lundi 22 septembre 2025
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Ma mère avait les dents fragiles, mauvaise alimentation pendant la guerre, mais elle était très belle et de fait cette fragilité timide s'ajoutait une distance, un charme mystérieux qu'elle a toujours gardé. Le 6 août 1962 Micheline aller accoucher d'une fille puisqu'elle avait déjà un garçon Francis né en 1957, un jour avant le retour de mon père de la guerre d'Algérie . Elle désirait une fille qu'elle prénommerait Brigitte et aurait tout pour que Michou ( ma mère ) puisse jouer à la poupée et tisser au fil du temps un lien de complicité féminine, celui sans doute qu'elle connaissait avec mémé Louise, sa mère. Dans la chaleur du taxi bleu ciel de banlieue qui nous emmenaient à l'hôpital de Longjumeau , une chanson passait à la radio , ma mère se tenait le ventre pour éviter d'accoucher sur la banquette arrière; le temps d'arriver dans la salle d'accouchement et pouf j'arrivai comme une lettre à la poste , ce qui tombait bien car Lucien ( Lulu) son époux, mon père, le communiste travaillait aux PTT (Petit Travail Tranquille ) disait-on , ou (Paye Ta Tournée ) Mais là, stupéfaction, la sage femme annonça " C'est un beau garçon!" Folle de rage contre la vie, le ciel et Dieu , ma mère eut du chagrin. pendant plusieurs jours , elle ne voulait ni me voir ni me regarder, ni me reconnaître. C'est ainsi que ma vie commença, par quelques jours d'abandon et de solitude, d'autant que pour mettre un peu de piment à tout çà j'étais entre la vie et la mort, j'étais atteint d'une bronchopneumonie double et d'asthme j'étais donc en standby en couveuse, avec un panaris. Quand les choses eurent pris leur place, nous étions quatre, mon père, ma mère, mon frère et moi plus la chatte Mistouflette et nous avons eus des bons moments . C'était le temps de l'idéal , la banlieue, les années soixante; communiste par notre père et catholique par notre mère nous avons bénéficié , Francis et moi d'une éducation plutôt contrastée. La vie était bohême, avec des grosses galères en fin de mois. Le programme de ma famille était simple, on n'a pas beaucoup, on se serre la ceinture, on passe l'année et en juillet colo, puis en août Douelle dans le lot, le camping sauvage. C'était la vie des travailleurs convaincus de bâtir un avenir meilleur, faucille et marteau en têtes d'affiche. La révolution, la grande aventure collective : Aragon, Jean Mouline et Angèle Grosvalet dont la photo à dix sept ans figurait dans le livre de la Résistance que tout bon militant possédait; c'était notre atlas , notre dictionnaire, notre bible; maman elle avait ces livres de prières. Nous avons vécus là, dans cette couronne de banlieue, la grande, près des champs de pommes de terre et des avions qui décollent. La rue des Acacias , dans le petit pavillon jouxtant celui de nos grands-parents paternels pépé Riton et mémé Malou; c'est là que mes années seraient les plus belles, tout me paraissait grand, féerique 21 et 22" rue des Acacias, mes parents avaient mis toutes leurs économies, avec un emprunt de vingt ans sur le dos . Ma fenêtre comme celle de Francis que j'appelais Titi depuis toujours donnait sur la pelouse et le cerisier; le plus magique c'était la nuit, je laissais ma fenêtre ouverte à l'espagnolette et les volets idem, j'écoutais les avions atterrir et décoller. Parmi les avions , ma préférence allait à la Caravelle dont mon grand-père Henry vantait les mérites " Ce sont les avions les plus sûrs disait-il "Je savais qu'elle revenaient d'Algérie ces Caravelles car elles ramenaient ma tante Denise lumineusement belle, mystérieuse de ce pays plein d'exotisme. J'allais grandir là, dans cette rue , dans cette banlieue campagne. J'irais à l'école Lafontaine , chez Mme Bellassene . J'irais à la cantine me réfugier dans le parfum si chaud des gros seins de mémé Malou qui y travaillait. J'étais très attiré par les filles ; ma mère , mes grands-mères ma tante, ma nourrice, ma maîtresse, les dames de la cantine. Mon père était très sympathique, éclatant, racé, il avait le chic pour rendre les choses importantes. Il était ressorti de l'Algérie communiste, cégétiste, et travailleur aux PTT. A l'époque, après l'Algérie et avant 68, le travail pour un communiste d'une vingtaine d'année avec deux enfants et une femme ravissante compte moins bien que la cause. La cause, les idées, celles qui , dans les rêves de mon père, allaient changer ce monde à la suite d'un tremblement idéologique. Il était beau, parfait, brun, petite coupe, petite moustache, assez grand, portant bien le sens de l'humour et celui de raconter les histoires. Il était drôle et autoritaire, créatif et aventurier, il nous embarquais dans la grande aventure de la vie et on allait le suivre, les yeux fermés, on était bien . " C'étais drôle, tu partais pour ton travail et comme tu cumulais jusqu'à mélanger les PTT, la politique et les activités syndicales, tu nous intriguais et tu nous parlais de la vie à grande échelle pas celle du quotidien, celles des grandes décisions qui allaient se prendre, celles des grands combats qu'il faudrait mener pour en finir avec la droite; tu nous racontais ta vie, elle se confondait avec l'histoire du pays et du monde " Tu as commencé par tes désirs que l'existence avait laissés sur le carreau, le jazz laissé pour compte pour cause d'études, tu te voyais faire médecine, puis tes études foutues par terre pour cause de guerre et un mouflet. et tu pars en Algérie, contre tes idées qui commencent à mûrir. Te voilà en kaki sous les drapeaux, dans un pays auquel tu ne veux aucun mal et tu te retrouve infirmier. tu vas côtoyer la souffrance des hommes, la solitude, l'injustice, toi gamin de la Seconde Guerre à peine adulte, tu es soudain au coeur de l'enfer, à soigner des hommes blessés ou à les recouvrir d'un drap maculé de sang quand il est trop tard .Tu n'es pas sur le champ de bataille, mais tu recueille chaque jour ceux qui y sont tombés. Tu te laisse pousser la barbe, tu soigne, tu apprends les hommes dans leur complexité et tu es en colère , mais au fond de toi tu garde espoir, tu crois en l'humanité. Ta barbe pousse et tes idées font leur chemin. Les Algériens dont tu t'occupe à l'hôpital ont des infections oculaires, tu aide comme tu peux; ils te considèrent comme différent des autres, tu t'occupe d'eux, de leur courrier, parfois tu écris pour ceux qui ne peuvent plus. Les Algériens t'aiment bien, et tu aime bien les Algériens, tu ne comprends pas cette guerre , elle est contre nature et génère que souffrance. Ils aiment ta barbe, ils te font confiance, ils t'appellent " Boulhaya" " Le Barbu" un jour tu écris une lettre pour un prisonnier qui a été torturé, tu te fait attraper avec le courrier et tu es interrogé, quels sont tes liens avec les Arabes ? Tu explique la vérité et ton interrogatoire dure des jours; tu seras envoyé sur le terrain éclaireur de pointe de ta section . Te voilà donc devant à un kilomètre des autres, tu crapahutes , c'est toi qui signale si la voie est libre ou pas. Tu te rase, tu te lave avec ce que tu trouve, comme tu peux pour ne pas sombrer. Tu as vu ceux qui se sont laissé aller, ils sont tombés sous les balles ou ont été fait prisonniers et retrouvés morts , les couilles dans la bouche. Tous les jours, ça recommence, tu te rase, tu avance et tu communique avec ton chef , tu combat malgré toi. Les conditions météo et politiques durcissent sérieusement; tu déteste de Gaulle et l'empire colonial. Et puis un jour, tu rejoins ta section après une longue marche vous êtes installés sous des arbres près d'un cours d'eau, la nuit tombe. Tes camarades et toi, à tour de rôle allez dormir et prendre le quart. Soudain , le cauchemar vous êtes attaqués par les fellaghas, coups de feu, de couteaux, égorgement et cris de stupeur, puis plus un bruit, quelques mots en arabe; toi tu fais le mort, tu réduis ta respiration au maximum, tout à coup, un homme te saisit, te retourne et pose le canon de son fusil sur ton front et tu reconnais cet homme, tu l'a soigné, tu as transmis son courrier à sa femme, tes yeux se fixent au fond des siens, il te dévisage, il te reconnaît alors il te dit " Le Barbu" tais toi, puis d'un violent coup de crosse il t'assomme .Quand tu te réveille à l'hôpital, on t'apprend que ta section a été massacrée, tu es le seul survivant et les questions recommencent. Tu es vivant pourquoi ? Pourquoi toi seulement ? Et puis faute de preuves , on te libère et tu finis par rentrer au pays. Tu prends ta carte du Parti communiste français et tu t'engages pour défendre ton idéal. Tu vas mal dormir pendant des années, tu ne parleras pas et tu garderas au fond de toi cette douleur, tu es revenu vivant , mais quelque chose était mort, resté là bas avec tes camarades. Tu es rentré cassé, brisé, dévasté; un héros survivant qui devra se reconstruire comme il pourra. Tu te retrouvera père de famille revenant d'une guerre qui te faisait honte . Pour l'heure notre famille , notre maison vivait bercé par ce rêve que le monde contestataire partageait avec nous : Angela Davis, Salvador Allende , les opposants à la guerre du Vietnam, nous les grévistes , les manifestants contre de Gaulle, Pompidou, Giscard; Lulu tu avais mobilisé toute la famille pour suivre tes engagements. A chaque élections, sceaux , pinceaux, colle, affiches Parti communiste , programme commun, la nuit nous nous tenions à tes côtés et c'était formidable cette impression d'être dans la Résistance. On vendait le muguet le 1er mai et tous les dimanches l'Huma dont les dessins de Cardon faisaient ta joie. Nous on s'occupait du local à Wissons , toi tu t'occupait du national CGT, PTT, les grandes grèves, grandes décisions c'était ton job. Ma mère riait des mots de mon père, même si je sais qu'elle commençait à le détester un peu ; elle l'aimait pourtant je sentais que le ver était dans le fruit. Bref, maman avait des doutes, mais elle faisait comme si de rien, des doutes ne font pas une certitude . Hélène était une amie de papa chez laquelle , il me déposait de temps en temps, elle était petite Hélène, elle était communiste, c'était une camarade, ils étaient très liés çà se voyait, quant ils prenaient un café, on sentait la complicité; une fois mon père parti je demandai à Hélène de jouer avec moi, je devenais docteur, elle était très patiente et se laissait faire avec gentillesse pour me faire plaisir, et peut-être qu'elle aimait bien çà . J'étais môme , encore petit, mais j'aimais beaucoup ces heures de liberté qui échappaient au reste du monde et à ses jugements; l'heure venue, elle se redressait doucement , me souriait gentiment, je l'embrassais sur la bouche lèvres fermées tremblantes, je caressais ses jambes et tout son corps une dernière fois en rêvant déjà de la prochaine. Puis elle attrapait ses vêtements, j'étais bien, j'aimais la voir se rhabiller, elle rajustait sa jupe, refermait un à un les boutons de son chemisier et semblait déjà ailleurs, elle reprenait sa vie et son corps de femme, je rétrécissait et redevenait l'enfant qui pendant une heure avait été docteur, comme si nous avions rêvé, comme si la réalité de ce que nous avions vécu n'était pas certaine. Au PTT, ils étaient un homme pour sept femmes au centre de tri du XIV à Paris; les femmes tu les aimais beaucoup, je me souviens de situations scrabbleuses, tu as quand même réussi à bien jouer le coup entre tes diverses et convergents activités, plus tes déplacements, d'abord à Beauvais, puis la Bulgarie et la Martinique. Quelques unes de tes histoires étaient mieux connues de Titi et moi, les plus sérieuses, pas les p'tits coups passagers, celles qui durent. Il y avait d'abord Hélène dont je finis par comprendre que la liaison qu'elle entretenait avec mon père allait au-delà du travail et des idées révolutionnaires; Hélène mais aussi Jeanine que tu allongeais dans ta voiture sur les chansons de Charles Dumont ;Jeanine était blonde, peut-être fausse, en chair, bourgeoise et une jupe quasi tout le temps , et ça duré, car tu ne pouvais pas t'en dépêtrer. Tu avais une chambre, rue Lecourbe près des Chèques postaux et là çà défilait grave, car en dehors des sérieuses, il y avait les filles d'un soir. Impossible de les compter, Dieu seul le sait, tu étais un homme à femmes . Tu suivais les mouvements de la planète politique de l'Algérie d'où tu étais revenu héros miraculé, à ton engagement profond en 68 dont tu racontais l'épisode du lion de Belfort place Denfert Rochereau quand Daniel Cohn Bendit grimpa sur le lion tu étais là, non loin de lui . Tu évoquais les photos de Leny Escudero , la proximité communiste, ta poignée de main avec Pierre Juquin , Ferrat dans les manifs, dans les meetings. Tu me parlais d'Aragon et des poètes qui s'étaient fait tuer ou emprisonner ; Victor Jara à qui on avait coupé les doigts pour qu'il joue mieux de la guitare, Pablo Neruda qui jamais à genoux célébrait Salvador Allende suicidé dans son palais, Federico Garcia Lorca exécuté pour sa poésie subversive et son homosexualité dans l'Espagne de Franco qui copinait tranquille avec Adolf et Benito , tu énumérais ces millions de morts juifs, communistes, indépendantistes, homosexuels, arabes, poètes, peintres, intellectuels , musiciens, professeurs ou curés, ouvriers, paysans , tailleurs, petits soldats, héros et déserteurs les dormeurs du val , tant d'hommes , tant de femmes vivant en nous après leur mort, tant de visages. L'alcool ou plutôt les alcools ont toujours fait partie de la fête, nos chansons populaires en témoignent et donnent à ces boissons enivrantes un charme léger joyeux et bien de chez nous; toujours une bonne occasion pour lever le coude, une naissance, un anniversaire, un décès, une contrariété ou tout simplement l'apéro, le trou normand ou le très populaire un dernier pour la route. Du sang de Dieu , au petit vin blanc, en passant par le whisky bon pour les artères, on n'en finit pas de trouver des raisons de s'en jeter un derrière la cravate ou de s'en prendre une bonne. C'est vrai que floutée la vie a une autre gueule. Au début je ne me rendais pas compte de tout çà, l'idée avait quelque chose de festif, de joyeux, je n'en voyais pas encore les effets secondaires sur le comportement ni les ravages sur la santé : Le café étant le rendez-vous idéologique où chaque dégustation engendrait un fleuve de propos aussi vacillant que leurs orateurs, l'alcool qui faisait pourtant de nous peuple de travailleurs, des gens meilleurs peut-être, quand il nous unifiait dans un rêve qui ne durait que le temps de l'effet du pastis et du rouge. On avait pris une ratatouille en 1974 , Giscard était passé avec le monopole du coeur, on comptait bien se rattraper en 1981 avec François M., Georges M. et le programme commun. Lulu était pris dans un tourbillon, un jour il me parla de mademoiselle C une jeune étudiante, une lettrée, maitrisée, agrégée et là j'ai compris que mon père partait pour des contrées inconnues et lointaines dont parfois on ne reviens pas. Mademoiselle C prenait tout l'espace de sa vie cachée, quand il allait la rejoindre rue Lecourbe, il retrouvait des sensations qui pensait pas revivre à son âge, les démons de midi viennent s'en qu'on s'y attende et ils vous casse la boussole à en perdre la tête en même temps que le nord, le miroir que le diable vous tend, bien que déformé vous donne envie d'y croire. Les voyages de Lulu dans ses montagnes russes s'accentuaient et ses absences à la maison aussi. Maman était trop fatiguée , après des opérations des dents à répétitions , elle est partie quelques temps en convalescence. Pendant ce temps là Lulu à décider de rompre avec Hélène et Jeanine. C'est un soir que j'ai décider d'annoncer à mes parents que je voulais être comédien, je devais sentir que les choses finiraient mal, il fallait que je bouge, que je prenne position quand à mon avenir de façon ferme et définitive, mes parents furent d'accord, Francis poursuivait ses études supérieures d'art à Chantilly. Lulu débarrassé de ses maîtresses respirait mieux et maman avait repris le travail ,et elle reçu des appels anonymes, cela avait pour conséquence de mettre une sale ambiance à la maison. Après avoir enterré De Gaulle en 1970, Pompidou lui avait succédé, s'était éteint gonflé de cortisone et enfin Giscard depuis les diamants de Bokassa avait un sacré trou dans son électorat, on savait que la France avait envie de faire table rase d'un passé de droite qui avait trop duré et que la gauche menée par cet ancien garde des Sceaux, le grand François avait une sérieuse chance de l'emporter. Le début d'une histoire allait marquer la fin de la nôtre. Voilà, c'était fait : " Je demande le divorce, maintenant je ne veux plus te voir jamais va t'en ,tu me dégoûte et vas retrouver ta salope !" Lulu avait quitter les lieux sans réclamer son reste. Ce fut une période longue et décousue. Ils ont vendu la maison, ils ont fait les comptes et Lulu est parti s'en rien la queue entre les jambes avec ses clés de voiture et sa liberté. Maman s'est acheté un petit appartement à Fresnes . Après la victoire de la gauche, Lulu a quitté le parti communiste, il s'est installé dans le Lot et s'est engagé chez les écologistes. Quand Maman appris la naissance de ta fille Ophélie, elle dit " J'ai souffert mais aujourd'hui c'est ton père qui va souffrir et la pauvre petite aussi." Ophélie a grandi et Catherine a travaillé pour un député, un radical de gauche ; tu étais devenu un homme de l'ombre et femme au foyer c'était pas ton truc. Ca sentait la tisane et toi tu as commencé à sentir les effets du temps et de tes excès, tu avais des problèmes d'argent , de santé, de reconnaissance et le tout cumulé faisait de toi un animal difficile à maîtriser . Et comme tu continuais à faire ménage à trois avec les tranquillisants et l'alcool , ça a tourné au vinaigre , tu as fait un infarctus . Le jour où la nouvelle est tombée; tu avais divorcé de Catherine; pendant ta deuxième hospitalisation à Toulouse, la nouvelle n'a pas l'air de surprendre Maman, elle n'a pas manqué de me dire : " Tu vois, j'te l'avais bien dit, elle a largué son vieux !"Tu divorçais pour la deuxième fois et ça n'avait rien de rigolo, au téléphone tu m'as dit " oui on divorce, je suis avec Géromie maintenant , je l'ai rencontré à l'hôpital, elle aussi elle a eu un infarctus . Tu t'es donc installé dans la région de Narbonne , chère à ton coeur à cause de Charles Trenet. Tu vivais donc en paix avec ta troisième femme dans cette région chantante et tu semblais couler des jours paisibles bercé par le vent de là bas. C'est à Bangkok que j'ai reçu un coup de fil de Francis : Tu étais tombé mon Lulu en glissant du lit sur le sol tout bêtement, une mauvaise chute, et on t'avais transporté d'urgence ; en fait tu étais déjà mort à l'hôpital. Aujourd'hui , nous sommes réunis à Wissous pour ton dernier voyage dans la section 7. Je voulais te dire que quand tu es mort , Michou à perdu son mari , elle était en deuil pour de vrai, , elle était libre et profondément elle même, nue de toute rancune. Toute sa vie était là présente , car même après le divorce, après t'avoir aimé autant que détesté, tu étais resté le seul homme de sa vie, sa seule histoire d'amour et, j'ai la faiblesse de croire qu'il en étais de même pour toi. Quelques années plus tard, Michou est partie elle aussi. Vous êtes morts de la même façon , vous êtes tous les deux tombés sur le sol et vous vous êtes brisés , après deux crises cardiaques pareil.
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