L'Anesthésie m'est toujours apparue comme une des plus merveilleuses découvertes de l'humanité; ses bienfaits sont immenses puisqu'elle nous permets de vaincre la douleur opératoire à laquelle nous risquons d'être exposés à un moment où l'autre de notre existence. J'ai pu pendant 50 ans en suivre l'essor prestigieux en France et dans le monde et j'en ai vécu la phase d'évolution la plus étonnante et la plus performante . En effet dès le début de mes études médicales en 1925, j'assumai ma première anesthésie, à cette époque, l'anesthésie était encore en France considérée comme un acte mineur confié à des étudiants ou des infirmiers. Plus tard , en particulier pendant la deuxième guerre mondiale (1939 1945) j'assumai la responsabilité de l'anesthésie tout comme mes collègues de l'époque, en attendant que se spécialisent dans notre pays les anesthésistes en titre. On comprend alors comment mon intérêt a pu être éveillé et retenu par cette science et , tout naturellement j'ai voulu en connaître l'histoire remontant à ses origines qui n'étaient peu connues. Cette recherche dans le temps m'a révélé les circonstances qui ont entouré la découverte de l'anesthésie : elle s'est accompagnée de tragédie qui ont souvent divisé et opposés ses protagonistes. Ce fut un drame humain extrêmement poignant où se heurtèrent ces hommes, dépositaires d'un bien inestimable : La victoire sur la douleur. On a peine aujourd'hui à imaginer ce que pouvait représenter la chirurgie avant l'ère de l'anesthésie. La valeur et la renommée d'un chirurgien se jugeaient alors sur sa dextérité et surtout sur sa rapidité d'exécution. Ce matin de novembre 1843, quatre opérations étaient au programme, chiffre inhabituel à l'époque mais expliqué par la renommée de Warren, patricien méthodique, réservé et ordonné, il est issu d'une famille médicale célèbre à Boston. Ce vendredi matin de novembre 1843, trois ans à peine avant que fût connu l'anesthésie, Warren nous permet de vivre une des dernières étapes de la chirurgie à l'époque pré-anesthésique. Il est 10 heures, le premier patient est étendu sur une table en bois, c'est un gros homme aux traits tirés par l'anxiété, qui présente dit Warren une cuisse déboîtée fixée en mauvaise position, nous dirions aujourd'hui une luxation de la hanche négligée; il importe d'essayer de la réduire, pour cela, courroies et ceintures maintiennent le thorax, une corde sur la cuisse va permettre d'exercer des tractions nécessaires pour essayer de réduire la luxation; quand les aides commencent à forcer les tractions sur la cuisse , le malade hurle de douleur, à chaque nouvelle traction les hurlements reprennent de plus belle, on entends grincer les dents du patient, on voit son front se couvrir de sueur, mais la hanche ne se réduit pas,elle reste en position défectueuse ; pour lutter contre la crispation et la douleur, Warren fait placer un long cigare dans l'anus du patient , il s'agit d'une décoction de nicotine propre non seulement à apaiser la douleur mais à réduire la contractions des muscles.Arès la pause, les tractions recommencent sans succès, arrachant de nouveau hurlement au patient, c'est un échec, le malade est alors retirés de l'opération. Warren attaque le deuxième cas, une femme amaigrie présentant un cancer du sein très évolué, accompagnés de douleurs; pour la soulager avant l'opération, on lui a administrée 100 gouttes d'opium; elle est alors installée sur le fauteuil opératoire, avec sa dextérité habituelle Warren incise très largement la peau autour de la tumeur, la malheureuse pousse alors des hurlements de douleur, sans y prêter attention le chirurgien poursuit l'ablation de la tumeur , il éponge le sang et arrête les hémorragies par des ligatures dont les fils sortiront de la plaie; l'opération se termine par une ingestion d'eau de vie dans la bouche de l'opérée à la limite de l'agonie, pantelante elle est reconduite dans son lit. Telle est la chirurgie de l'époque.Toutefois la lutte contre la douleur n'est pas ignorée, comme on peut en trouver de nombreux exemples; un des grands chirurgien du XVI siècle Ambroise Paré , dans son traité " Introduction de la chirurgie" consacre tout un chapitre aux moyens de combattre la souffrance, il donne la première place aux opaciés sous forme de pilules avalées avant l'opération, associés à l'administration de fortes rasades d'alcool. Le froid peut dans certain cas, agir contre la douleur; Le Baron Larrey, chirurgien de Napoléon, a pu au cours de la retraite de Russie amputer sans douleur des membres gelés. L'amputation de membres gangrenés sous réfrigération a été longtemps classique car outre la douleur , le froid supprimait le choc.Il fallut attendre la fin du XIII siècle à la première décennie du XIX siècle pour que des efforts coordonnés proprement scientifiques, ce fut l'oeuvre de chercheurs occasionnels, toujours particulièrement sensible à la douleur et doués d'une féroce curiosité; parmi eux il en eut quatre que l'histoire se doit de retenir, car ils furent les vrais précurseurs de l'anesthésie en découvrant et perfectionnant les éléments de base qui allait rendre possible et cela dans le dessein précis de supprimer la douleur opératoire. La pasteur anglais Joseph Prisesthey (1733-1804) aidé du Châtelain du pays le Conte Shelburne passionné de chimie lui proposa de créer un laboratoire dans son château, il isola l'oxygène de l'air, il eût alors l'idée d'arroser la limaille de fer avec de l'acide azotique, il obtins un nouveau gaz l'oxyde d'azote pur, puis de la protoxyde d'azote qui allait être connu sous le nom de gaz hilarant car pour quiconque le respirait il provoquait le rire. L'oeuvre inachevée de Prisesthey allait être poursuivie par un apprenti pharmacien Hamphry Davy "1778-1829" Davy utilisa un ballonnet de soie qui sert de récipient pour les gaz il est muni d'une tubulune qui permet de les inhaler plus facilement; , dans le même laboratoire Michael Farandy "1791 1867" découvre une autre voie avec un produit différent les vapeur d'éther et Henry Hill Hickem "1801- 1830" il va faire une étude expérimentale rigoureuse de ces gaz sur l'animal. Le 10 décembre 1844 Horace Wells brillant dentiste se verra ce jour là l'un des pionnier de l'anesthésie car il expérimentera sur lui le gaz hilarant et va découvrir qu'il peut arracher une dent sans faire souffrir le patient , mais ce sera mal maîtrisé Janvier 1845 William Green Morton après l'échec de son collègue et associé à Horace Wells après maintes expériences de l'éther sur les insectes et les animaux, il commença à l'expérimenter sur lui même et il resta inconscient pendant quelque minutes , puis il le pratiqua sur ses patients pour extraire les dents il avait seulement 27 ans, puis il fut sollicité par le Dr Warren imminent chirurgien pour opérer un de ces patient. Le Dr Morton procéda avec un sang froid à l'administration de l'éther sulfurique pour supprimer par anesthésie la douleur opératoire; remplissant l'inhalateur d'éther et le tenant devant les narines du patient, il le maintient quelques minutes pour lui permettrent d'en respirer les vapeurs. Beaucoup d'opération survinrent avec le même succès , on nomma alors cet acte Anesthésie ( en grec insensibilité) . En dépit de différents efforts fait datant des années suivantes pour obtenir de la part du gouvernement des Etats Unis la reconnaiçance des services rendu par le docteur Morton au pays et au monde entier ne fut jamais fait. D'autres gouvernements s'étaient hâter de lui décerner ordres et décorations. La Russie lui donna la croix de Saint Waldimir, la Norvège et la Suède l'ordre de Vasa ; L'Académie Française des Arts et des Sciences lui envoya une médaille d'or le prix Mortyon et il reçu une cassette d'argent contenant milles dollars par les membres du Conseil d'Administration du Massachusetts, ses nombreuses décorations se trouvent maintenant à "Historial Room's" de Boston pour la découverte de L'Anesthésie le 3 septembre 1846.
lundi 14 novembre 2016
jeudi 20 octobre 2016
Un peu de soleil dans l'au froide de Francoise Sagan
Gilles, journaliste parisien,à trente cinq ans, il était encore beau. Cet "encore"tenait au fait qu'il avait été d'une beauté rare à vingt ans, beauté dont il n'avait jamais eu conscience d'ailleurs mais dont il s'était joyeusement servi et qui avait indistinctement fait envie longtemps aux femmes comme aux hommes ces derniers en vain. Quinze ans plus tard, il était plus maigre, plus mâle, mais avec quelques chose encore dans sa démarche, ses gestes de l'adolescents triomphant qu'il avait été. Jean qui l'avait follement aimé, en ce temps là, sans le lui dire et sans d'ailleurs se le dire à lui même,eut un petit choc au coeur en le voyant entrer dans son bureau. Cette maigreur, ces yeux bleus, ces cheveux noirs un peu longs, cette nervosité, il devenait de plus en plus nerveux, Jean écrasa sa cigarette à demi consumée dans le cendrier, s'assit et croisa les mains, il fixa Gilles une seconde toussa et dit sobrement. "Alors ? " "Alors quoi dit Gilles" "Alors ça ne vas pas n'est ce pas? Non, Depuis un mois ou deux hein ? Trois cela fait trois mois que je vis mal . Raisons précises ? demanda Jean . Aucune. Rien je n'ai rien, je n'ai plus envie de rien, c'est tout. Voilà reprit il avec effort. Je n'ai plus envie de travailler, je n'ai plu envie de faire l'amour, je n'ai plus envie de bouger; ma seule envie, c'est de passer mes journées seul dans mon lit, les draps sur ma tête, J'ai envie de me tuer le soir à neuf heures, le lit me semble sale, ma propre odeur m'exaspère, tu trouve ça normal toi ? Et Eloise ? elle ne me supporte plus, de plus je suis impuissant . Viens on vas se balader . Ils sortirent Paris était ravissant bleu à pleurer en ce début de printemps. Il était blessé, mais du moins cette blessure avait-elle un visage. Et si on partait ? dit Jean On se trouverait bien un reportage à faire quelques part, quinze jours ? Je n'ai pas envie dit Gilles. Je vais te dire ce que tu as, dit la voix de Jean près de lui, une voix apaisante, insupportable. Tu es fatigué, tu ...Tu ne vas pas me dire ce que j'ai, hurla Gilles brusquement au milieu de la rue, les gens les regardaient et il rougit soudain puis se détourna et partit très vite vers les quais sans dire au revoir . Eloise l'attendait ; elle était mannequin dans une maison de couture , elle s'était installer chez lui deux ans auparavant , un soir que le souvenir de Maria le faisait trop souffrir et qui ne supportait plus la solitude. Bonne journée ? Très! Et toi ? Moi aussi . Nicolas a téléphoné, il demande si on veut le rejoindre au Club ce soir, on verra, dit-il je viens de rentrer; Le téléphone sonna et il ne bougea pas. Il y avait eu un temps où il bondissait vers le téléphone c'était l'amour ou la fortune ou l'aventure qui l'appelait, mais maintenant c'était Eloise qui décrochait. Elle cria de la chambre c'est pour toi, c'est Jean. C'est toi Gilles? ça vas? Oui dit-il La voix de Jean était chaleureuse , inquiète, une vrai voix d'ami. Gilles s'émut. Je suis désolé pour ce matin, on en parlera demain dit Jean.Le médecin était intelligent et cela n'arrangeait rien. Il avait ausculté les poumons de Gilles,écouté son coeur, posé des questions banales avec l'air excédé de l'homme qui ne s'illusionne pas sur ses propres manigances . A présent Gilles était assit en face de lui, dans un grand fauteuil Louis XIII et il le regardait fixement , avec le vague espoir que cette assurance, cette résolution ne cachait pas une totale impuissance à le guérir. Vous souffrez de cette atonie généralisée qu'on appelle dépression. C'est mental, c'est sexuel etc... Je peux vous envoyer à un psychiatre , si vous voulez, quelques fois ça marche, quelques fois pas. Il alla voir Gilda , elle devait être chez elle , elle était toujours là prête pour les plaisirs des autres, elle était entretenue depuis des années,à quarante huit ans , elle était superbe,elle accueillit Gilles avec milles tendresses et milles reproches, elle revenait des Bahamas, elle avait un nouvel amant de dix neuf ans avec qui elle jouait mais la soeur lui plaisait bien aussi, au bout de dix minutes, elle s'arrêta, le considéra gravement toi tu nous couve quelque chose ! Je viens de voir un médecin. Toi qu'est ce que tu as ? J'ai le cafard ! Ah une dépression, tu te rappelle dans quel état j'étais en soixante deux, Gilles écouta donc le récit de la dépression de Gilda qui s'était terminer miraculeusement un beau matin à Capri semblait-il , tu pense que toi c'est pas pareil et bien tu te trompe, tu te réveilleras un beau matin gai comme un pinson, comme avant ou tu te tirera une balle dans la tête ; elle lui parlait tendrement la main sur son genou, son beau corps incliné vers lui et il s'étonnait de ne pas la désirée il n'avait qu'une idée ,c'était de ne pas bouger, de ne pas se rejeter dans Paris, à la recherche d'un taxi à sept heures du soir, au milieu d'une foule pressée .Lorsqu'il rentra chez lui il trouva Jean et son ami Marthe je suis ici parce que Eloise s'inquiétait elle te savait chez le docteur et n'avait pas de nouvelles depuis quatre heures, tu es nerveux et fatigué , déprimé comme les neuf dixièmes de la population parisienne. Tu devrais changer d'air Ah, ah le journal va m'offrir une croisière aux Bahamas? Tu vas en parler au boss? Il riait, riait à perdre haleine il riait trop, il ne pouvait pas articuler un son..;il gémissait de rire Arrête , disait Jean, arrête Il ne savait même pas pourquoi il avait ri. Pas plus qu'il ne savait, à présent pourquoi des larmes chaudes ,douces ,intarissables inondaient son visage.Gilles se repose chez sa soeur et son beau frère dans le Limousin à la campagne , il avait décidé de partir , le lendemain de cette pénible journée .Gilles pêchait ou plus exactement il regardait avec nonchalance Florent . Il va rencontrer Nathalie une ami que lui présente sa soeur et il tombe amoureux de cette femme marié ils sont envahies par la passion et décident de vivre ensemble et de revenir sur Paris . Nathalie va laisser tout derrière elle son passé , son enfance, ses amis sa famille Mais les vieux démons de Gilles resurgissent et il traîne à nouveau dans les bars, les clubs après son travail et Nathalie va être retrouvé dans une chambre d'hôtel et sa tentative de suicide lui sera fatale.
Inconnue, elle était ma forme préférée,
Celle qui m'enlevait le souci d'être un homme,
Et je la vois et je la perds et je subis
Ma douleur, comme un peu de soleil dans l'eau froide.
Paul Eluard
dimanche 11 septembre 2016
Comme un enfant perdu de Renaud
lundi 18 juillet 2016
Mitsou de Colette
Mitsou est une jeune femme de vingt quatre ans qui joue à l'Empyrée-Montmartre, elle à l’œil très grand, noir comme le cheveu, point de nez si peu, la joue ronde, la bouche étroite, boudeuse et fraîche , elle est mince, avec la jambe longue et noble, le sein bas et petit. Petite chose sa voisine de music-hall est un bout de femme , ni laide, ni jolie, elle a un incessant et astucieux tortillement qui défend toute estimation sérieuse, un soir elle demande à Mitsou de cacher dans sa loge deux jeunes sous-lieutenants, car on vas les flanquer dehors et lui coller une amende si on les trouve dans sa loge, car elle n'est pas la vedette , et Mitsou royale lui réponds rien qu'une minute, les voici dans son placard , l'un en uniforme kaki et l'autre en bleu; Mitsou s'en son habilleuse peine à s’agrafer une ceinture, le Bleu sortant du placard "Puis je vous aider Madame? "Ce n'est pas de refus" "Et ... vous êtes contents de vos rôles dans cette Revue Madame ( il parle froidement, mais regarde Mitsou avec feu) La difficulté pour jouer ici, c'est l'âge la direction n'engage pas une seule femme qui ait plus de vingt cinq ans, moi je peux recevoir dans ma loge , c'est sur mon contrat. Les deux hommes doivent partir car ils sont surpris par un ami de Mitsou qui s'indigne de voir qu'elles les cachent dans son placard. Plus tard Mitsou reçoit de la verrerie et un mot du lieutenant bleu et elle vas demander l'adresse à petite chose pour lui répondre et le remercier. " Monsieur , je ne sais comment vous remercier des jolies choses que vous m'avez envoyez. Si vous me faîtes le plaisir de revenir me voir , vous verrez que vos cristalleries y occupent une place d'honneur. Recevez, Monsieur, l'assurance de mon meilleur souvenir " Mitsou" Madame, " Vous avez fait de moi un marché de dupe. Dépêcher , vers vous ,le plus modeste, le plus banal bibelots, et recevoir en échange un billet où l'humour, la spontanéité, la grâce parisienne fleurissent ensemble.D'avance je m'en excuse Madame, avec toute la modestie d'un homme qui bien que vous le connaissiez par ses noms et prénoms, s'obstine à rester l'anonyme et respectueux " Lieutenant Bleu "L'Homme étant repartit pour le front (l'Histoire se passe pendant la guerre 1914'18 ) la tendresse naîve qu'elle montre dans ses lettres enflamme le guerrier si bien qu'à sa permission il se précipite chez Mitsou. Il l'amène dîner, mais le comportement de Mitsou qui n'a aucune éducation et aucune discussion va le désespérer , il ne la désire même pas, il n'a qu'une envie s'en aller, il rêve, il se retranche dans un isolement morne, s'il osait, il jetterait là sa serviette, un billet de banque, allumerait une cigarette et ...adieu. Il entends soudain, avec un soulagement indicible, Mitsou lui demander l'heure, et il triche de cinq minutes Oh déjà il faut que j'aille à l'Empyrée et ma tête qui tourne. Puis à la fin du spectacle , le lieutenant la ramène chez elle en taxi et s'aperçoit qu'il tombe de sommeil, il préfère l'attendre sur le fauteuil pour éviter de s'endormir et dès qu'elle sort de la salle de bains il vas aussi se laver et ainsi ragaillardit il entre dans les draps et fait l'amour sans passion avec Mitsou . Le lendemain Mitsou reçoit une lettre du lieutenant bleu " je ne sais pas quand je reviendrai, encore un aveu et guère plus prudent ,si lasse de moi, avant de m'avoir revu, vous faisiez fête , dans quelques semaines , à un autre lieutenant de bleu vêtu. Mitsou au lieutenant Bleu, " Dans votre milieu on ne dit pas à une femme " Vous êtes le dernière des dernières on lui dit Madame, mes respectueux hommages et pourtant j'avais bien peur de ne jamais vous voir revenir même en lettre..Ne crois pas que je mendie Si tu réponds adieu Mitsou je ne mourais pas j'ai un petit cœur dur pour qu'on le nourrisse avec un chagrin. Mitsou est une jeune femme de luxe qui n'aime pas plus l'amour que la complication.
jeudi 16 juin 2016
Terre courage de Djalla-Maria Longa
Nous sommes à Massat, au coeur de l'Ariège, de nombreux jeunes hippies ont choisi de s'installer dans ces hameaux du bout du monde, le relief, la rigueur du climat rende le quotidien particulièrement difficile . Ainsi, l'effarement fut total, quand ces gens si rudes , virent débarquer, au début des années soixante dix de jeunes contestataires, en rupture avec les villes rejetant toutes règles, et contraintes. Enfants d'une révolution lointaine Paris en mai 68, voire plus lointain pour certains mouvement hippies californien , ils refusaient les artifices citadins, mais ignoraient tout des lois les plus élémentaires de la nature; inconnu du pays, inconnus au pays au sein d'une nature puissante que tant d'autres avaient fuie , c'était beaucoup , beaucoup d'effort à fournir; incapable de se nourrir, ils volèrent les poules et les lapins des paysans, scandalisés les villageois commencèrent à les regarder de travers et à les mépriser tous , sans distinction ; puis les choses se sont calmé, mais certain villageois était encore sur leur garde , comme ce couple vivant à l'entrée du village, ils étaient aigris et méfiants , ils regardaient les cheveux longs avec mépris, un jour Janine dit à son mari " tu te rends compte; il vas louer les cabanes à des voleurs sans foi ni loi; " "Des peluts chez nous?" Bah cesse donc de t'énerver et attends de les connaître , pardi ! répondit prudemment le mari, ce sont des bons à rien à coup sûr !Des faiénants dont nos montagnes avorteront au premier grand froid ! Les cabanes étaient situés au dessus du village et l'on y accédait par un étroit chemin de terre. Au marché, sur la place on riait car contrairement aux prédictions de Janine, l'hiver n'avait pas fait fuir les nouveaux venus. Puis d'autres vinrent s'installer , Pierre un gersois qui acheta la ferme des Rieux, le vieux paysan qui lui à vendu est surpris , car le terrain est pentu et dangereux, il ne pourra rien travailler, si ce n'est à l'ancienne, mais tout heureux de voir revivre la maison de son enfance, le paysan ne cessa d'apporter son aide ,et partager ses secrets de bâtisseur ,il avait transmis au novice bon nombre de savoir faire indispensables à la vie à une ferme de montagne, comme battre la faux , observer le ciel, choisir le jour de fauche etc....Louis était heureux, il estimait Pierre "Ah se disait -il si tous les jeunes gens se ressemblaient nos terres ne seraient pas en friches. Une année , l'hiver fut plus rigoureux, un bon mètre recouvrait le sol,on en avait jusqu'au nombril, plus de chants d'oiseaux, seul quelques craquements sinistres de branches brisaient parfois le silence; Mila Dious! qu'allaient devenir nos vaches, coincées là haut par au moins deux mètres de neige? Les toits des granges tiendraient t-ils?Ils se saisirent de pelles, tracèrent un passage dans la neige qui montait jusqu'à la poitrine,la sueur dégoulinait de leur front mais ils allaient obstinés , sans la moindre plainte, soucieux de leur bétails, les dix derniers mètres furent les plus difficiles , les bâtisses méconnaissables étaient ensevelis sous la neige,ils furent rassurés par les sourds meuglements des bêtes qui rouspétaient. La vie reprenait peu à peu dans la vallée avec tout ces jeunes qui s'installent,ils sont une dizaine de familles,les jours de marché c'est folkorique , assis en rang d'oignons, sur un long banc de pierre attenant à la façade de l'église , les anciens fixaient tantôt médusés,tantôt gouialleur, les groupes de néo, cheveux virevoltants, habits multicolores, certains avaient une guitare, d'autres tenaient un étals d'artisanat ou de produits de leur jardin. Les années avaient passées et Josette âgée de quatre vingt dix huit ans, observait toujours ,une larme à l'oeil , la vallée de son enfance, elle pouvait être tranquille sa vallée était repeuplée. Mais il ne restait plus grand chose de l'ambiance des année soixante dix ; les témoins de cette époque n'était plus qu'une douzaine. Toute une nouvelle génération, pour qui l'idéal hippie n'avait que peu de sens.Des gens en quête de tranquillité et de nature les avaient remplacé pour acquérir quatre murs dans ces vallées du bout du monde. La guéguerre entre anciens et nouveaux est bien finie; ceux là même qui se battaient dans la cour de récréation,en se traitant de hippies crasseux ou de fachos . Je crois que nous avons appris à nous connaître, pardi! au tout début on était sur nos gardes, c'est normal les gens c'est comme les champignons, il y a de tout, des bons et des mauvais, nous étions méfiants, non prudents ! rectifie Janine, le dos voûté , appuyé sur son bâton.
jeudi 5 mai 2016
Courir ou mourir de Kilian Jornet
Kilian Jornet né en 1987 est un sportif professionnel espagnol, spécialiste de ski alpinisme , d'ultra- trail et de course en montagne. Ses parents vivaient dans un refuge à 2000 mètres d'altitude sur le versant nord de la Cerdagne, entre les sommets frontaliers de la France et d'Andorre, son terrain de jeu n'a jamais été une rue, ou une cour mais les bois de la Cap del Rec, les pistes de fond et les pentes de la Tossa Plana c'est là qu'il commence à découvrir le monde de la nature ; tous les soirs avant de se coucher, avec sa soeur, sa mère ils sortaient faire une promenade en pyjama dans le bois; sans lampe frontale, et ainsi peu à peu leurs yeux s'adaptaient à l'obscurité et leurs oreilles au silence , ils écoutaient vivre le bois et devinaient les mouvements du terrain sous leurs pieds. Dès l'âge de trois ans Kilian avait avec ses parents atteint le sommet de la Tossa Plana( 2916 mètres) de Pérafina (2752 mètres) le pla de la Muga(1186 mètres) et aussi le pic d'Aneto(3404 mètres) " J'ai gravi mon premier sommet de 4000 mètres à sept ans, le Breithorn (4164 mètres) en Suisse et nous avons fait la traversée des Pyrénées en quarante deux jours quand j'avais dix ans nous devions ma soeur et moi découvrir le chemin par nous même, en cherchant la signalétique, les informations, et comprendre pourquoi il passait par ici et non par là. C'est ainsi qu'à l'âge de dix huit ans, je choisis de m'entraîner aux ski de montagne, je vivais dans un studio de dix huit mètres carré dans la Grand hôtel de Font Romeu, j'étais en collocation avec un ami . Les enregistrements et analyses des courses des plus grands skieurs alpinistes de l'époque; les regarder avant de nous entraîner nous apportaient la motivation d'y aller à 200% et tenter d'imiter les virages de Stéphane Brosse où le planté de bâton de Guido Guicomelli ; notre vie tournait autour de la compétition , nous dormions et mangions juste ce qu'il fallait pour pouvoir nous entraîner pour pouvoir participer aux compétitions. Tout ce que nous gagnions bourses ou primes de compétitions servait à payer le loyer et à acheter du matériel plus performant ; on changeait régulièrement de magasins pour acheter nos chaussures de ski de honte de montrer que nous en étions à la quatrième paires en un mois. Ce sont des journées, de plaisir et de bon temps, de découverte de nouvelles vallées, de partage et d'entraînements avec les amis, mais il y avait aussi de mauvais jours durant lesquels il faut courir sous une pluie battante, dans le froid ou dans la boue lorsque le corps épuisé, supplie de pouvoir rester au lit. Ce sont aussi de nombreuses journées de solitude, répétitives, avec pour seule compagnie la musique de l'ipod et quelques chamois curieux de vous voir monter et descendre. Alors semaines après semaines, jour après jour je cherche de nouveau objectifs plus excitants pour satisfaire les exigences de mon corps .Les championnats et les coupes du monde et d'Europe, les championnats d'Espagne, des courses prestigieuses en hiver et en été. Dans ces moments là , il n'existe rien d'autre que la course; la course c'est la vie, et cette vie se termine au moment de franchir la ligne d'arrivée; l'après n'existe pas, mes jambes sont à bout de force, ma respiration se coupe à chaque pas, alors que j'essaie de minimiser chaque impact, je ne pense plus à rien, j'ai la tête vide, je continue juste à chercher les émotions que j'ai envie de ressentir à nouveau, et quand elles envahissent mon esprit, mes jambes s'accélèrent , elles s'emballent entre rochers et racines, mon coeur bat plus fort, il n'y a plus ni pieds, ni genoux à préserver, il n'y a plus de force à conserver, mon corps à atteint la limite supérieure de sa vitesse potentielle, et mon esprit la limite de sa concentration afin de m'épargner une chute à chaque pas . Finalement, malgré mes craintes, les tests étaient parfaits, avec des paramètres m'indiquant que je n'avais pas récupéré de la fatigue des dernières courses; c'est ainsi que sous les encouragements de l'équipe nous nous sommes lancé dans la traversée des Pyrénées, en empruntant ses vallées et ses sommets et en suivant la frontière Franco-Espagnole nous reliant de l'Atlantique à la Méditerranée. Pendant huit jours , étapes après étapes, les problèmes rencontrer les premiers jours de la grosse quantité de neige en altitude nous ont amenés à changer d'itinéraire plusieurs fois et à rallonger notre trajet , je souffre d'ampoules au talon, mes genoux commencent à tirer et mes muscles se fatiguent ,sans parler de mon coeur, mais une fois arrivé au village de Tor il me lâche, plus d'énergie, mon corps n'ai ni lourd ni léger, il est simplement vide, j'essaie de manger un peu, mais mon estomac se révolte, je n'ai pas la force d'ouvrir la bouche, ni celle de parler à environ cinq kilomètres de dénivelé se trouve l'Andorre, je connais le chemin, mes jambes me mènent droit aux sentiers et aux raccourcies tant de fois parcourus , je suis chez moi au bord du lac des Bouillouses , le lendemain me voici à nouveau en train de courir sous les parois du Canigou derrière moi le soleil darde ses derniers rayons entre les crêtes du Carlit, pour la première fois depuis que j'ai quitté l'Atlantique il y a sept jours, je vois à nouveau la mer. Se réveiller au refuge des Cortalets à 200 0 mètres au dessus de la mer est une véritable motivation, je me remets à courir en sachant que ce matin est le dernier, c'est un soulagement énorme après une longue descente en arrivant à Arles-sur-Tech je me sens prêt à affronter les cent derniers kilomètres qui me restent ;huit jours et trois heures après avoir quitter les eaux du Cap Higuer, mes pieds foulent le sable des plages deLlanca avant d'entrer dans l'eau salée de la Méditerranée. La pluie d'Eiva, la neige de Goriz, les fougères du pays Basques,Tor, Andorre la chaleur, le froid, les ampoules, la joie, la souffrance. J'aime sentir le goût du sang dans ma bouche lorsque je dispute un relais ou une course verticale en ski alpinisme tout comme j'aime la sensation de vide dans une course de longue distance. Chacune de ces expériences me fait découvrir une partie de moi. Il y a cette ascension et la descente du Kilimandjaro une de mes plus importante et pleine de souvenirs intenses, après un contrôle médical pour mesurer la saturation en oxygène de notre sang, notre fréquence de respiration et notre pouls pour vérifier que nous nous adaptons correctement et éviter le mal des montagnes, l'atmosphère est totalement différent de ce du reste du monde, c'est un peu comme un retour à nos origines, la nature impose ses lois et l'homme doit s'adapter pour y survivre, nous avons passé une semaine dans des campements pour nous acclimater ; l'agilité des porteurs qui slaloment entre les blocs de roche volcaniques et d'énormes racines, avec des sacs d'environ 20 kg en équilibre sur la tête est ahurissante depuis les premiers jours je me suis bien adapter , je n'ai jamais eu mal à la tête,et j'ai pu courir facilement en 4000 et 5700 mètres d'altitude, il semble que mon corps réagisse bien au manque d'oxygène. Je suis resté bouche bée devant l'ombre du Kilimandjaro que projetait le soleil à 4000 mètres sous mes pieds l'ombre dessine un triangle parfait assombrissant le voile d'or brillant qui auréole la montagne, nous avons l'impression de survoler le continent africain ;où que nos yeux se posent, il n 'y avait que le ciel. Le jour de la course je me lance à fond sur le chemin rocailleux devant moi se dresse la paroi imposante du Kilimandjaro 200 mètres de roche verticales , d'où dévalent quelques rares glaciers, de là j'ai de nouveau l'impression qu'il m'est impossible d'atteindre le sommet en trois heures et quelques, car jusqu'au bout je dois me remettre en question, impossible de me concentrer sur mon corps, ni sur le rythme , ni sur le paysage alentour, je veux juste m'extraire de ce vide, mais je ne peux pas m'arrêter, j'ai l'impression d'avancer lentement ,mes jambes sont lourdes et molles, on dirait qu'elles pèsent 100 kg chacune, puis je me remets à trottiner doucement, le terrain est moins pentu ce qui me permets de récupérer et de me libérer du poids qui alourdissaient mes jambes,je m'arrête quelques minutes au sommet , j'en profite pour contempler encore une fois la vue époustouflante , je me prépare à descendre sans m'arrêter jusqu'à 4500 mètres plus bas , mes jambes sont légères et mes pieds se posent exactement là où mon cerveau l'ordonne , il n'est même plus question de courir, je m'apprête à voler, je saute entre les gros rochers, je vais vite et en un peu plus d'un quart d'heure, j'ai parcouru 1000 mètres de dénivelé négatif, les pierres, les murs, le sable et les plantes défilent sous mes semelles, j'accélère de toutes mes forces, j'allonge la foulée, mes pieds touchent à peine le sol, je regarde ma montre 7h 14 j'y suis , un dernier effort , des gens crient, j'aperçois la ligne signalant la fin de la course je ressens une émotion immense. "Sommes nous fait de chair et d'os ou bien fait de sentiments et d'émotions? Qu'est ce que la vraie vie ? Celle de notre corps ou de notre esprit, parfois je pense que nous avons des vies parallèles qui s'alimentent naturellement. Le bonheur est le but de tout être humain et il l'atteint à travers son ressenti : de petits plaisirs, de grandes conquêtes,des émotions fortes, des amours et du dépassement de soi , qu'il se traduise dans son corps, dans son imagination, ou qu'il soit redéfini par sa mémoire.
lundi 29 février 2016
Mon enfance sauvage de Djalla-Maria Longa
Lala est le diminutif de mon prénom, je m'appelle Djalla-Maria, enfant j'étais un vrai garçon manqué, les cheveux coupés court, et une voix imposante et grave qui étonnait tout le monde, je ne jouais ni à la poupée, ni à la dînette , on me retrouvais toujours en compagnie des garçons où perchée sur un arbre, à me balancer comme un singe à plus de dix mètres de hauteur, j'aimais prendre des risques, mais je passais aussi beaucoup de temps à réfléchir; déjà du haut de mes huit ans, je me demandais pourquoi nous vivions pas comme les autres. Nous sommes une famille de huit enfants, mes parents surtout ma mère Barbara est contre tout produits de consommation c'est sa philosophie de vie il n'y a ni eau courante,ni salle de bain, ni toilettes chez nous, mon père Patrice est un agriculteur ,ils ont acheter la maison des Figuets, la plupart des gens ne comprenaient pas la démarche du couple et pointaient plus particulièrement Barbara du doigt elle qui s'autorisait parfois un petit joint ils vivent de leurs produits poules, lapins, légumes du jardin, nous n'allions pas à l'école c'est mon père qui faisait les cours.J'avais tendance à parler tellement fort qu'on pouvait m'entendre à cent mètres , mes proches me disaient Lala arête de hurler! en fait j'étais sourde mais je ne le savais pas, le spécialiste qui m'a vu un jour me confirma que j'étais sourde à cent pour cent de l'oreille gauche, la droite fonctionnait parfaitement. J'étais maintenant presque une jeune femme, la voix soprano de ma mère me fit sursauter " Tiens Djalla voilà quinze draps supplémentaire à laver ! me lança t'elle " J'en ai mare de passer mes journées à laver le linge de toute la famille, je sentis la colère monter en moi, c'en était trop, d'un coup je jette la brosse de toute mes forces et ne peux pas me retenir " Merde, merde , merde j'arrête tout . A partir de ce jour l'envie de quitter ma famille pour aller travailler en bas dans la vallée ne me quitte plus, je pris donc la décision de chercher du travail, mes parents voyant ma ma détermination prirent conscience et souhaitant mon bonheur demandèrent au boulanger de me prendre comme apprentie, j'étais ravie, j'allais aussi aller une semaine au collège , je fus surprise de voir autant de jeunes devant le CFA ; on me demanda d'où je venais de Massat, la classe entière éclata de rire et chacun y alla de sa moquerie , mais c'est le village où les plantes vertes poussent sur les toits! non ? il paraît qu'on fume des joints dès le berceau là bas !Ah oui c'est le fameux village hippies ? Puis le métier de boulanger ne me faisait plus rêver je décidais donc d'arrêter et de passer le Bafa ,ce ne fus pas facile car j'avais des lacunes scolaires , mais je le réussis et j'obtins ma formation dans les Alpes , à partir de ce moment ma vie vas changer le goût des voyages me prit et je partit après la saison avec un collègue à Caracas une semaine non stop à travers le Venezuela, la Colombie, où l'armée nous fouillait à tout bout de champ j'avais quitter l'Ariège pour une folle aventure mais je découvrais des paysages magnifiques, tantôt désertiques, tantôt exubérants de végétation amazonienne, c'est là que je rencontre mon mari Sébastien la vie nous a donné trois magnifiques trésors Sébastien a fini par adopter l'Ariège, après avoir occupés plusieurs postes à responsabilités dans l'animation, j'ai finalement décidé de consacrer plus de temps à nos enfants et à ma passion de l'écriture; nous avons également créer une petite affaire de location de VTT.
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