Le visage de sa mère devait être beau, puisqu'elle était belle, sa mère devait être grande, les pommettes hautes, le front large, et les yeux noirs, avec cette lueur bleue comme une étoile plantée au milieu. Comme elle, elle sentait le mil grillé, le sucre amer de la sueur, et le lait ; des onze enfants que sa mère avait mis au monde, quatre étaient morts, deux avaient été enlevés. Elle à cinq ans environ, et c'est la fin du monde, cet après-midi là porte une lumière qui n'est jamais revenue dans son village, les petits jouent à l'ombre du grand baobab, et l'arbre est comme une personne de confiance; il est le centre et l'ancêtre, l'ombre et le repère , les vieux dorment à cette heure du jour, les hommes ramassent les pastèques dans les champs, à la sortie du village les femmes battent le sorgho; c'est la musique tranquille d'un village paisible, une image de paradis perdu qu'elle gardera pour se persuader que ça à exister. Elle vient de là, le lieu de l'innocence massacrée ; cet après-midi là les ravisseurs étaient arrivés au galop avec le feu, les fusils, les chaînes, les fourches et les chevaux et ils ont pris tout ce qu'ils pouvaient, les jeunes surtout, les garçons pour les armées, les filles pour le plaisir et la domesticité, le village reste en désordre plusieurs jours, sa mère la secoue, l'embrasse, la repousse elle lui crie " Dis moi ce que tu as vu !"mais elle reste muette, sa mère sait ce qui s'est passée, elle même est née dans la guerre, elle connait l'organisation de l'esclavage, elle sait pourquoi on a enlevé sa fille et à quoi elle vas servir; mais; elle ne bouge pas, elle se tait, son regard à changé,il porte une connaissance nouvelle et elle n'a pas encore les mots pour la transmettre.Les deux années qui ont suivi la razzia , elle pensait qu'elle se marierait , elle aurait des enfants et elle remplirait le vide laissé par la sœur aîné , elle réparerait le malheur, elle à sept ans maintenant ,elle sait que derrière les collines, sa sœur aîné et d'autres enfants disparus, sont devenus des esclaves, elle ne sait pas ce que sait exactement . Un après-midi elle obéit à sa mère qui lui demande d'aller chercher de l'herbe à la sortie du village, elle est avec son amie Sira , elles voient deux hommes et elles ne se méfient pas, ni poudre ni fusils ni cheval , ce sont deux hommes dont le village n'est pas si éloigné, des voisins, les deux petites sont seules, si jeunes, une petite fille est ce qui se vend le plus cher, ils sourient, ils saluent dans un dialecte pas si éloigné du sien, l'homme demande à Sira de s'éloigner , à elle l'homme dit d'aller dans le sens opposé vers le bananier , il dit qu'il faut aller chercher un paquet, elle ne comprend pas, l'homme qui tenait sa main sur sa hanche sort un poignard et le met contre sa gorges , de son autre main il couvre sa bouche "Si tu crie je te tue !" elle a marché avec eux jusqu'à la nuit, la nuit est arrivée elle étais seule avec les ravisseurs comment raconter ce qu'elle voudrait n'avoir jamais vécu. La marche a duré deux jours et deux nuits ils sont arrivés dans un village, des hommes sont là ils ont l'habitude des enfants volés; depuis toujours, ils ne regardent pas la petite fille, il n'y a ni pitié, ni curiosité, les ravisseurs ouvrent une porte, ils la jette , elle tombe sur une terre dure et gelée, il n'y a pas de jour, à peine une lumière faible par un trou percé en haut du mur, elle reste là longtemps, un mois peut-être, c'est un temps sans rythme,un temps qui ne fait qu'un avec l'angoisse, parfois elle pense quelle va rester là toute sa vie, avec les ravisseurs qui le soir viennent avec un peu de pain et d'eau, et leur violences aussi; elle dort repliée en fœtus, suce son pouce et parfois chante sa chanson "Quand les enfants naissaient de la lionne "en posant sa main sur sa poitrine, sa peau se déchire, les piqûres des cafards et les morsures des souris y dessinent des signes brûlants qu'elle suit avec les doigts. Un matin, un des ravisseur ouvre la porte, il la traîne dehors, et la lumière est comme un couteau, il y a des voix, il y a des hommes, un brouhaha compact, dans une langue qui n'est pas celle de sa tribu ; un instant elle espère que ces hommes sont envoyés par son père, puis elle voit l'argent passer de main en main ,elle est terrifiée , elle écoute et elle comprends quelques mots , qui disent qu'elle a à peut près sept ans, et qu'elle s'appelle Bakhita son nouveau nom signifie" la Chanceuse" elle ne sait pas qu'elle est prise par des négriers musulmans ; ils sont attachés les uns aux autres, les chaînes autour du cou, tous sont nus, comme elle, les gardiens ont des fouets, des fusils, elle entre dans le monde de la violence et de la soumission, depuis quelle a été enlevée elle a beaucoup marché, elle n'essaye plus d'avoir de repère, les montagnes, les dunes , les collines, les plaines , les forêts, dans ces villages traversés parfois des affaires se concluent, ceux qui n'ont pas d'esclaves à vendre, vendent quelqu'un qu'ils ont volés ou bien un membre de leur famille; Bakhita se bouche les oreilles parfois la connaissance du monde est une grande fatigue, mais elle veut retenir des mots arabes, retenir ce qu'elle voit, ce que la misère et la faim font des hommes.A EL Obeid , plusieurs jours durant on leur à donné à boire et à manger, on les a lavés , on a tondu ou tressé leurs cheveux, tué leurs poux, coupé leurs ongles, on les a vêtus d'un pagne, on a mis des pommades sur leurs plaies, de l'huile de palme sous leurs pieds, on leur a faire boire des herbes amères et mâcher des racines terreuses, on leur a permis de dormir, maintenant ils peuvent être vendus et un matin, on les expose sur le grand marché. En fin de journée Bakhita est achetée par un civil arabe Binach sa copine aussi , ils sortent du marché quittent les souks, l'homme les amène chez lui, elles le suivent à l'étage, la partie réservée aux femmes, et elles entrent dans la chambre des filles du maître Sorahia et Radia à peine plus âgées qu'elles elles sont contentes Bakhita va vivre aux côtés des petites maîtresses, elles parlent, elles mangent, jouent aux dominos ou aux cartes, Bakhita les évente avec un grand éventail , quand leurs amies viennent les voir elles leurs montrent tout ce que l'esclave sait faire, le petit singe c'est ce qu'elles préfèrent Bakhita pousse des cris aigus, se gratte sous les bras et attrape avec sa bouche ce qu'elles lancent en l'air, parfois elle fait aussi le cheval qui rue et galope et leurs amies montent sur son dos à tour de rôle. Bakhita à dix ans , sa vie au harem va prendre fin, mais elle ne le sait pas encore, un soir Samir, le frère des petites maîtresses l'appelle, il lui dit approche, à sa voix elle pense qu'il va la battre , elle se jette à ses pieds, elle se prosterne et dit Asfa (pardon) s'il vous plaît ne ma battez pas Asfa il la repousse d'un coup de pied, et elle tombe, il la gifle encore et encore, il prends sa tête dans ses mains et la cogne contre le sol comme s'il voulait la faire exploser, ce qui se passe après le saccage, être battue dehors et dedans, elle le connaît déjà, s'est le gouffre sans fin, sans secours, c'est l'âme et le corps tenus et écrasés ensemble, le crime dont on ne meurt pas, elle rampe pour sortir de la pièce, le maître la suit et la bourre de coup de pied, Sorahia et Radia sont allongées sur leurs matelas, elles mangent, elle leur demande de l'aide Ainaja Ainaja Samir continu de la battre Bakhia est maintenant comme un jouet cassé, elle reste allongée sur une natte à attendre de survivre, personne ne la soigne, ni lui parle, le jour ou elle peut se lever toute seule, on estime qu'elle peut travailler de nouveau , plus question pour elle de remonter au harem, elle travaille aux cuisine, des mois passant ainsi chacun fait sa journée avec son bouclier d'indifférence, dans la tumulte des ordres et des coups, et un jour le maître l'envoie chercher, il est avec un homme en tenu militaire qui l'examine , et lui demande de courir dans le jardin , l'homme qui la rachetée est un général turc il dirige des armées d'esclaves au service du gouvernement turcs égyptien qui tient le Soudan sous sa loi , dans sa maison règne deux femmes, la mère du général et son épouse; Bakhita sera au service de son épouse, elle va apprendre à la coiffer et à l'habiller s'en jamais la toucher, elle va apprendre à anticiper les ordres, les désirs , à voir venir les coups et à les accepter, les maîtresses parlent turcs, les esclaves l'arabe. Et puis un matin , la femme du général décide avec l'accord de sa belle mère de tatouer ses trois esclaves ;les doigts de la petite Yebil tremblent dans la main de Bakhita dans la cour deux hommes robustes maintienne la petite Yebil au sol sur le dos tandis qu'on apporte deux bols à la tatoueuse, l'un rempli de farine , l'autre de sel, la petite Yebil tremble tellement que la tatoueuse recommence plusieurs fois les dessins à la farine sur son corps, et puis elle sort un rasoir de son tablier et elle suit les dessins en commençant par le ventre d'ou le sang jaillit, la petite hurle comme un animal sauvage, et une fois que les entailles sont terminées , elle ouvre chaque plaies pour les remplir de sel et puis elle appuie très fort , les cries de la petite s'affaiblisse et elle se tait, le corps se convulse et puis il s'immobilise, d'un signe de tête la maîtresse fait signe qu'on emporte le cadavre, c'est au tour de Bakhita, elle est décorée de cent quatorze entailles sur le ventre, la poitrine et le bras droit, durant trente jours, elle a combattu et survécu à la douleur, à l'infection et à la soif terrible que procurait le sel dans les plaies. Le général à décider de rentrer en Turquie, lui et sa famille vont quitter le Soudan, Bakhita va partir avec les maîtres, partir pour Bakhita c'est espérer toujours, elle ne comprends pas qu'en quittant Kondofan elle s'éloigne du Darfour. Quand elle monte sur le chameau, elle cache sa frayeur, elle s'agrippe comme elle peut, la chaleur est dangereuse ils voyagent le plus souvent la nuit; se repérant aux étoiles, c'est à Khartoum qui arrivent au petit matin, le maître fait ses comptes et vends Bakhita pour la cinquième fois elle est achetée par un homme qui s'appelle Calisto Legnami consul italien et c'est homme qui va changer le cours de sa vie, Bakhita le suit le visage baissé, elle ne sait pas ou vivent les esclaves dans cette maison, dans quelle cour on les bats, ce jour là Bakhita est lavée, Aïcha l'a aidée a passer la tunique; la tunique était comme un voile de pudeur, c'est comme ce corps restitué, qui ne sera plus battu, ni convoité, quelle retrouve lentement le monde des humains. Elle a entendu dire que le maître était bon qu'il avait affranchi des esclaves; c'es ainsi qu'il l'emmèneras sur sa demande en Italie et la placera chez des amis à lui , elle a pour la première fois de sa vie une chambre pour elle toute seule. Dans cette lutte permanente , cette vie d'adaptation et de grande honte, cette vie sans amour, ni tendresse, elle va rencontrer un homme, le premier homme après son père qui l'aimera vraiment, c'est homme sur sa route comme une étoile tombée à ses pieds, s'appelle Signore Illuminato Checchini. La maîtresse de maison à déjà perdu deux enfants , Bakhita observe la Parone, elle voudrait lui dire de ne pas s'inquiétée ,elle va accoucher, L'enfant naît le 3 février 1886 ,Bakhita est émue, pourtant elle a tellement vu de naissances, fêtée ou terrifiées, des femmes heureuses ou des fillettes écartelées par la douleur, elle a dix sept ans elle sait qu'elle n'auras jamais d'enfant, son corps d'esclave le lui dit, qui s'est recroquevillé sous les violences. C'est une petite fille la Parona la nomme Alice ; il faut lui donner les saints sacrements sans attendre la petite ne vivra pas, Bakhita à le droit de rester, attendre avec la mère que le bébé maintenant qu'il est béni, lâche vers le ciel son âme purifié , Bakhita s'approche du berceau que la Parona à voulu loin d'elle, elle regarde le visage bleui de la petite Alice, respiration courte, souffle rauque, elle voit que la vie lutte contre la puissance d'une mort déjà accepter, alors elle fait une chose qu'elle n'a fait qu'une fois, il y a si longtemps, elle ne demande pas l’autorisation , elle prends le bébé, lui ôte ses vêtements, allonge la petite sur ses genoux crache dans ses mains et masse le thorax lentement et elle parle le visage contre le visage du bébé, elle reçoit sa toux et ses pleurs, Bakhita soulève la petite, la tient sous les bras, elle suffoque et s'étouffe dans ses glaires, Bakhita l'allonge à nouveau prends sa tête dans sa main, pose sa bouche sur son nez aspire profondément et recrache à même le sol, plusieurs fois de suite, c'est bruyant et sale comme la vie et quand la petite ne pleure plus de douleur mais de faim, elle la porte à sa mère, elle doit la nourrir, elle lui montre comment faire. Bakhita entrera dans les ordres et traversera le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres. Elle mourut le 8 février 1947 à l âge de soixante dix huit ans, elle est enterrée au cimetière de Shio. En 1969, son corps est exhumé et transféré à la chapelle de l'institut des Filles de la Charité Canossiennes de Shio. Le 1er Décembre 1978, Jean-Paul II signe le décret d’héroïne de ses vertus; le 6 juillet 1991, Jean-Paul II signe son décret de béatification. Le 17 mai 1992, Jean-Paul II déclare bienheureuse celle qui a laissée " un message de réconciliation et de pardon évangélique dans un monde divisé et blessé par la haine et la violence"; en 1995 il la déclare patronne du Soudan; le 1er octobre 2000 il la déclare Sainte.
samedi 16 février 2019
samedi 17 novembre 2018
La guerre du feu de J.H Rosny Ainé
Ce voyage dans la très lointaine préhistoire aux temps où l'homme ne traçait encore aucune figure sur la pierre, ni sur la corne, il y a peut être cent mille ans . Les Oulharmrs fuyaient dans la nuit épouvantable , fous de souffrance et de fatigue; le Feu était mort ; ils l'élevaient dans trois cages, depuis l'origine de la horde; quatre femmes et deux guerriers le nourrissaient nuit et jour, sa face puissante éloignait le Lion noir et le Lion jaune, l'Ours des cavernes et l'Ours gris , le Mammouth, le Tigre et le Léopard; ses dents rouges protégeaient l'homme contre le vaste monde ; toute joie habitait près de lui , il tirait des viandes une odeur savoureuse, durcissait la pointe des épieux, faisait éclater la pierre dure, il rassurait la horde dans les forêts tremblantes, sur la savane interminable, au fond des cavernes.C'était le Père, le Gardien , le Sauveur plus farouche cependant, plus terrible que les Mammouths, lorsqu'il fuyait de la cage et dévorait les arbres. Il était mort ! l'ennemi avait détruit deux cages, dans la troisième pendant la fuite , on l'avait vu défaillir, pâlir et décroître, il s'était évanoui et les Oulhmars fuyaient dépouillés dans la nuit d'automne . Fuouhm leva les bras vers le soleil du matin, avec un long hurlement : Que feront les Oulhmars sans le Feu ? Criât-il, Comment vivront-ils dans la savane et la forêt , ils devront manger la chair cru et la plante amère , ils ne réchaufferont plus leurs membres, la pointe de l'épieu demeurera molle . Le Lion, la Bête aux Dents déchirantes , l'Ours , le Tigre , la Grande Hyène les dévoreront vivant dans la nuit ; alors Naoh, fils du Léopard, se leva et dit " Qu'on me donne deux guerriers aux jambes rapides et j'irai prendre le Feu chez les fils du Mammouths où chez les Dévoreurs d'Hommes , qui chassent au bord du double fleuve; Faouhm n'a qu'une langue , si tu ramène le Feu tu auras Gammla pour femme c'est la mieux construite parmi les filles , elle sait porter une biche sur son épaule , marcher sans défaillir du soleil du matin au soleil du soir, apprêter la peau des bêtes, traverser un lac à la nage; elle donnera des enfants indestructibles , la fille du marécage servira celui qui nous rendra le Feu; la horde veut qu'il en soit ainsi .Naoh, Gawn , Nam marchèrent tout le jour sur la savane, les guerriers se nourrissaient de chair crue , ce fut un repas chagrin, Naoh prit les premières veilles , il distinguait au loin le glapissement du chacal, le rire de la hyène, la hurlée des loups , cette vie n'était pas gratuite, mais dure et pleins de menace, tout ce qui la construisait pouvait la détruire , elle ne persistait que par la vigilance, la force, la ruse , un infatigable combat contre les choses Naoh guettait les ténèbres , les crocs qui coupent, les griffes qui déchirent, l’œil en feu des mangeurs de chair , beaucoup discernaient dans les hommes, de bêtes puissantes et ne s'attardaient point. Une lune avait passé , depuis longtemps Naoh avançait toujours vers le sud, avait dépassé la savane, il traversait la forêt, sur ce territoire redoutable, les Nomades découvrirent la nourriture en abondance, ils trouvèrent aussi une cavité si étroite qu'ils durent s'aplanir au sol pour y rentrer, Naoh s'allongea dans l'herbe et tournant la tête entra sans effort, c'est abri était plus sûr, car les blocs étaient si lourds, et si durement incrustés qu'un troupeau de Mammouths n'auraient pu les disjoindre, la perspective d'une nuit parfaite réjouit les Nomades,ils pourraient se rire de tous les carnivores, ils mangèrent de la viande crue d'un faon, avec des noix cueillis dans la forêt; Mais le Lion Géant arriva sur le territoire, lorsqu'il s'approcha, il sut que la proie était là, et l'espoir accéléra son souffle, les Oulhmars considéraient avec une palpitation la haute silhouette du carnivore, quand il arriva devant l'orifice par où s'étaient glissés les hommes, il se baissa , il tenta d'introduire sa tête et les épaules, il se mit à gratter la terre quoique le Lion Géant ne fut pas un animal fouineur, il savait élargir une issue ou renverser un obstacle, sa tentative consterna les hommes, si bien que Naoh s'accroupit et frappa de l'épieu , le fauve atteint à la tête, poussa un rugissement furieux et cessa de fouir, il se remit à rôder, tâtant les issues, toujours il revenait à celle où s'étaient introduit les hommes, il recommença à fouir, un nouveau coup d'épieu interrompit sa besogne et le fit reculer, après une dernière inspiration et un dernier regard, il sembla ignorer l'existence des hommes ,il se dirigea vers la forêt. Quand le matin erra sur la terre, le Lion Géant et la Tigresse étaient toujours là, ils sommeillaient auprès de la carcasse du daim, dans un raie de soleil pâle et les hommes ensevelis sous le refuge de pierre ne pouvaient détournés leurs yeux des voisins formidables, le Lion Géant et la Tigresse ne seront pas toujours ensemble, la faim les séparera, quand le Lion sera dans la forêt , nous combattrons avec la Tigresse mais Nam et Gawn doivent obéir à mon commandement, . La Lune coula dans les ramures , si la force de Nam et de Gawn étaient comparable à la sienne , Naoh aurait peut-être risqué l'aventure, il souffrait de la soif , Nam en souffrait davantage encore, le retour de la Tigresse le fit réagir elle ne ramenait pas de proie, elle semblait lasse, le Lion Géant s'était levé , et se mit en chasse à son tour, Naoh toucha l'épaule de ses compagnons et lorsqu'ils furent debout, il murmura il faut combattre , les jeunes guerriers s'étaient assurés que leurs armes étaient en état, Naoh commença à pousser son harpon et sa massue, elle arriva sur les trois hommes comme un bloc, Gawn s'écroula atteint d'un coup de griffe sur la mamelle, mais la pesante massue de Naoh avait frappée, la Tigresse hurlait une patte rompue, tandis que Nam attaquait avec son épieu, la massue s'abattit encore, hurlant de douleur le fauve eut un vertige qui permit au nomade de se dégager et de disloquer la deuxième patte. Naoh a rompu les pattes de la Tigresse, Nam et Gawn ont bien combattu , nous ramènerons le Feu ! Dix jours avaient passés depuis le combat des nomades et de la Tigresse, le Lion Géant partit en chasse son absence serait longue, les Oulhmars étant remis de leurs blessures auraient le temps de franchir la rivière, la bruine favoriseraient leur retraite, elle détremperait la terre, elle effacerait l'odeur des traces, Le Lion Géant est au bord de la rivière ! ils hâtèrent leurs marche, maintenant les rugissements se suivaient saccadés, stridents, plein de colère, les nomades comprirent que la bête courait à travers leurs traces enchevêtrées , leurs cœurs battaient contre leurs poitrine; ils marchèrent très longtemps, les Oulhmars s'arrêtaient pour saisir les bruits et les senteurs. Depuis trois jours , ils suivent la piste des Dévoreurs d'Hommes, ils tuèrent des chacals pour tromper les Dévoreurs d'Hommes , car l'odeur des chacals est plus puissante que la leur, Naoh apparut dans la pleine lumière, fit un bon de Léopard, tendit la main et saisit le tison, avant qu'aucun Dévoreurs d'Hommes n'eut pris sa course, Naoh avait dépassé la ligne par ou on pouvait lui couper sa retraite, poussant un cri de guerre, les Kzams le suivaient éparpillés avec des grognements de sangliers, malgré leurs jambes courtes, ils étaient agiles, mais pas assez pour atteindre Naoh . La braise rouges'était rétrécie, elle se fonçait, elle se ternissait, voilà qu'à peine conquise elle était morte. Ils se réfugièrent près du Grand fleuve Naoh vit un mammouth énorme qui les regardait passer , il y avait une mare ou poussait des nénuphars, Naoh n'ignorait pas que les Mammouths aimaient leurs tiges souterraines, il fit signe à ses compagnons,ils se mirent à arracher les plantes roussies et les portèrent vers la bête colossale il s'approcha des racines , il les connaissait bien, elles étaient à son goût. Puis Naoh décida d'aller voir les Kzams , leur stupeur ne dura guère ils levèrent la hache de pierre la massue et la sagaie Naoh clama, le fils du Léopard est venue à travers la savane, la forêt, les montagnes et la rivière parce que sa tribu est sans Feu, si les Kzams les laissent prendre quelques tisons à leurs foyers il se retirera s'en combattre, voyant qu'il était seul ils ne songèrent qu'à le massacrer l'arme effleura l'épaule de Naoh et retomba à terre, Naoh est plus rapide que les Kzams ,il bondit encore, leva sa hache et sa massue il accepta le combat; atteint en plein crâne, il plia sur ses jarrets et vit tourbillonner la terre, les arbres, le feu , dans cette seconde mortelle, l'instinct ne l'abandonna pas, une énergie suprême s'éleva du fond de son être, il se ressaisit, il lança sa massue, des os craquèrent, le Kzams croula, son cri se perdit dans la mort . Il prit la cage de Feu , c'était une sorte de nid en écorce, garni de pierres plates,une petite flamme scintillait encore .
dimanche 16 septembre 2018
Aborigènes de Eddie Mittelette
Né en 1979, Eddie Mittelette a découvert la culture aborigène en prenant part à la coupe du monde de boomerang à Melbourne, en 2000. Il a ensuite effectué trois voyages en Australie, dont deux à la rencontre des Natifs du désert. Il a parcouru 11000 kilomètres en solitaire à vélo sur les pistes de l'Ouest Australien. Sa fascination pour l'existence des Aborigènes la mené auprès des Martu . " Il est temps pour moi d'avancer, même si la bienveillance des habitants de Wiluna m'encourage à poser mes valises, beaucoup de personnes m'ont ouvert les portes de leur maison , ont accueilli ma sincérité sans délai ni contrepartie ; ils me prouvent d'une belle manière que les préjugés ont bâti de solides remparts entre les Aborigènes de cette région et leurs détracteurs . Je suis un coup de vent dans leur vie, pourtant tous m'ont vanté leur spécialités, Randall porté, par une profonde ferveur, j'ai en mémoire ses paroles : Quand je pars chasser le kangourou , j'en rapporte quatre ou cinq tous ficelés sur la capot de ma Toyota , avant de les cuire, je bois leur sang , c'est le meilleur médicament çà soigne tout, s'ils ne sortent pas de leur cachette, j'attrape parfois un émeu, quand la nuit tombe, on campe tous ensemble autour d'un grand feu dans lequel ma mère cuit les bêtes et le pain traditionnel, on mange avec les enfants et les vieux, on rit , puis on raconte des histoires de monstres terribles, enthousiasme partagé par sa mère, chasseuse aguerrie de varans, quelle sort du terrier par la queue avant de leur fracasser le crâne au sol. C'est pour moi une certitude je reviendrai. L'air de Port Hedland est suffocant, ma tente devenu une étuve , je m'en extrais dés les premières lueurs de l'aube, après avoir mit de l'ordre dans mes sacs, je me rends dans la localité voisine South Hedland , à mi parcours de mon voyage, ce premier lundi de mai est un jour particulier, je m'apprête à rejoindre la communauté de Warralong afin de partager la vie quotidienne des Aborigènes Martu ; ainsi j'interromps mon itinéraire pour un temps indéterminé, pour plusieurs mois je l'espère, Kate la directrice de l'école communautaire m'a succinctement expliqué que je travaillerai en tant que bénévole auprès des enfants, je m'occuperai aussi des repas pour les enfants, et assisterai les professeurs durant leur cours . Dans une proportion comparable à celle de l'ensemble du continent , la population Aborigène d'Australie s'élève à 3% , seul le territoire du Nord en dénombre plus de 30% ; l'Australie a commis un long et lent génocide envers les Aborigènes en retirant les enfants nés d'union de père européens et de mère indigènes afin d'interrompre la transmission de leur culture; ces enfants ne revoyaient jamais leur mère et étaient contraints de rejeter toutes les manifestations de leur aboriginalité ; cela à duré un siècle.Dans le dialecte, Martu signifie " personne" mais également " l'un des nôtres" Ce nom porte en lui toute l'importance du partage qui relie les êtres : le don de soi pour la communauté, l'absence d'ego ; ces facultés apparaissent tôt chez les enfants et je m'étonne toujours de certaines réactions, à un âge qui révèle les premières jalousies, la mise en commun est d'usage, d'ailleurs, je n'ai jamais entendu de " merci" depuis mon arrivée car ce mot n'existe tout simplement pas dans leur dialecte. A l'origine, les Aborigènes ne croyaient pas que la mort puisse être un fait naturel ; leurs superstitions nous apprennent que les causes peuvent venir de vengeances, d'actes de sorcelleries lancés par des clans rivaux ou des esprits malveillants comme le Malbu,cet esprit se déplaçait à la faveur des nuits noires, chaussés de plumes d'émeu qui ne laissaient pas d'empreintes, afin de mener des expéditions punitives ; une période de deuil est nécessaires laissant le temps à l'esprit de quitter le corps, une habitation est interdite tant que les Aînés n'ont pas levée l'interdiction la bâtisse nourrit les craintes de ceux qui s'en approchent. A l'ère du Mangung , les êtres chantèrent au fil de leurs créations ; des chants de deux à douze mots destinés aux hommes pour leur succéder . Ils leur enseigneraient ainsi la connaissance pratique des choses et des lieux mais aussi la manière de les honorer par des rituels pareilles à un cryptogramme , les pistes chantées renfermaient des secrets, dont une traduction littérale n'aurait fait qu'égarer l'étranger non initié. De fait, ces réseaux étaient un puissant outil de paix qui amoindrissait les conflits inter claniques et rendait inepte tout instinct de conquête, puisque s'en les clés de compréhension et d'usage une terre n'apporte rien aux hommes et aucun rituel associé ne peut y être célébré . Les ancêtres qui parcouraient la longue chaîne des lacs, du Percival à Dora en passant par Auld transportaient avec eux le jangi , un bâton dont le bout se consumait lentement et qui permettait de démarrer un brûlis sur Spinifex ou d'allumer le feu de camp à l'étape ; gage de vie, cette braise ne devait jamais s'éteindre, surtout lors des périodes froides et pluvieuses . L'étincelle à l'origine de tout feu comme celle émise par mon allume feu Firesteel , un silex à frottement s'appelle tiiru; elle donne naissance au tili la flamme ; bien que waru symbolise le feu tel que nous le représentons il devient nyuyula lorsque l'on le ravive , puis taaru lorsque ses flammes atteignent leur apogées . Le soleil s'aligne sur mon cap lorsque j'atteins l'épaisse chênaie qu'enceignent les collines de Dovers ; la piste sinue le long des flancs escarpés qui servent de toiles de fond à un décor surréaliste ; sur un tapis de spinifex et de buffelgrass les chênes du désert composent un tableau oasien , un jaillissement de vie inattendu dans cet univers minéral . La sylve s'épaissit encore au détour d'un relief et forme un courent sous lequel des armées de fourmis travaillent à renforcer leur habitat ; l'activité reptilienne est pareillement féconde, les empreintes à l'entrée des terriers trahissent de récentes allées et venues ; au gré du vent , les allocasuarinas aux branches graciles bruissent dans un ondoiement majestueux , leurs feuillages est si duveteux q'il dissipe un pastel estompé du bout des doigts , je jouis un moment de l'ombre rare, en flânant je surprend une vingtaine de dromadaires qui se dirigent à pas chaloupés vers une colline proche, leur caravane se fige à ma vue, ignorant si ma présence est une menace, plusieurs mâles s'interposent pour parer une éventuelle attaque, ma première crainte est que l'un d'eux soit en rut et me charge, mais pour l'heure je leur inspire de la crainte, ils se remettent en chemin , gardant sur moi un œil défiant ; exalté et le cœur battant j'ai un plaisir d'être dans un tel lieu exceptionnel qui est en mesure de provoquer de telles rencontres et engendrer autant de beauté ; chaque jour passé dans le désert s'accompagne en effet d'émerveillement, ils sont la récompense de l'effort et de l'incertitude qui ne me quitte jamais, le sentiment de vulnérabilité magnifient mon expérience. Malgré l'envie de camper là , je décide de poursuivre dans le jour déclinant, car la végétation est dense et l'activité animale trop vive. Je déniche rapidement un havre de paix sur la crête d'une dune et m'offre ainsi une vue imprenable sur les confins nord du désert de Gibson . Le bout du monde semble alors à ma portée ; je le tiendrai dans ma main lorsque bientôt j'atteindrai Kiwirrkurra ; la communauté aborigène réputé comme étant la plus isolée d'Australie! " Bloody long may way, mate!" une manière typiquement australienne d'entamer la discussion, car ici on se préoccupe davantage des distances parcourues que du temps qu'il fera le lendemain ! l'accueil qui m'est réservé est particulièrement chaleureux, nos hôtes sont affables leurs paroles pleine d'attention . Trois jours et plus de 230 kilomètres me séparent de la communauté pentu , à peine ai-je parcouru un kilomètre qu'une douleur fulgurante au genou droit me contraint à l'arrêt, chaque coup de pédale produit une décharge électrique dans sa rotule et se propage dans toute la jambe , c'est la guigne ! L'aube n'est porteuse d'aucune amélioration la douleur persiste et signe , mes réserves de nourritures sont suffisantes pour séjourner ici plusieurs jours , pourtant je ne peux me résoudre à pareille inaction alors je me remets en selle sans réfléchir , avec pour seul objectif de rejoindre le dispensaire de Kanawaarrilji en limitant la casse . Un couple d'Australien m'interpelle à l'instant où j'appuie mon vélo contre le mur du dispensaire. " Vous voilà enfin s'exclament -ils en s'approchant pour me serrer la main ; on a suivi votre trace depuis Alice Springs ; çà fait déjà deux semaines. Dimanche 7 juillet , veille de carnival de Panmungurr, pour l'heure du miel et quelques amandes calmerons ma fringale, trouver de l'eau m'importe bien plus, je ne dispose que de 2 litres pour rejoindre la pompe qui se trouve à 25 kilomètres à la lisière méridionale du parc, il m'est impossible de progresser en demeurant sur le sable , ni de couper dans le bush tant la végétation s'épaissit ; j'atteins péniblement la source au terme de six heures d'effort aveuglé par la sueur, je noue sans tardé un tissu autour du robinet pour filtré l'eau qui va en jaillir, mais rien ne viens ! l'état du sentier s'améliore et annonce bientôt un visiteur que je n'espérai plus , une Toyota apparaît dont sort un couple surprit de me croiser, Tonia et Rob lisent sur mon visage défait l'épreuve que je viens de subir , au bord de la nausée, j'engloutis sans attendre 2 litres d'eau ainsi que la pomme savoureuse qu'ils me tendent ; avant de me confondre en remerciements ; ils remplissent ensuite mes outres plus que je ne pourrais boire. Auprès de mes bons samaritains, je bénéficie de l'entraide qui fait la réputation et la fierté des Australiens de l'arrière pays . S'enquérir du bien-être du voyageur , le secourir si nécessaire, est pour eux un devoir , un principe moral ; Le désert , par son âpreté inhérente, exhorte à la solidarité. Mes pensées se tournent à présent vers l'est . Bien que cela puisse relever du paradoxe, je quitte le " cœur " des Martus avec regret, car je sais déjà que la fin du voyage ne l'égalera pas en splendeur.
samedi 14 juillet 2018
Les femmes de la principal de Lluis Llach
que tu es la personne qu'il faut pour rester à la tête de la Principal , aucun de tes frères n'a ton tempérament , ni ton fort caractère, tu es la seule à pouvoir mener cette mission , j'ai besoin de toi ici, en échange de ton obéissance à ce que je te demande d'accomplir, je fais solennellement le serment devant tes frères qu'au moment de ma mort la Principal et tous ses biens de Pous seront pour toi et pour toi seule. Il m'a enterrée pensa Maria tout en se levant , il vient de m'enterrer vivante sous les pierres de cette maison , avec les champs stériles autour, le cellier fermé et le village dans la misère, il me demande de devenir la gardienne de cette misère, et tout ça parce que je suis une femme. A la mort de son père Maria hérita de la Principal, son cellier , ses terres ainsi que de s'occuper de toutes les transactions commerciales elle s'est brouillé avec presque toute sa famille, cette gamine si jeune est devenu vieille en quelques jours, un an et demi plus tard grâce à la vente des bouteilles entreposés dans le cellier, elle put replanter des ceps américains, La Principal redevint un symbole de puissance et de richesse. Elle épousa un riche héritier dont les parents étaient les commerçants les plus aisés de Rieu , ils eurent une fille Maria Blanca Bassilia Magi Roderich nous étions en 1910 après la naissance de la gamine son mari tomba malade et mourut la vieille comme on l'a surnommait fut profondément accablée Narcis son mari lui légua une fortune , de l'argent , des propriétés, mais aussi des tableaux, des sculptures , un piano et des livres , la vieille les mis dans une grande bibliothèque quelle fit faire dans laquelle on accrocha un portait du défunt.La gamine sa fille qui à maintenant 15 ans découvre un jour que Llorenç le fils de la cuisinière qui à été élevé avec elle se trouve avec le contremaître Ricard dans les écuries , les deux hommes poussaient de tels gémissements de plaisir qu'ils n'avaient pas vu Maria, lorsque Ricard découvrit la présence de l'adolescente , il se retira brusquement et fila comme un dératé, elle le dit à sa mère qui convoque immédiatement le contremaître, sa fille et l'Abbé Salvador, tu quitte la Principal dès ce soir , tu partira du village pour rejoindre ton frère en France. Mais le 18 juillet 1936 le cadavre de l'ancien contremaître à été déposé devant la maison de la Principal sur le banc de pierre , dans un sac ,le ventre lacéré, on avait comptabilisé cet assassinat parmi les pertes de la guerre. Le jeudi 7 novembre 1940, un inspecteur se présente à la Principal pour rouvrir l'enquête sur le meurtre , Ursula le conduit à la maîtresse des lieux la senyora Maria Magui qui le reçoit en souriant car elle sait quelle est une personnalité très protégé de Pous avec son héritage depuis des générations ils font vivre le village . Mais l'inspecteur est tenace , il va lui faire avouer que c'est bien un meurtre lié à la Principal, car elle était présente le jour où sa mère l'a renvoyé ,il y avait aussi la présence de l'Abbé Salvador, elle avait aussi surpris une conversation assez houleuse , l'Abbé reprochait au contremaître de lui avoir été infidèle avec Llorenç. Maria à toujours été amoureuse de Llorenç et quand sa mère est morte ( La Vieille ) elle entraîne Llorenç dans sa chambre et lui demande de devenir son amant, Ursulla est outrée et lui rappelle les déviances sexuelles de ce garçon , mais le couple s'entends bien et trouve un compromis . Puis les choses vont aller très vite l'enquête va être étouffée, car on a découvert que c'était l'Abbé qui avait tué le contremaître , le gouverneur civil et le chef du mouvement National donne l'ordre expresse d'abandonner immédiatement l'enquête et de brûler ou détruire tous les dossiers qui se trouvent au commissiériat . On retrouve le curé pendu dans la salle à manger du Presbytère Llorenc et Maria étaient allés la veille au presbytère parce qu'ils pensaient que l'inspecteur soupçonnait Llorenç qui était l' amant du contremaître revenu en cachette au village ils l'ont pendu pour en finir avec ce curé jaloux devenu meurtrier , mais ils ne seront pas inquiétés car l'affaire avait été classée sans suite. Ils eurent aussi une fille Maria qui continue à exploiter La Principal, Llorenç à la mort de sa femme écrira ses mémoires et les confies à sa fille pour qu'elle sache les secrets de la Principal.
mercredi 9 mai 2018
Seul les enfants savent aimer de Cali
Dans ce livre , on rejoint Cali dans le traumatisme de son enfance, ce petit garçon de six ans à peine vient de perdre sa maman Mireille d'un cancer du sein , et laisse dans ce drame une famille anéantie , le père Vincent et ses quatre enfants , Sandra 12 ans Gina , Aldo 11 ans et Cali . Ce petit garçon entends les pleurs étouffés de son père et de ses sœurs ,et de son frère ta Maman est décédée lui a t-on dit . A l'école de son village à Vernet les Bains tout lui rappelle sa mère qui était institutrice, les enfants le dévisagent , même Carol Bobé l'observe cette petite fille dont il est amoureux .De sa mère il ne reste plus rien, ils ont décidé de tout brûler, il n'a plus rien d'elle, elle lui manque énormément .Voilà un nouvel élève qui vient d'arriver il s'appelle Alexandre Jolly, il deviendra son confident et en sera aussi un peu amoureux; il est attiré aussi par sa souffrance caché, son père est très sévère il dirige un collège hôtelier pour des adolescents à la dérive dont les parents ne sont plus là . Alex est devenu son ami, et il l'emmène chez lui, sa maman qui connaît sa vie, lui donne beaucoup d'amour, elle l'embrasse et il se colle dans ses bras qui lui rappelle tant sa mère, elle donne des cours de catéchisme à tous les enfants du village. Ici les filles et les garçons dansent ensemble heureux de porter le costume qui les changent de la tête aux pieds, ils portent la barretina sur le crâne , un bonnet rouge bien éclatant, ensuite un pantalon côtelé noir ceinturé en rouge d'une faixa , sans oublier la chemise blanche et une veste noire, et aux pieds les vigatames, les fameuses espadrilles rouges qui se lassent , vous enlacent de leurs lacets jusqu'en haut des mollets, Jeannette Gomez dirige grands et petits. Ce jour là Cali se tient debout et regarde son amoureuse Carol coiffée d'un filet de dentelles blanches, les garçons viennent en file indienne se placer les uns après les autres devant leur cavalière respective, les mains sur les hanches il s'agit d'une danse de cour, la danse de la Creu faite à sa bien-aimée, la musique les porte , Carol Bobé accroche son regard, Carol Bobé lui sourit, il est heureux à cet instant seuls les enfants savent aimer, seuls les enfants aperçoivent l'amour au loin qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur , pour venir nous consumer. La vie n'attends personne au bord de la route , elle n'admet aucune excuse, Arlette Buzan aussi est toujours là fidèle, une amie à Maman , elle est d'un grand secours, et d'une régularité de métronome, j'aimerai qu'elle reste parfois le soir, qu'elle tarde à rejoindre les siens, Arlette tu es une sauveuse d'âmes, ne pars pas, ,sois des nôtres, Cali continue de passer sa tête dans ses jupes, allez reste Arlette, s'il te plaît !ce soir tu sera ma Maman .Papa rentre tard très tard, toute la journée il dessine des maisons, c'est son métier, là bas de l'autre côté de la grande rue, seulement entre notre maison et son bureau, il y a un café, et il s'y arrête , est ce que ça fait partie de la petite mort qui s'agite en lui ?On l'a espionné l'autre soir Aldo et moi, il se tenait accroché au bar , comme un désespéré, on le regardaient en cachette, on se tenaient là, nos têtes de gosses collées aux barreaux derrière la vitre du fond du café, Frank Guitard est venu nous rejoindre, son père buvait à côté du nôtre, il est triste le chagrin quand il coule comme çà, d'un coup çà a gueulé, c'est mon papa qui hurlait , il a pris par le col le père de Frank, ces deux hommes devenus fantômes d'eux même se sont empoignés, ils sont tombés à terre, le barman n'a pas pipé, il n'a rien fait pour relever nos papas tristes qui se démenaient à terre, épuisés, gisants , un jour ce type je le tuerai, ce lâche, ce salopard au bout d'un temps , les deux hommes se sont relevés avec peine; Oh je le jure, je le crache Maman ce n'étais pas lui; depuis que tu es partie, il s'en est allé lui aussi. La pire des nouvelles, une tragédie, cet été, je vais en colonie de vacances avec ma sœur Gina, une vraie mise à mort, tu vient de partir Maman et en plus je dois m'éloigner de papa, je ne veux pas y aller , Alex aussi s'en vas deux mois dans le Jura, on me dit que je dois voir autres choses , d'autres visages, mais que vont dire les autres quand je ferai pipi au lit ? ils vont se moquer de moi, Oh Maman tu ne les aurai jamais laissez faire ! Avant de partir pour le Jura , Alex vient m'embrasser, je détourne mon visage, et si c'était pareil que le reste , ne plus le revoir, le perdre lui aussi il souffle à mon oreille" On ne vas pas mourir jamais". Deux heures d'une route interminable, papa est silencieux, il décoince un mot de temps en temps, il est contrarié, désespéré de tous les pores de sa peau, il est en train d'abandonner deux de ses enfants vers un lieu inconnu, à des gens jamais vu; Les Abricotiers, c'est écrit en gros à la peinture orange, un adulte salue mon père, et me sourit ensuite, mon moniteur un sorte de papa de vacances dit-il de son air guilleret , la ferme ! un papa je n'en ai qu'un et il vas partir . Christian le mono me tends la main , il n'aura pas la mienne, mon nom ?silence pour toute réponse, un revolver dans mon regard. Je le jure , à toi Maman et à la terre entière je ne dirai pas un mot, on ne me feras pas parler dans cette prison. Des jours de silence, je ne me force pas , et Christian ne me force pas non plus , " Je sais pour ta Maman me dit-il un matin ; "Non tu ne sais rien " je ne lui ai pas répondu, il m'aide à cacher mes draps trempés dans le fond du panier à linge. Juste compter les jours qui restent.Je glisse mes doigts entre les chemisettes rangées dans la petite commode près de mon lit, plus de photos, je fouille , elle n'est pas là, j'étale mes habits sur le lit ,toujours rien, c'est Willy j'en suis sûre , votre photo de mariage est déchirée elle coule au fond des toilettes, je vous regarde en morceaux toi et papa, je m'affaisse la tête dans la cuvette, je pleure, j'éprouve de la haine, un désir de meurtre, cette vie en communauté m'apprends à haïr. Allez file te coucher me demande Christian de derrière le paravent , l'air est saturé, électrique je fixe les morceaux de photo déchirés Christian tourne l'interrupteur, je bondis hors du lit, traverse la chambre à toute allure, je saute sur le lit de Willy, j'empoigne ses cheveux, il hurle à la mort, je le traîne sur le sol, défonce la porte des toilettes à coups de pieds, sa gueule de monstre cogne contre le carrelage, puis sur le rebord de la cuvette, mes doigts sont des serres d'aigles plantés dans son crâne, je hurle, il hurle Christian qui à rappliqué hurle aussi, il essaie de me retenir par les jambes, part la taille comme il peut, trop tard j'ai ,plongé la tête du monstre tout au fond, la bouche ouverte dans la pisse, le sang de Willy se mélange à la pisse. On m'a envoyé dormir chez les grands ce sera la dernière nuit, Gina me murmure des mots de réconfort, elle ne me lâche pas la main, je ne gémis pas , je suis juste saisi du tremblement continu, tout à l'heure , on m'a jeté sous la douche froide pour me calmer, j'étais comme un petit oiseau mort; demain papa vient nous chercher. Je serai toujours ton bébé , Maman chérie, un jour j'aurai ton âge, trente trois ans, l'âge ou tu t'es arrêter de vivre, pour rester ton enfant adoré, mon futur ne peut s'écrire qu'avec nos souvenirs. Voilà la triste enfance de Cali Nul ne guérit de son enfance comme le chantait Jean Ferrat , elle revient la souffrance par vagues tout au long de sa vie, remontant à la surface de notre mémoire.
lundi 23 avril 2018
Mon rêve d'or et de neige de Martin Fourcade écrit en collaboration avec Jean Issartel
dimanche 21 janvier 2018
Le maître de midi de Chiristian Quesada avec Nicolas Torrent
Mes parents sont tous deux issus de familles espagnoles installées en Algérie département français à partir de 1889, ces Espagnols qui portaient l'Andalousie dans leur chair devinrent des pieds-noirs comme les autres. Lorsque mes parents se marient en 1950, ma mère travaille comme coiffeuse, mon père, lui travaille comme comptable pour la compagnie des tramways électriques d'Oran. En 1952; la naissance de Marc le premier de ses quatre fils, maman quitte son travail , pour accomplir la mission ancestrale que lui ont transmis toutes les femmes de la famille, faire tourner la maison, Roger, le deuxième fils viendra au monde un an plus tard et maman s'épanouit dans cette nouvelle vie. Sur le moment comme la plupart des pieds-noirs, mes parents ne saisissent certainement pas la portée de ce qu'ils entendent à la radio aux premiers jours du mois de novembre 1954 :"Heures troublées en Algérie où en plusieurs endroits du territoire une séries d'attentats ont été commis dans la nuit qui précède la Toussaint ; mes parents ne se sont pas imaginés, lorsque naît leur troisième enfant Patrick en 1958 que l'Algérie à déjà bien changée en quatre ans, il y a des quartiers où mieux vaut pas traîner le soir. A l'été 1962 mes parents se retrouvent entassés avec leurs trois marmots sur un paquebot débordant de pieds-noirs direction la métropole . Né le 20 mai 1964, je suis l'enfant de l'exil un "pied-vert"comme on disait à l'époque par référence à la couleur du nouveau drapeau algérien ; une expression qui raconte mes racines, dans un pays qui n'est plus le notre. Je suis le dernier de la lignée, et donc une fierté, la mascotte de la famille. On habite à Antony dans les Haut de Seine la banlieue sud de Paris, dans cet immense bâtiment qu'on appelle le grand L, les pieds-noirs replantent les graines de leur vie passée. Le samedi matin, papa prépare la paëlla qu'on mange chaude à midi et froide le soir, le dimanche c'est poulet rôti, et dans la semaine maman prépare toujours le couscous et les mantecados, ces parfums de semoule et de cannelle cuite sont mes premiers repères dans le monde des pieds-noirs ; toutes les femmes parlent comme Marthe Villalonga, quand aux hommes , leurs mots sont rares, quelques métaphores que j'entends de la bouche de mon père " Une main devant, une main derrière" "La valise où le cercueil ! " Mon grand frère Marc m'apprendra à lire, écrire, compter, classer , lister ,relier ,analyser ,comparer et recommencer ;tous les soirs, il s'assied près de moi pour m'apprendre à lire B et A= BA P et A = PA Marc assumera ce rôle de précepteur durant toute mon enfance, avec un brio et une dévotion absolument hors du commun. L'été c'est le temps des retrouvailles chez ma tante et son mari qui ont deux enfants ils habitent à Perpignan dans un petit appartement au Moulin à vent, on s'entasse à dix dans la 404 bleue de mon oncle jusqu'à la plage du Racou à Argelès sur Mer .Et lorsque Neil Armstrong fait son premier pas sur la Lune, je lis dans le regard de mes cousins et de mes frères une émotion que je n'avais jamais vu jusque là , cette émotion me fait prendre conscience que nous assistons à quelque chose d'historique le premier pas de l'homme sur la Lune, la conquête de l'espace, pour être sûr de ne pas l'oublier, je demande à Marc la date et l'heure exacte , nous sommes le 21 juillet 1969 , il est 3h56 du matin, et pour la première fois de ma vie , j'accède à "ce tiroir de rangement" au fond de mon cerveau ce plaisir de mémoriser ne fera que grandir. C'est une drôle d'aventure, le Dictionnaire, la première fois que je l'ai ouvert, j'étais tout petit, c'était le " Larousse", j'ai trouvé ça magique que quelqu'un ait pensé à regrouper tout les mots dans un même ouvrage ; alors j'ai commencer à le lire. Au collège l'histoire et la géographie vont me passionner, les cours de français aussi, mais pour tout ce qui touche aux sciences, ça se révèle plus compliqué, avec les maths, ce sera carrément la guerre! pourtant je suis très doué en calcul mental, je m'entends très bien avec les chiffres, mais les mathématiques pures, les théorèmes, les équations, les problèmes, tout cela m' horripile . J'ai enfin trouvé mon sésame, la clé pour lire le dictionnaire, il faut y aller doucement, j'ai jaugé le volume des pages pour chaque lettres, et j'ai réalisé qu'il ne fallait surtout pas commencer par le A; le A c'est 4 992 mots j'ai donc fait mon tri, et pour la première mise en jambe j'ai choisi le U 450 mots, ensuite je suis passé au N 13000 mots, j'en suis à peu près là; lorsque nous quittons la cité, l'appartement est plus grand au cinquième étage de la cité Guillebard, les deux aînés Marc et Roger ont chacun leur chambre , Patrick partage la sienne avec moi, et dans cette chambre, on a accès à une petite pièce, une sorte de cagibi sans fenêtre dans lequel on commence à stocker tous nos livres, très vite cet endroit devient mon territoire, j'y passe des heures le nez plongé dans mes livres, mon atlas mes albums et mon dictionnaire. Les définitions défilent sous mes yeux et m'emmène dans un voyage chaque fois différent, le Larousse devient ma nouvelle obsession ; il m'arrive même de lire autre chose, notamment le Quid . L'Histoire, la Géo c'est l’autoroute pour moi, je connais tous les pays,tous les fleuves, toutes les frontières, toutes les dates, toutes les statistiques, population, PIB, taux de natalités et mortalités, je suis imbattable; je ne suis pas le garçon le plus populaire du collège, je suis solitaire, je vis en parfaite harmonie avec moi même. En janvier , le Proviseur nous convoque mon père et moi pour nous annoncer mon exclusion définitive, c'est vrai que je sèche les cours pour aller au musée regarder des cassettes vidéos sur l'intelligence collectives des fourmis. Et que fait-on quand on n'a plus ni devoirs, ni horaires , ni aucune obligations, à première vu, rien, en fait je traîne beaucoup au centre Pompidou, et dans le quartier de la fontaine des Innocents, je fais le tour des disquaires, qui me dévoilent toute l'étendu du Rock progressif, et puis je reprends le Quid, je me passionne pour la partie qui traite les célébrités et je m'invente un jeu , en prenant une page au hasard, j'en récite à voix haute tout le contenu, je passe des nuits entières dans mon cagibi, et je fais tourner ma matière grise à plein régime, mon ambition? devenir incollable . Souvent en fin de journée, je sors de mon cagibi, et je m'assied près de ma mère sur le canapé du salon pour regarder des chiffres et des lettres, contrairement à ma mère, je n'ai pas besoin de prendre des notes, je fais tout de tête et assez rapidement, je m'aperçois que je suis souvent meilleur que les candidats, je suis loin d'imaginer à quel point ce jeu vas chambouler ma vie. J'ai gagner un voyage à Las Vegas en répondant à un jeu à la radio, mais de retour à la maison l'ambiance n'est plus la même, mon frère Marc ne vas pas bien , il est dépressif , et finira par ce défenestré de notre cinquième étage, Marc m'avait tout transmis, en particulier sa quête d'excellence , je retourne dans mon cagibi, je suis en colère, comme si j'avais besoin de répondre à cette injustice, Marc m'avait donner le goût des mots, des fiches, de la gymnastique cérébrale, alors à ma manière je vais lui rendre hommage ; et sur la couverture de mon bloc notes j'écris en lettres capitales : BE THE BEST ! Ma Mission dans un premier temps consiste à décortiquer tous les mots de la langue française, le moteur qui m'anime depuis le décès de Marc vas me faire tenir quatre mois, sans lâcher la moindre page, et c'est en automne 85 que je vais me faire sélectionner aux jeu des chiffres et des lettres, puis je dois faire mon service militaire, lors des permissions il m'arrive de disputer un tournoi . A la fin de l'année j'ai l'heureuse surprise d'être convoquer par Antenne 2 pour le trophée des champions à Monaco , puis tout au long de l'année je vais participer à de nombreux jeux qui me permettront de m'installer seul dans un studio. c'est la débâcle, une trentaine de personnes vienne faire la fête presque tous les soirs, ils ont tous vingt ans , je fais la connaissance d'Alexandra et là je tout craquer pour elle, elle est accroc à la cocaïne . En juillet 2014 je suis à sec, j'ai plusieurs crédits conso sur le dos , je n'ai plus un seul ami, mon appartement est devenu une décharge, je ne sais plus à quand remonte la dernière fois où j'ai sorti les poubelles, les huissiers arrivent et je suis expulsé , où aller, je n'ai même plus de téléphone, je me retrouve à la rue; je suis entrain de somnoler quand mon voisin de paillasse "dégoupille" à cause d'une bière disparut, ça braille dans tous les sens, c'est ça le plus désagréable dans la rue les embrouilles. Le destin va me faire un petit sourire, je retrouve mon copain Christophe mon copain d'armée, qui voyant mon état physique et vestimentaire comprends très vite que je suis en galère et l'air de rien il m'invite à passer quelques jours chez lui, il me file des fringues et une serviette pour que je puisse prendre une douche. J'ai retrouvé ma superbe, ma vie de clochard est bel et bien derrière moi, j'ai disputer six tournois pour cinq victoires, je suis retourné chez mes parents, et j'ai retrouvé ma chambre d'ado, je me suis acheté un ordinateur, j'ai une quantité d'informations illimitées , plus besoin de tourner les pages d'un livre pendant des heures. Je vais refaire des compétition , des chiffres et des lettres, dans quelques villes et c'est là que je vais rencontrer Emilie , ma femme, et que Clément naîtra le 26 août 2009 et c'est moi qui couperai le cordon, le 25 décembre 2010 naîtra Robin notre second fils, ma femme travaille et c'est moi qui m'occupe des couches, biberons,balades en poussettes . A quatre vingt six ans maman n'est pas au mieux de sa forme, papa nous à quitter en février 2012 , moi non plus je ne tiens pas la grande forme, mon couple n'a pas tenu, la différence d'âge peut être , les horaires de boulot décalés,ou simplement l'amour fané trop vite, notre divorce à été prononcer en mai 2012 après quatre ans de mariage. Je n'ai trouvé que des petits boulots, je n'étais qu'un vieux quinquagénaire sans diplôme, je me suis retrouvé sans emploi, et surtout sans chômage, sans indemnités juste au RSA. Maman nous quitte le 8 mars 2015 , elle en profite pour me chuchoter un dernier conseil à l'oreille toujours avec son accent de Marthe Villalonga , il faut que tu ailles à la télé pour les 12 coups de Midi c'est un jeu pour toi. C'est vrai qu'il n'est pas mal fichu ce jeu, des questions de cultures générales, avec une épreuve de rapidité en plus .Dans la salle de sélections nous sommes une bonnes soixantaines de personnes; " Bonjour je m'appelle Christian, je vais avoir cinquante un ans , j'ai deux petits garçons, j'habite en Alpes de Hautes Provence." Deux mois après les sélections, je reçois un coup de fil de la production, bonne nouvelle je suis pris, hélas on m'annonce aussi que je suis pas convoqué avant l'année suivante, sans date précise. Enfin je décroche un CDD d'un mois à ALDI un poste à tout faire. Fin mai on m'appelle, je suis euphorique, il me faut de l'argent pour monter à Paris, et me munir de huit tenue différentes pour pourvoir en changer à chaque émissions enregistrées; Emilie et Roger mon frère me prête de l'argent, juste avant de partir je cherche l'alliance de Maman, je la mets à l'auriculaire de la main droite depuis son décès , je m'agace, je ne la retrouve pas, et puis en rangeant mon sac , je la trouve là, c'est un miracle, c'est un signe je m'endors sereinement .210 412 euros de cadeaux çà fait une sacré liste au Père Noël, j'ai gagné sept voitures moi qui n'ai pas le permis , et un chèque de 599 250 euros quand on à connu la misère ça change sa vie .
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