et sa tentative de suicide lui sera fatale.
Inconnue, elle était ma forme préférée,
Celle qui m'enlevait le souci d'être un homme,
Et je la vois et je la perds et je subis
Ma douleur, comme un peu de soleil dans l'eau froide.
Paul Eluard
dimanche 11 septembre 2016
Comme un enfant perdu de Renaud
lundi 18 juillet 2016
Mitsou de Colette
Mitsou est une jeune femme de vingt quatre ans qui joue à l'Empyrée-Montmartre, elle à l’œil très grand, noir comme le cheveu, point de nez si peu, la joue ronde, la bouche étroite, boudeuse et fraîche , elle est mince, avec la jambe longue et noble, le sein bas et petit. Petite chose sa voisine de music-hall est un bout de femme , ni laide, ni jolie, elle a un incessant et astucieux tortillement qui défend toute estimation sérieuse, un soir elle demande à Mitsou de cacher dans sa loge deux jeunes sous-lieutenants, car on vas les flanquer dehors et lui coller une amende si on les trouve dans sa loge, car elle n'est pas la vedette , et Mitsou royale lui réponds rien qu'une minute, les voici dans son placard , l'un en uniforme kaki et l'autre en bleu; Mitsou s'en son habilleuse peine à s’agrafer une ceinture, le Bleu sortant du placard "Puis je vous aider Madame? "Ce n'est pas de refus" "Et ... vous êtes contents de vos rôles dans cette Revue Madame ( il parle froidement, mais regarde Mitsou avec feu) La difficulté pour jouer ici, c'est l'âge la direction n'engage pas une seule femme qui ait plus de vingt cinq ans, moi je peux recevoir dans ma loge , c'est sur mon contrat. Les deux hommes doivent partir car ils sont surpris par un ami de Mitsou qui s'indigne de voir qu'elles les cachent dans son placard. Plus tard Mitsou reçoit de la verrerie et un mot du lieutenant bleu et elle vas demander l'adresse à petite chose pour lui répondre et le remercier. " Monsieur , je ne sais comment vous remercier des jolies choses que vous m'avez envoyez. Si vous me faîtes le plaisir de revenir me voir , vous verrez que vos cristalleries y occupent une place d'honneur. Recevez, Monsieur, l'assurance de mon meilleur souvenir " Mitsou" Madame, " Vous avez fait de moi un marché de dupe. Dépêcher , vers vous ,le plus modeste, le plus banal bibelots, et recevoir en échange un billet où l'humour, la spontanéité, la grâce parisienne fleurissent ensemble.D'avance je m'en excuse Madame, avec toute la modestie d'un homme qui bien que vous le connaissiez par ses noms et prénoms, s'obstine à rester l'anonyme et respectueux " Lieutenant Bleu "L'Homme étant repartit pour le front (l'Histoire se passe pendant la guerre 1914'18 ) la tendresse naîve qu'elle montre dans ses lettres enflamme le guerrier si bien qu'à sa permission il se précipite chez Mitsou. Il l'amène dîner, mais le comportement de Mitsou qui n'a aucune éducation et aucune discussion va le désespérer , il ne la désire même pas, il n'a qu'une envie s'en aller, il rêve, il se retranche dans un isolement morne, s'il osait, il jetterait là sa serviette, un billet de banque, allumerait une cigarette et ...adieu. Il entends soudain, avec un soulagement indicible, Mitsou lui demander l'heure, et il triche de cinq minutes Oh déjà il faut que j'aille à l'Empyrée et ma tête qui tourne. Puis à la fin du spectacle , le lieutenant la ramène chez elle en taxi et s'aperçoit qu'il tombe de sommeil, il préfère l'attendre sur le fauteuil pour éviter de s'endormir et dès qu'elle sort de la salle de bains il vas aussi se laver et ainsi ragaillardit il entre dans les draps et fait l'amour sans passion avec Mitsou . Le lendemain Mitsou reçoit une lettre du lieutenant bleu " je ne sais pas quand je reviendrai, encore un aveu et guère plus prudent ,si lasse de moi, avant de m'avoir revu, vous faisiez fête , dans quelques semaines , à un autre lieutenant de bleu vêtu. Mitsou au lieutenant Bleu, " Dans votre milieu on ne dit pas à une femme " Vous êtes le dernière des dernières on lui dit Madame, mes respectueux hommages et pourtant j'avais bien peur de ne jamais vous voir revenir même en lettre..Ne crois pas que je mendie Si tu réponds adieu Mitsou je ne mourais pas j'ai un petit cœur dur pour qu'on le nourrisse avec un chagrin. Mitsou est une jeune femme de luxe qui n'aime pas plus l'amour que la complication.
jeudi 16 juin 2016
Terre courage de Djalla-Maria Longa
Nous sommes à Massat, au coeur de l'Ariège, de nombreux jeunes hippies ont choisi de s'installer dans ces hameaux du bout du monde, le relief, la rigueur du climat rende le quotidien particulièrement difficile . Ainsi, l'effarement fut total, quand ces gens si rudes , virent débarquer, au début des années soixante dix de jeunes contestataires, en rupture avec les villes rejetant toutes règles, et contraintes. Enfants d'une révolution lointaine Paris en mai 68, voire plus lointain pour certains mouvement hippies californien , ils refusaient les artifices citadins, mais ignoraient tout des lois les plus élémentaires de la nature; inconnu du pays, inconnus au pays au sein d'une nature puissante que tant d'autres avaient fuie , c'était beaucoup , beaucoup d'effort à fournir; incapable de se nourrir, ils volèrent les poules et les lapins des paysans, scandalisés les villageois commencèrent à les regarder de travers et à les mépriser tous , sans distinction ; puis les choses se sont calmé, mais certain villageois était encore sur leur garde , comme ce couple vivant à l'entrée du village, ils étaient aigris et méfiants , ils regardaient les cheveux longs avec mépris, un jour Janine dit à son mari " tu te rends compte; il vas louer les cabanes à des voleurs sans foi ni loi; " "Des peluts chez nous?" Bah cesse donc de t'énerver et attends de les connaître , pardi ! répondit prudemment le mari, ce sont des bons à rien à coup sûr !Des faiénants dont nos montagnes avorteront au premier grand froid ! Les cabanes étaient situés au dessus du village et l'on y accédait par un étroit chemin de terre. Au marché, sur la place on riait car contrairement aux prédictions de Janine, l'hiver n'avait pas fait fuir les nouveaux venus. Puis d'autres vinrent s'installer , Pierre un gersois qui acheta la ferme des Rieux, le vieux paysan qui lui à vendu est surpris , car le terrain est pentu et dangereux, il ne pourra rien travailler, si ce n'est à l'ancienne, mais tout heureux de voir revivre la maison de son enfance, le paysan ne cessa d'apporter son aide ,et partager ses secrets de bâtisseur ,il avait transmis au novice bon nombre de savoir faire indispensables à la vie à une ferme de montagne, comme battre la faux , observer le ciel, choisir le jour de fauche etc....Louis était heureux, il estimait Pierre "Ah se disait -il si tous les jeunes gens se ressemblaient nos terres ne seraient pas en friches. Une année , l'hiver fut plus rigoureux, un bon mètre recouvrait le sol,on en avait jusqu'au nombril, plus de chants d'oiseaux, seul quelques craquements sinistres de branches brisaient parfois le silence; Mila Dious! qu'allaient devenir nos vaches, coincées là haut par au moins deux mètres de neige? Les toits des granges tiendraient t-ils?Ils se saisirent de pelles, tracèrent un passage dans la neige qui montait jusqu'à la poitrine,la sueur dégoulinait de leur front mais ils allaient obstinés , sans la moindre plainte, soucieux de leur bétails, les dix derniers mètres furent les plus difficiles , les bâtisses méconnaissables étaient ensevelis sous la neige,ils furent rassurés par les sourds meuglements des bêtes qui rouspétaient. La vie reprenait peu à peu dans la vallée avec tout ces jeunes qui s'installent,ils sont une dizaine de familles,les jours de marché c'est folkorique , assis en rang d'oignons, sur un long banc de pierre attenant à la façade de l'église , les anciens fixaient tantôt médusés,tantôt gouialleur, les groupes de néo, cheveux virevoltants, habits multicolores, certains avaient une guitare, d'autres tenaient un étals d'artisanat ou de produits de leur jardin. Les années avaient passées et Josette âgée de quatre vingt dix huit ans, observait toujours ,une larme à l'oeil , la vallée de son enfance, elle pouvait être tranquille sa vallée était repeuplée. Mais il ne restait plus grand chose de l'ambiance des année soixante dix ; les témoins de cette époque n'était plus qu'une douzaine. Toute une nouvelle génération, pour qui l'idéal hippie n'avait que peu de sens.Des gens en quête de tranquillité et de nature les avaient remplacé pour acquérir quatre murs dans ces vallées du bout du monde. La guéguerre entre anciens et nouveaux est bien finie; ceux là même qui se battaient dans la cour de récréation,en se traitant de hippies crasseux ou de fachos . Je crois que nous avons appris à nous connaître, pardi! au tout début on était sur nos gardes, c'est normal les gens c'est comme les champignons, il y a de tout, des bons et des mauvais, nous étions méfiants, non prudents ! rectifie Janine, le dos voûté , appuyé sur son bâton.
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