Le grand mérite de Terres d'Avenir est non seulement de mieux nous informer sur les ravages de l'agriculture, comme de l'élevage industriel, et sur les avantages de l'agriculture biologique. Il est de nous montrer que ce problème nous en ouvre d'autres en chaîne , celui des filières internationalisées de l'alimentation qui font circuler des produits d'un continent à l'autre au prix de transports routiers et aériens consommant une très grande quantité d'énergie et produisent une grande quantité de CO2 . Celui d'une économie planétarisée, commandée par le seul profit, où les enrichissements produisent de nouveaux appauvrissements et de nouvelles prolétarisations. Où les progressions techniques et économique provoquent de nouvelles régressions morales et psychiques. Où nous perdons en qualité ce que nous gagnons en quantité. Où une partielle rationalité économique provoque une irrationalité économique globale. Ainsi l'agneau de Nouvelle-Zélande acheminé par avion est vendu sept euros le kilo dans les grandes surfaces, soit la moitié du prix de l'agneau élevé en France, mais transporté par avion sur plus de 18000 kilomètres, il émet des quantités de CO2 qui totalisent plus de cinquante fois son poids. Cette irrationalité conduit l'asphyxie de l'humanité, il nous faudrait trois planètes Terre pour continuer notre mode de vie et plus encore pour que la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique puissent atteindre nos niveaux de vie . La planète Terre est en danger et il faut concevoir que le vaisseau spatial Terre propulsé par quatre moteurs déchainés hors de tout contrôle : Science, technique, économie, profit, court à la catastrophe. Les systèmes énergétiques de l'avenir devraient s'adapter plus largement à ce que peuvent tolérer les êtres humains et la nature en ayant recours à des technologies non polluantes en rétablissant des cycles écologiques d'épuration et de restitutions des déchets en matières fertilisantes que seule peut valoriser une agriculture plus "organique" que minérale, plus " fermentaire" qu'industrielle, plus biologique que chimique ....L'un des gigantesques enjeu du XXI siècles est de nourrir sainement et économiquement une population en constante expansion alors que les ressources de terre et en eau diminuent et également les connaissances et les savoir faire, naturellement adaptés aux conditions et aux contraintes locales . N'oublions pas que la pauvreté et dégradation de l'environnement vont de pair avec leurs conséquences tragiques de migrations, de guerres, de famines et d'épidémies . Aujourd'hui , force est de constater que le système alimentaire moderne est dans une impasse majeure. Il détruit ses sols, saccage ses ressources, ruine la majorité de ses paysans pour une nourriture de plus en plus appauvrie ; en anéantissant les économies rurales , le modèle alimentaire dominant condamne toutes perspectives de rétablissement d'emploi et d'intégration sociale dans des zones devenues durablement désertiques. Pourtant l'agriculture est d'une grande signification pour l'économie et l'emploi. Dix sept millions de personnes travaillent en Europe , sans compter les activités qui s'y rattachent. La famine n'est pas une fatalité, elle résulte de l'impossibilité des hommes à répartir équitablement leurs ressources. Ce n'est donc pas un problème technique mais un problème politique. De tous les temps les petites communautés humaines ont su s'adapter et adapter leurs conditions de subsistances; elles ont su vivre en symbiose avec leur milieu et avec les autres espèces. Aujourd'hui les tentatives répétées d'interdictions des plantes médicinales , du purin d'orties ou des semences de variétés anciennes devenues illégales par arrêtés ministériels ne sont pas des pamphlets , mais des réalités de notre société dite "libérale !" Dans le rapport faussé de la comparaison entre agriculture intensive, considérée comme performante alors qu'elle ne tient qu'à coup de subventions, et agriculture biologique considérée comme archaïque parce qu'elle gère " économiquement" le patrimoine commun des ressources de l'écosystème , il y a les coûts cachés et les dégradations de l'environnement. Si nous devions faire une comparaison honnête entre ces deux agricultures, on serait stupéfait des avantages de l'agriculture biologique sur le plan économique . dans un livre publié par le COMITE 21, on apprend que : 1kg de pommes de terre en agriculture intensive est vendu en moyenne 0,65euros alors que le même en agriculture biologique est vendu 1,30 euros, si nous devions calculer les coûts réels, le kilo en agriculture intensive serait à 4,00 euros , alors que le même en agriculture biologique serait toujours à 1,30 euros. Le surcoût de l'agriculture industrielle n'est pas demandé au consommateur, à l'étal du marchand, car la supercherie serait vite découverte, par contre l' Etat récupère la différence dans la poche du contribuable pour la redonner sous formes de subventions à l'agrimanager afin qu'il continue à assurer la prospérité de la pétrochimie et de l'industrie lourde. Décideur, citoyen du monde, l'heure est venue de sortir de ces préjugés obsolètes entretenus par le mensonge et l'ignorance, de ces illusions largement répandues, qui empêchent l'avènement d'un modèle agro-alimentaire d'intérêt général. Les prochaines années seront décisives pour l'humanité, les générations futures comptent sur votre résistance et votre courage pour qu'enfin les terroirs soient réensemencés par cette nécessaire agriculture paysanne, une agriculture qui permet de produire proprement, durablement et équitablement des biens de consommations indispensables à notre existence et à la pérennité des écosystèmes. Il y a en France 11 500 agriculteurs et éleveurs qui produisent sans engrais ni pesticides de synthèse avec des rendements tout à fait honorables et parfois équivalents à ceux des cultures industrielles tellement coûteuses et tellement dégradantes, comment se fait-il que ces agriculteurs ne bénéficient pas d'une répartition équitable des aides mais au contraire subissent des discriminations au point que la production agrobiologique stagne, alors que la demande des consommateurs s'envole au point qu'il faut importer entre 50 et 70% des produits biologiques consommés en France ? La France est le seul pays qui se distingue dans la politique agricole commune, pour avoir établi un système ubuesque et injuste de répartition des aides à l'agriculture. Où l'on observe que ceux qui polluent le plus, qui compromettent l'avenir des sols et des ressources en eau, qui produisent des denrées de moins bonne qualité, détruisent la biodiversité, et qui d'une manière générale, hypothèquent lourdement l'avenir sont ceux qui reçoivent le plus de subventions publiques ..Les précédents critères d'attributions des aides se fondaient sur le volume des récoltes et des surfaces cultivées.. Plus on a de terres , plus on touche...Un agriculteur très intensif cultivant du maïs irrigué avec beaucoup d'engrais et de pesticides , il bénéficie des aides les plus élevées, entre 300 et 500 euros par hectares et par an. Nous avons besoin d'une réforme en profondeur pour instituer un modèle alimentaire durable. La société industrielle consacre des sommes énormes en publicité, en conséquence, beaucoup de biens ainsi consommés sont inutiles, superflus et bien souvent nocifs. Le prix que nous payons pour cette habitude culturelle excessive est la dégradation continuelle de notre véritable qualité de vie : l'air que nous respirons, la nourriture que nous consommons, l'environnement dans lequel nous vivons et les relations sociales qui constituent la structure même de la vie. En ce qui concerne l'espace, l'urbanisation nécessaire va recouvrir de vastes zones agricoles, généralement les plus fertiles en plaine, de bitume et de béton. Dans le même temps, et sur l'ensemble du continent, les " Experts" européens annoncent , avec l'augmentation du trafic des marchandises dans le marché libre européen élargi, le doublement de la circulation sur les réseaux routiers et autoroutiers en France. Certains jours "noirs" ( les mardis) verront une saturation totale avec des files de camions ininterrompues de Francfort à Barcelone via Paris Marseille ou d'Amsterdam à Milan via Lyon Grenoble. La consommation du pétrole va augmenter en conséquence (25 à 30 %) avec son concert de nuisances . Selon ces tendances, l'utilisation des engrais chimiques (approximativement 15 millions de tonnes par an) doit augmenter de 80%. La consommation de l'eau douce qui, pour la France atteint déjà à l'heure actuelle 80% des ressources disponibles, va devenir le problème majeur de ces prochaines années. Les mesures sont déjà en place avec une définition des priorités d'usage. Le premier secteur à pâtir des restrictions sera l'agriculture, on interdira l'irrigation, c'est prévu. Mais alors quid de l'efficacité des engrais et du système de production intensif que l'on continue à promouvoir ? Les engrais sont des nutriments solubles qui ne peuvent agir que par l'eau et avec l'eau ....Il n'est pas normal que nos denrées alimentaires, nos biens essentiels soient produits à l'autre bout de la planète, quand nous pouvons les produire chez nous, dans des conditions économiques et écologiques bien plus satisfaisantes, alors que nous mettons nos terres en friches et les hommes au chômage. A ce rythme, des délocalisations, selon la formule de F. Plassard , nous aurons bientôt " des montagnes de marchandises sans marché que côtoierons des foules sans revenu !" Une région doit pouvoir produire l'essentiel des besoins de sa population avec ceux qui composent cette population. Elle trouve ainsi un équilibre et une sécurité, bien mieux que dans des objectifs obsessionnels de monocultures et d'import-export ; Ces orientations conduisent trop souvent à uniformiser les systèmes en détruisant tout le tissu de microactivités nécessaires à la vie d'un pays , pour ne privilégier que quelques grandes productions spécialisées, lesquelles se trouvent rapidement fragilisées et déstabilisées par la concurrence mondiale, comme ce fut le cas de la métallurgie ou de l'industrie textile, de l'élevage et de la production maraîchère aujourd'hui...Le cas de la viticulture est emblématique de ce marasme généralisé... En langage paysan , on appelle cette standardisation : Mettre ses œufs dans le même panier" Ce panier , les paysans d'aujourd'hui, hyperspécialisés et aussi dépendants que les citadins, vont aussi, le remplir au même supermarché de la ville, avec peut- être les asperges du Pérou, les haricots verts du Sahel, le beurre de palme thaïlandais, les fraises du Chili, les pommes et le miel de Chine, le bœuf argentin, le lait en poudre néo-zélandais....Quant à la traçabilité et à la qualité, elles sont pour le moins compliquées, voire impossibles. SEUL , le monde rural, aujourd'hui, offre une perspective de redéploiement et de renaissance économique durable manifestement incontournable si l'on parle de qualité des produits, de qualité des services, de qualité de vie, de protection de l'environnement, de préservation des ressources d'économie d'énergie, de sécurité , d'emplois , d'innovation....L'avenir est l'intelligence verte, cette très belle notion qui rappelle que toute vie sur terre repose sur la plante verte c'est à dire sur la photosynthèse , la plus belle invention du monde pour utiliser l'énergie noble du soleil...Or , la fonction essentielle qui gère ce miracle permanent c'est l'agriculture. Nous devons réapprendre le " métier de paysan" et retrouver une véritable agronomie, pour mieux utiliser les fonctions naturelles et gratuites des écosystèmes , plutôt que les artifices polluant et coûteux de la pétrochimie, laquelle est condamnée à terme. L'Europe , pourtant rongée de l'intérieur par la mondialisation ne pourra survivre encore bien longtemps à cette désorganisation organisée des territoires . Plusieurs dizaines de millions de paysans et de travailleurs au sein de l'Europe ont jeté l'éponge depuis les années 70 asphyxiés par un commerce international privilégiant la libre circulation des biens et marchandises et la libre concurrence. En France, le recensement agricole de 2000 a permis de dénombrer 640000 exploitations agricole en métropole. Elles étaient plus d'un million en 1988 et un million et demi en 1970. Ainsi en France , 60% des exploitations agricoles ont disparu en moins de trente années.... Entre 2 et 3% des structures agricoles disparaissent annuellement et cela de manière chronique dans chaque région de l'hexagone depuis plus de trente ans. Répondre à la souveraineté alimentaire des peuples d'Europe était pourtant l'ambition et l'objectif affiché lors de la création de la Politique agricole commune en 1962. Aujourd'hui le constat est amer. La fragilité alimentaire des pays membres est extrême. Nombre de production agricole ont été abandonnées sous prétexte qu'elles devaient entrer en concurrence avec d'autres " productions de masse".
La majorité des régions françaises ne participe plus à la souveraineté alimentaire de la France. Seules les productions largement soutenues financièrement par le PAC trouvent leur légitimité dans les assolements des exploitants agricoles. Ainsi la culture de maïs fourrage a vu sa surface de culture progressée de 400% durant les trente dernières années et cela au détriment des prairies artificielles destinées principalement à la culture des légumineuses comme le trèfle violet et la luzerne . Les culture de pommes de terre, de petits fruits et de légumes ainsi que la production de volailles , d'œufs et de lait sont des pratiques paysannes qui font parti du passé pour les territoires comme la Corse, LÎle de France, la Bourgogne, le Languedoc Roussillon pour ne citer qu'elles. Aujourd'hui, en France , 9 millions d'hectares sur les 30 millions de la surface agricole utilisé servent à la cultures des céréales ( maïs, blé tendre, blé dur, orge et escourgeon, triticale ). 2millions d'hectares permettent la culture des protéagineux et oléagineux ( colza, tournesol) 1,5 million d'hectares est mis en gel productif et non productif . Les surfaces fourragères couvrent environ 15 millions d'hectares ( choux et racines fourragères, prairies temporaires et surface toujours en herbe...)Les fleurs et les plantes ornementales, les cultures industrielles ( betterave sucrière, tabac) les fruits et légumes, les pommes de terres, le vin se partagent un peu plus d'un million d'hectares soit 3,3% seulement de la surface agricole nationale. L'alimentation pour les animaux mobilise plus de 60% du territoire agricole. La répartition du cheptel français se caractérise par la présence de 20 millions de bovins, 15 millions de porcs, 6,5 millions d'ovins, 291 millions de petits animaux, 1 millions de chèvres et équidés . A la lecture de ces chiffres faramineux, chacun d'entre nous pourrait supposer que notre territoire national a trouvé une certaine indépendance sur le plan de l'approvisionnement de viande et qu'une autonomie alimentaire en protéines animales et végétales s'est organisée dans chaque région française. Il n'en ai absolument rien. La France ne répond pas à la demande de protéines végétales de sa population pas plus qu'elle ne répond en protéines animales via son cheptel de bovins et ses autres animaux. Des importations de produits discount se substituent à ces productions locales devenues trop chères pour être commercialisées en région .Les bassins de production ont perdu , au fil des années, les productions de proximité qui étaient à l'origine de leur implantation infrastructurelle . Pour s'approvisionner, l'industrie agroalimentaire organise tout simplement un transfert d'activité rendant obsolète et indécent le maintien en périphérie des petites structures de transformations. En avril 2004par exemple, 5,5 % de Conserves de Provence ont été racheté par le groupe chinois CHALKIS, deuxième transformateur mondial de tomates. Ainsi , le "Cabanon" utilise comme matière première du concentré de tomate chinois bon marché pour faire tourner ses usines et accroître sa rentabilité. Pour ce qui concerne les légumes surgelé, l'Union européenne fournit à la France environ 90% des volumes importés via la Belgique, l'Espagne et les Pays-Bas , une stratégie d'approvisionnement largement encouragé par la société BONDUELLE et quelques grandes société belges. Un tiers de la production européenne de surgelés est "aux mains" des Belges, des sociétés qui investissent aujourd'hui en Hongrie pout assurer les transformations de demain. Des millions d'emplois de proximité, en lien direct ou indirect avec l'agriculture et avec la pêche, ont disparu du paysage rural. Conserverie, laiteries, fromagerie, biscuiterie, moulins, boulangeries, mais aussi une myriade de métiers et de savoir-faire se sont asphyxiés par la civilisation du pétrole, la civilisation de la mobilité. L'enjeu aujourd'hui, ce n'est plus de faire des constats ni de tirer la sonnette d'alarme, encore et toujours. Cela a été fait bien assez souvent et si peu de choses ont changé! On pourrait dire que l'humanité est montée dans un vaisseau dont elle a perdu le contrôle, et quelle continue d'accélérer en klaxonnant joyeusement. L'enjeu aujourd'hui, c'est de trouver des moyens d'accélérer le changement. Il faut s'adapter aussi vite que possible combien de temps avant la catastrophe 10, 20 50 ans ? Le changement est un processus lent et souvent laborieux . Surtout lorsqu'il s'agit de changer des comportements de vie, des habitudes de faire, mais aussi des façons d'être de penser aussi répandues que celles que prônent notre société capitaliste et ses implacables machines à réduire le citoyen en consommateur. Celle-ci se caractérise en effet par effet de masse , l'illusion de "tout technologie" le matraquage publicitaire et les effets de modes éphémères . Selon nous, la mutation en profondeur, qui s'impose, si elle ne veut pas être une simple mode éphémère, doit s'appuyer sur une approche qui touche l'individu, tout en se raccordant à une vision
globale cohérente. Le principe qui permet aux cellules souches de se développer et de diffuser le message repose sur une condition. Il s'agit de l'optimisation des relations entre les territoires et les communautés dans la sphère de la connaissance, comme préalable à un développement humain en équilibre avec son environnement. Nous distinguons ainsi deux champs : Un " territoire intelligent" est un espace disposant d'infrastructures et de caractéristiques matérielles conçu, délimité et entretenu pour permettre la circulation rapide d'informations, leur analyse, leur interprétation et leur préservation. Une " communauté apprenante" est un groupe de personnes qui s'activent sur un territoire dont l'intelligence infrastructurelle leur permet d'amorcer et d'entretenir une démarche permanente d'apprentissage partagé . La conjonction de territoires intelligents et de communautés apprenantes, et leur mise en réseau, nous semble aujourd'hui la voie la plus efficace pour accélérer l'adoption de modes de vie durable au plan mondial, afin que l'exemple en local puisse influer sur le global par l'exemplarité et le partage des connaissances. Ce n'est pas une utopie... Brest est le cas le plus avancé et le plus concret que nous ayons identifié en France pour illustrer le concept de territoire intelligents et communautés apprenantes. Brest est une ville en reconversion, qui a décidé de reprendre son destin en main. Auparavant totalement dépendante de l'externe ( emplois, choc des marées noires), la ville s'est retrouvée en situation de crise dans les années 80 avec le départ de la Marine nationale et des activités de construction navale qui occupaient plus de 50% de la population active. Forcée de s'adapter rapidement seule, elle s'est alors diversifiée en intégrant un pôle de recherche autour de la mer, des " TIC" ( technologie de l'information et de la communication) et le développement des services autour des fonctions métropolitaines. Elle s'est aussi rapprochée de son arrière-pays (par l'habitat et le travail, les populations rurales et urbaines sont mêlées. La ville a choisi de procéder par une implication forte des citoyens pour développer des solutions locales, endogènes, pour ne plus être dépendant de l'externe. Ce choix a été facilité par le fait que la population est traditionnellement engagée dans des modes coopératifs et associatifs ( les Bretons ont été précurseurs de la mutualité agricole.) Mobilisée suite aux marées noires, la population avait développé une aptitude à se mobiliser sur des causes collectives. Les Bretons, enfin, ont un attachement fort à l'éducation.
Le citoyen doit réapprendre à faire travailler son prochain. Profiter et jouir d'un espace naturel de proximité garant du bon état écologique des ressources est un droit que le citoyen corréler avec le respect d'une certaine éthique comportementale: S'alimenter dans les supermarchés discount, attendre les soldes d'hiver ou d'été pour piocher dans des arrivages spécial "Asie" est un comportement irresponsable pouvant être à l'origine de problèmes sanitaires graves ( (carences alimentaires, fragilisation du système immunitaire, réactions allergisantes, perte de fertilité...) de phénomènes environnementaux irréversibles ( réchauffement climatique, acidification et érosion des sols, appauvrissement des ressources hydriques) et de pratiques antisociales ( travail des enfants, non-respect des conditions de vie des travailleurs ...) Seule une agriculture biologique ayant fait ses preuves en matière de protection de l'environnement et proposant un cadre de production réglementé au niveau européen ( cahiers de charges, fédération...) peut répondre à ces besoins et s'adapter aux enjeux du futur. L'élaboration de réservoirs du vivant, " jardins de sauvegarde" de la biodiversité territoriale est à généraliser dans tous les périmètres de souverainetés alimentaire. De cette rusticité, de ce particularisme identitaire des espèces dépendent les forces de vie du futur. La rupture de ces liens générationnels porteurs de la mémoire des terroirs à l'écoute du climat depuis la nuit des temps serait dommageable pour la continuité du genre humain. Le potentiel de ressources hydrogéologiques , géologiques, faunistiques et floristique doit être maintenu en bon état écologique afin de donner aux générations futures le même droit à la vie.



