vendredi 8 mai 2015

La mare au diable de George Sand



" Ce livre m'a été inspiré par une gravure d'Holbein, qui m'avait frappé, une scène réelle que j'eus sous les yeux dans le même moment, au temps des semailles, voilà tout ce qui m'a poussé à écrire cette histoire modeste, placée au milieu des humbles paysages que je parcourais chaque jour. J'ai bien vu , j'ai bien senti le beau dans le simple, mais voir et peindre sont deux !Tout ce que l'artiste peut espérer de mieux, c'est d'engager ceux qui ont des yeux à regarder aussi. Voyez donc la simplicité vous autres, voyez le ciel et les champs, et les arbres et les paysans surtout dans ce qu'ils ont de bon et de vrai : " vous les verrez un peu dans mon livre, vous les verrez beaucoup mieux dans la nature."

Germain, lui dit un jour son beau père il faut pourtant te décider à reprendre femme, voilà bien deux ans que tu es veuf de ma fille; tu as trois beaux enfants, ma femme  et ma bru les ont soignés de leur mieux, et les ont aimés comme elles le devaient. Je n'en connais pas dans notre paroisse, Ni moi non plus, mais il y a ailleurs; Vous avez quelqu'un  en vue, mon père, alors dites le moi tout de suite; Oui, j'ai quelqu'un en vue, répondit le père Maurice, c'est une Léonard, veuve d'un Guérin qui demeure à Fourche, elle s'appelle Catherine comme ta défunte, c'est un bon sujet, elle a trente deux ans, elle a huit à dix mille francs de terre. Vous avez donc arrangé tout cela? Oui sauf votre avis à tout les deux. C'est demain samedi que tu feras ta journée de labour un peu courte, tu partiras après dîner, tu seras à Fourche à la nuit , la lune est grande dans ce moment ci , les chemins sont bons, c'est près de Magnier,  tu prendra la jument, tu mettras tes habits neufs, tu portera un gibier au père Léonard, tu causera avec lui, tu passera la  journée de dimanche avec sa fille et tu reviendra avec un oui ou un  non lundi matin? C'est entendu,  répondit tranquillement Germain et pourtant il n'était pas tout a fait tranquille. Le père Maurice trouva chez lui une vieille voisine qui était venu causer avec sa femme, vous êtes venu chercher le feu du soir mère Guillette, voulez vous quelque chose d'autre, je demandais à votre femme si Germain se déciderait enfin à se remarier, Oui il part demain pour le domaine  de Fourche ; Voyez comme ça se trouve, je voudrai que Germain prit la peine d'emmener ma fille avec lui, la voilà qui prends ses seize ans elle vas partir aux Ormeaux garder des moutons c'est tout à côtés  de Fourche bien sur mon gendre  l'accompagnera. Le lendemain Marie et Germain prirent la route mais au détour d'un chemin, Germain vit dans le fossé quelque chose qu'il prit pour un agneau, c'est une bête égaré ou  morte, c'est  un enfant s'écria la petite Marie c'est votre petit Pierre, mon petit père tu vas m'emmener avec toi! Ils sont obligés devant les pleurs incessant de  le prendre avec eux; il promit de rester avec la  petite Marie le temps de sa visite à la Fourche. Ils se remirent en route  Germain connaissait le chemin  jusqu'au Magnier, mais il pensa qu'il aurait plus court en ne prenant pas l'avenue de Chanteloube, mais en descendant par  Presles  quand il entra dans le bois il se trompa si bien qu'il tournait le dos  à Fourche. Ce qui l'empêchait de s'orienter, c'était un  brouillard qui s'élevait dans la nuit, ne voyant ni descente, ni prairie, ni rivière, mais la lande unie et blanche, comme une nappe de neige, le brouillard s'épaissit encore plus, la lune fut tout à fait voilée, je crois que nous sommes ensorcelés dit Germain en s'arrêtant , car ces bois ne sont pas assez grands pour s'y perdre,à moins d'être ivre, il y a deux heures au moins que nous y tournons s'en pouvoir en sortir. La Grise n'a qu'une idée en tête , c'est de s'en retourner. Eh bien! prenons patience, Germain dit la petite Marie. Dans cette longue nuit Germain va découvrir que la petite Marie est une femme qui vas prendre soin de son fils, qui va allumer un feu comme savent le faire les enfants patour qui gardent les bêtes aux champs, au beau milieu de la pluie. L'enfant vas se réveiller et appeler Marie Maman,  Germain croit devenir fou et tomber amoureux de cette fille des champs. Marie tu me plais et je suis bien malheureux de ne pas te plaire, si tu voulais m'accepter pour mari, il n'y aurait ni beau père, ni parents, ni voisins,ni conseils qui puissent m'empêcher de me donner à toi; je ne suis pas vieux je n'ai que vingt huit ans. Mais le matin revient et ils se séparent lui à Fourche et découvre qui n'est pas le seul prétendant, elle avec son fils aux Ormeaux elle doit partir en courant s'enfuir et se cacher car le fermier veut la détrousser. Germain se retrouva bientôt à l'endroit où il avait passé la nuit au bord de la mare. Le feu fumait encore; une vieille femme ramassait le reste de la provision de bois que la petite Marie y avait entassée. Germain s'arrêta pour la questionner. elle était sourde, et, se méprenant sur ses interrogations. Oui, mon garçon, dit-elle, c'est ici la Mare au Diable. C'est un mauvais endroit, et il ne faut pas s'en approcher sans jeter trois pierres dedans de la main gauche, en faisant le signe de la croix de la main droite; ça éloigne les esprits. Si quelqu'un avait le malheur de s'arrêter ici la nuit; il serait bien sûr de ne pouvoir jamais en sortir avant le jour. Il aurait beau marcher, marcher, il pourrait faire deux cent lieues dans le bois et se retrouver toujours à la même place.

jeudi 9 avril 2015

Le blé en herbe de Colette



    

Vinca et Phil deux adolescents passent leurs vacances sur la côte bretonne ,entre des parents qu'ils frôlaient à toute heure et ne voyaient presque pas. Par un beau matin d'août, Phils et Vinca décidèrent d'emporter leur déjeuner , leur maillots de bain, les années précédentes ils avaient souvent déjeuné seuls, en explorateurs dans le creux des falaises. Mais le plus beau matin rajeunissait ces enfants égarés et qui se trouvaient parfois par la porte invisible par où ils étaient sortis de leur enfance. Philippe allait sur le chemin de la douane, portant les havenets pour la pêche d'après midi, et le filet où tintaient le litre de cidre mousseux et la bouteille d'eau minérale. Lorsqu'il rencontra la dame en blanc, il fut troublé lorsqu'elle lui demanda son chemin, mais ne l'avoua pas  à Vinca car il était amoureux d'elle.  Un jour Phil vas porter une dépêche à la dame qui s'appelle  Mme Dalleray Camille elle l'invite à boire une orangeade dans sa maison, Phil est de plus en plus troublé. "Vos parents viennent tous les ans sur la côte n'est ce pas? dit la douce voix virile de  Mme Dalleray; c'est d'ailleurs un charmant pays que je ne connaissait pas du tout, une Bretagne modérée, pas très caractéristique , mais reposante et la couleur de la mer y est incomparable? Phil ne répondit pas, vous l'aimez n'est ce pas? Qui ? dit il en sursaut;  "cette côte cancalaise"? Oui.....  
Phil vas cacher à Vinca cette entrevue, car la vie de Philippe appartenait toujours à Vinca à la petite amie de son cœur , née tout près de lui, douze mois après lui, attachée à lui comme une jumelle à son frère jumeau, anxieuse comme une amante. Mais il ne peut s’empêcher de penser à cette dame et vas lui cueillir des chardons bleus qu'il lui envoya par dessus le mur de sa grille, irrité par ce geste maladroit elle lui demanda s'il les avaient cueillit pour elle , et l'invita  encore une fois  à venir chez elle et fut charmé de voir ce jeune homme éprit d'elle.Sa troisième,sa quatrième ,visite à Mme Dalleray, Phil les avait cachées à Vinca, une fin d'après midi il se rendit chez elle  Mme Dalleray le reçu  nonchalamment  et lui proposa de souper, il sortit de chez la dame en blanc; il pouvait être une heure et demi du matin, en pensant à Vinca qui devait dormir  comme un enfant qui se cache pour pleurer; hier encore, il mesurait d'un cœur patient le temps au bout duquel Vinca lui appartiendrait , aujourd'hui , il pâli d'un enseignement qui laissait à son corps le tremblement et la suavité de sa défaite.Le déjeuné l'empêcha de rejoindre son souvenir nocturne, assoupi à cette heure du milieu du jour et mouvait à peine au fond de son gîte noir, il;subits des compliments sur sa pâleur, des critiques sur son silence et son manque d'appétit, Vinca dévorait et rayonnait d'une blessante allégresse . Puis un petit garçon vint annoncer à Phil qui marchait dans le sable que la dame en blanc était partie, Phil s'étonna, reprit ses sens, mais Qu'est que j'ai ? je le savais bien quelle devait partir avant nous , j'ai son adresse à Paris, son numéro de téléphone et puis qu'est que ça me fait, qu'elle soit partie ?C'est ma maîtresse, ce n'est pas mon amoureuse, je puis vivre sans elle. .Mais une sorte de souffle passa dans son esprit, balaya le vocabulaire d'enfant de troupe, la fausse assurance, le ricanement intérieur, une conscience nette de ce que représentait le départ de Camille Dalleray. Ah ... elle est partie hors d'atteinte la femme qui m'a donné....qui m'a donné ..comment appeler ce qu'elle m'a donné ?D'aucun nom elle m'a donné depuis le temps où j'ai cesser  d'être le petit enfant que Noêl enchante, elle seule m'a donné, elle seule pouvait reprendre, elle a repris.Phil reprit ses balades avec Vinca mais les choses ne sont plus pareilles, Vinca est différente, car elle connaît la trahison de Phil elle vas lui avouer quelle sait tout, sa souffrance vas se mêler à celle de Phil  et ils vont se disputer, puis se retrouver.Ils se retrouvèrent vers Minuit dans le jardin car Phil ne pouvait pas dormir et Vinca le savait, embrasse moi Phil dit elle je t'en prie je t'en prie; il trouve la force de la nommer Vinca chérie; il entendit la courte plainte révoltée, pendant la ruade involontaire, mais le corps qu'il offensait ne se déroba pas, et refusa toute clémence. Il n'imaginait pas qu'un plaisir mal donné, mal reçu, est une oeuvre perfectible. La noblesse du jeune âge l'entraînait seulement au sauvetage de ce qui ne fallait ne pas laisser périr :
"Ni héros, ni bourreau.. Un peu de douleur, un peu de plaisir.....Je lui aurais donné que cela .... que cela....."

lundi 2 mars 2015

L'appel sauvage de Jack London



Il s'appelle Buck son père était un énorme Saint Bernard et sa mère appartenait à la race des bergers écossais il était le chien du juge Miller, et habitait une spacieuse maison dans la vallée ensoleillée de Santa Clara. Buck n'était pas un chien d'intérieur, ni un chien de chenil, son royaume était l'ensemble du domaine,il se baignait dans la piscine où allait à la chasse  avec les fils du juge, durant les soirées d'hiver il se couchait aux pieds de son maître devant le feu de cheminée dans la bibliothèque. Mais un  soir Manuel l'un des aides jardinier vendit Buck  à un homme qui achetait des chiens à muscles fort et au pelage long et chaud pour aller chercher de l'or vers le Grand Nord. Manuel plia en deux une corde solide et la passa autour du cou de Buck, la tendit à l'homme ,quand la corde se serra et l'empêcha de respirer il fut d'abord surpris, puis il se lança sur l'homme dans un  accès de rage, jamais on l'avait traité de façon abominable , il ne comprenait rien à tout cela que voulaient ces gens qui ne connaissait pas, On l'enferma dans une caisse, deux jours et deux nuits il fut entraîné par des locomotives hurlantes, on le débarqua pour le charger dans un camion; ce n'était pas la faim qui le faisait le plus souffrir, c'était la soif, on l'avait débarrasser de la corde, ses yeux étaient injectés de sang, une rage monstrueuse bouillonnait en lui, Lorsque le camion s'arrêta, on descendit la cage et un homme robuste s'approcha ,et eût un sourire sinistre, il revint portant une hachette et un bâton ; Buck sortit de la cage le pelage hérissé, la gueule blanche d'écume, un éclair de folie dans les prunelles et droit sur l'homme il lança ses soixante dix kilos, il reçut un coup qui l'arrêta net et ses crocs claquèrent dans le vide, comme on ne l'avait jamais frappé avec un bâton il ne comprenait pas , la douleur lui arracha un cri, il se dressa, repartit à l'attaque un deuxième coup l'atteignit et le précipita à nouveau sur le sol, à dix reprises au moins il chargea, sa truffe , ses oreilles, et sa gueule étaient ensanglantées; Buck fut assommé quand il revint à lui , il restait sans force, l'homme lui apporta de l'eau et de la viande crue qu'il lui donna morceau par morceau ,puis lui caressa la tête. Buck fut alors vendu une nouvelle fois à un petit homme ratatiné qui l'emmena avec une chienne terre neuve nommée Curly ils ne furent pas les seuls dans l'entrepont du  Narval ; bien que les jours fussent tous semblables Buck sentit que la température devenait de plus en plus froide Buck avait été arraché à la civilisation et précipité au cœur de la vie primitive , les hommes et les chiens ne connaissaient d'autre loi que celle des crocs et du gourdin , il assista à un combat un chien esquimau contre la chienne Curly il combattait à la façon des loups; Buck en restait cloué sur place par la stupeur. On lui mit un harnais et il devait tirer le traîneau avec ses compagnons, il dormait en faisant un trou  dans la neige pour ne pas avoir froid, il apprit très vite les ruses, son corps amaigri se muscla énormément, il devait combattre pour garder sa place, Au printemps, les chiens n'avaient rien à faire sauf à traîner  dans le camp . Il y avait aussi l'appel qui sans cesse venait de la profondeur de la forêt chaque fois qu'il l'entendait Buck était la proie d'un grand trouble; il levait la tête, restait un instant les oreilles pointées, puis il se dressait d'un bond pénétrait, au galop dans la forêt , l'explorait de tous côtés  il s'embusquait dans un buisson et observait les allées et venus des oiseaux à la cime des arbres.Une nuit il fut tiré en sursaut de son sommeil, un long hurlement semblable à ceux que poussent les chiens esquimaux très vite en silence il traversa le camp endormi et s'enfonça dans la forêt jusqu'au moment où il découvrit au centre d'une clairière un loup très maigre, cependant Buck ne l'attaqua pas ,il se contenta de décrire des cercles autour de lui ,brusquement le loup se détourna et s'enfuit, la poursuite commença, il galopait jusqu'à ce que  Buck l'ai rejoint  puis repartit dans une autre direction ,puis le loup s'arrêta et frotta sa truffe contre celle de Buck, l'amitié était scellée , ils partirent côte à côte dans le crépuscule, puis  Buck revint au  camp, de plus en plus souvent il s'absentait, parfois plusieurs jours, une semaine entière, il cherchait en vain les empreintes du loup, il pêchait des saumons dans un large torrent, il égorgea un grand ours noir de plus en plus  Buck se sentait avide de sang, grâce à sa force et son habileté, il réussissait à survivre dans un milieu hostile où les faibles sont voués à l'anéantissement. Buck revint au camp avec ses nerfs tendus et ses sens en alerte il s'était passés quelque chose ,il découvrit les chiens et les hommes morts et agonisants criblés de flèches, les Yeehats dansaient lorsqu'ils entendirent l'effrayant grondement de Buck ils s'interrompirent et virent se ruer sur eux un animal tel qu'il n'en avaient jamais vu auparavant, un ouragan de fureur, une bête qui semblait résolue à les anéantir tous. Buck attaqua le chef de la tribu indienne ,il lui trancha la veine jugulaire le sang jaillit comme une fontaine, il sauta sur un autre Yeehat et au passage lui trancha aussi la gorge , il se sentait fier de lui même, il avait tué des hommes le plus noble de tous les gibiers.Après quoi ,ce dernier s'assit, pointa son museau vers la lune et fit entendre un hurlement prolongé ,les autres loups l'imitèrent, l'appel était si proche si facile à déchiffrer le concert terminé, il s'avança et la bande forma un cercle autour de lui, on le flaira presque s'en méfiance, quelques loups lancèrent un jappement et filèrent vers la forêt tous les autres le suivirent, jappant en chœur ; Buck jappa lui aussi, en galoppant côte à côte avec le frère sauvage.

lundi 12 janvier 2015

Les Mots de Jean-Paul Sartre



Jean Paul Sartre est né à Paris en 1905, sa mère est veuve à l'âge de 20 ans, sans argent, ni métier elle décide de retourner vivre chez ses parents. Il y a trois chambres dans notre maison, celle de mon grand père, celle de ma grand mère, celle des "enfants" les enfants c'est nous.Mon grand père tolère sa fille Anne Marie parce qu'elle est veuve et  qu'elle les aide dans la maison. Moi je fus sa merveille , il prit le parti de me considérer comme une faveur singulière du destin, je le comblait par ma seule présence, il m'appelait son tout petit d'une voix qui chevrotait de tendresse. J'ai commencé ma vie , comme je la finirai  sans doute : au milieu des livres. Dans le bureau de mon grand père il y en avait partout, sur les rayons de la bibliothèque, je sentais que la prospérité de notre famille en dépendait. Charles Schweitzer m'apprit qu'il avait un ennemi mortel son éditeur quand il recevait par mandat, le montant de ses droits d'auteur; il levait les bras au ciel en criant et s'adressant à ma grand mère déclarait sombrement " Mon éditeur ne vole comme dans un bois" Mon respect s'accrut pour ce saint homme , dont le dévouement ne trouvait pas de récompense: je fus préparé de bonne heure à traiter le professorat comme le sacerdoce et la littérature comme une passion.Je ne savais pas lire, mais  j'étais assez snob pour exiger d'avoir mes livres; mon grand père m'offrit les Contes du poète Maurice Bouchor; ma mère me lisait ces livres, je devins sensible à la succession rigoureuse des mots: à chaque lecture ils revenaient, toujours les mêmes dans le même ordre, je les attendais ; je fus jaloux de ma mère et je résolus de lui prendre son rôle, je fis semblant de lire, je suivais des yeux les lignes noires et je me racontais une histoire à voix haute en prenant soin de prononcer toutes les syllabes , on décida qu'il était temps de m'enseigner l'alphabet.Je pris dans la bibliothèque le Grand Larousse, hommes et bêtes étaient là en personne: les gravures c'étaient leurs corps le texte c'étaient leurs âmes. Vers 10 ans je me délectais en lisant Les Transatlantiques; on y montre un petit Américain et sa soeur,  je m'incarnais dans le petit garçon et j'aimais à travers lui Bildy la fillette. Jusqu'à 10 ans je restais seul entre un vieillard et deux femmes, ma vérité, mon caractère et mon nom étaient aux mains des adultes je restais enfermé dans cette geôle , pourtant  cela existait l'avenir, le cinéma me l'avait révélé, je rêvais d'avoir un destin. Je fus sauvé par mon grand père, il me jeta sans le vouloir dans une imposture nouvelle qui changea ma vie. Au début de l'été, nous partions pour Arcachon, les deux femmes et moi, mon grand père nous écrivait trois fois la semaine, deux pages pour Louise ma grand mère, un post-scriptum pour Anne-Marie sa fille , pour moi toute une lettre en vers. Ma mère apprit et m'enseigna les règles de la prosodie je répondis à mon grand père, par retour du courrier je reçu un poème à ma gloire; l'habitude était prise.J'écrivais par singerie, par cérémonie pour faire comme les grandes personnes, j'écrivais surtout parce que j'étais le petit fils de Charles Schweitzer, enfant public, j'adoptais en public le mythe de ma classe et de ma génération, on profite de l'acquis, on capitalise l'expérience, le présent s'enrichit de tout le passé. Mes premières années surtout, je les ai biffées; quand j'ai commencé ce livre,il m'a fallu beaucoup de temps pour le déchiffrer sous les ratures. Des amis s'étonnaient, quand j'avais trente ans: "on dirait que vous n'avez pas eu de parents. Ni d'enfance." et j'avais la sottise d'être flatté. J'aime et je respecte, pourtant, l'humble et tenace fidélité que certaines gens, des femmes surtout gardent à leur goûts, à leurs désirs, à leurs anciennes entreprises, aux fêtes disparues, j'admire leur volonté de rester les mêmes au milieu du changement, de sauver leur mémoire. Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée, à présent je connais notre impuissance N'importe : je fais , je ferai des livres; il en faut, cela sert tout de même. La culture ne sauve rien, ni personne, elle ne justifie pas; mais c'est un produit de l'homme, il s'y projette, s'y reconnaît; seul ce miroir critique lui offre son image. Du reste, ce vieux bâtiment ruineux mon imposture, c'est aussi mon caractère, on se défait d'une névrose, on ne se guérit pas de soi, usés, effacés,humiliés, rencognés, passés sous silence tout les traits de l'enfance sont restés chez le quinquagénaire.Tout un homme, fais de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n'importe qui.

lundi 1 décembre 2014

Bonjour tristesse de Francoise Sagan




Eté 1954 Cécile jeune adolescente de 17 ans ne connaît de l'amour que des baisers, des rendez vous. Son père est veuf  à quarante ans  et elle ne peut pas comprendre qu'il puisse vivre avec une femme; depuis sa sortie de  pension  il y a deux ans ils vivent ensemble une grande complicité .Il avait loué sur la Méditerranée , une grande villa blanche, isolée, ravissante , et lui avait demandé si la compagnie d' Elsa, sa maîtresse actuelle ne l'ennuierait pas pendant les vacances, c'était une grande fille rousse qui faisait de la figuration dans les studios et les bars des  Champs Elysées ; les premiers jours furent éblouissants , ils passaient des heures sur la plage, écrasé de chaleur. Cécile fit la connaissance de Cyril, jeune étudiant qui faisait de la voile et passait ses vacances avec sa mère dans une villa voisine .Son père lui annonça l'arrivée d' Anne Larsen s'était une ancienne amie de sa mère,   elle avait très peu de rapport avec son père cela l'étonna et pensa "Nous étions trop tranquille cela  ne pouvait pas durer " A quarante deux ans, c'était une femme très séduisante, très recherchée avec un beau visage, orgueilleux et las, indifférent; cette arrivée subite apparaissait comme un contre temps , si l'on pensait à la présence d'Elsa et aux idées d' Anne sur l'éducation. Très vite Anne pris ses marques et demanda à Cécile de faire des révisions pour réussir son bac, cela lui déplut  et elle  se mit à la détester , mais Cyril était là pour atténuer sa souffrance. Et puis un jour, ce fut la fin, son père décida qu'ils iraient passer la soirée à Cannes, jouer et danser , au Casino grâce aux manœuvres  de son père ils se perdirent vite, et  Cécile se retrouva au bar avec  Elsa . Cécile chercha son père et Anne qu'elle découvrit dans la parc prés à partir, elle s'exclama alors exaspérée " Que vais je dire à Elsa, je vais lui dire que mon père à trouvé une autre dame avec qui coucher ,et qu'elle repasse c'est ça ?Anne la gifle et son père  demande a Cécile de s'excuser. Elsa , Cyril et Cécile vont mettre tout en oeuvre pour que son père ne tombe pas dans les filets d'Anne qui veut se faire épousée.Un jour son père reçoit un mot  d'un ami à lui l'invitant à Saint Raphaël  pour l'apéritif,  Cécile informe Elsa et Cyril de venir et de se monter en couple, son père la voyant ainsi rayonnante fut jaloux et discrètement lui donne rendez vous dans les pins. Anne va découvrir qu'elle est trompée, prends sa voiture et vas mourir dans un accident de la route. A Paris durant un mois Cécile et son père vont vivre comme veuf et orphelin, déjeunant ensemble, dînant ensemble ne sortant pas. La vie recommença comme avant, comme il était prévu qu'elle recommencerait. Quand nous nous retrouvons, mon père et moi, nous rions ensemble, nous parlons de nos conquêtes. Il doit bien se douter que mes relations avec Philippe ne sont pas platoniques , et je sais bien que sa nouvelle amie lui coûte fort cher. Mais nous sommes heureux. L'hiver touche à sa fin, nous ne relouerons pas la même villa, mais une autre près de Juans-les-Pins. Seulement quand je suis dans mon lit, à l'aube, avec le seul bruit des voitures dans Paris,   ma mémoire parfois me trahit : l'été revient et tous ses souvenirs. Anne, Anne! je répète ce nom très bas et très longtemps dans le noir. Quelque chose monte alors en moi que j'accueille par son nom, les yeux fermés : Bonjour Tristesse.

dimanche 23 novembre 2014

Vinci et l'ange brisé de Didier Convard




1494, Milan, Venise, Florence, trois glorieuses cité de la Renaissance aux murs tachés de sang. De monstrueuses créatures abandonnent dans les rues des cadavres dont le visage est arraché, la rumeur enfle, et la peur grandit. Qui se cache derrière l'atrocité de ces meurtres? Pourquoi voler les visages des cinq hommes les plus influent d'Italie?
Vittore prévôt de police mène l'enquête, pour déchiffrer les secrets que renferme les morts lors de l'autopsie, il est assisté d'un éminent connaisseur, Léonard De Vinci.
Ce roman de Didier Convard révèle une histoire de jeunesse de Léonard De Vinci qui peignait un modèle nommé Mona et que tous les hommes désiraient, il lui avait même offert un médaillon ou il avait fait son portrait avec des ailes d'ange. Mais un jour cinq homme vont violer Mona et même la défiguré, et vont même arraché le médaillon. Léonard va toute sa vie vengé son ange en inventant des monstres articulés pour ne pas se faire prendre, jusqu'à ce que sa vengeance soit assouvi.
Il aimera à vie Mona et la protégera toute son existence.

jeudi 2 octobre 2014

Radiographie de Laurent Ruquier

 i

Issu d'une famille de cinq enfants ,  d'un père ouvrier et sa mère au foyer, Laurent va grandir dans une ambiance familiale très modeste, son père se déplaçait en mobylette et ses premiers complexes d'infériorité sociale sont venu en réalisant que les neuf autres familles  de l'escalier possédaient, elles une voiture. Déjà a 10 ans il aimait la radio, il écoutait chaque midi en avalant son repas. Ses premiers jeux  était déjà a l'âge de 11 ans  révélateur de sa vie d'aujourd'hui , il s'enfermait dans sa chambre et animait  les émissions de variétés, il présentait les disques comme si l'animais Ring Parade  où le Palmarès de la chanson, dans les réunions familiales il pris vite l'habitude de monter sur une chaise.Il était  un écolier introverti et maladivement timide,on l'avait casé dans l'école des filles il n'y avait plus de place dans celle des garçons cela dura quatre ans puisque bon élève il sauta une classe du CE1 au CE2 .Ce qui l'intéressait à la télé c'était déjà Jean Yanne, Francis Blanche, Jacqueline Maillan , Jean  Amadou il était intrigué et impressionné  par Philippe Bouvard à pratiquer l'ironie, à poser des questions mordantes et à mettre parfois ses invités mal à l'aise; il s'en délectait ! La majorité partie de son temps, quand il n'était pas au lycée, il restait dans sa chambre à écouter la radio, il enregistrait  même les émissions qu'il n'avait pas pu entendre " Ainsi à n'importe quel moment de la journée quel que soit le jour de la semaine, sur le chemin de l'école, en allant faire des courses ou même dans les toilettes, dès que je m'ennuyais , je pouvais allumer dans ma tête ma RTL à moi, j'étais tous les animateurs à la fois, je fabriquais de toutes pièces  des dialogues irréels avec les auditeurs j'ai parlé dans un micro interne avant d'en avoir un vrai à ma disposition " Il postula pour  RTL  qui avait décider de recruter de nouveaux talents ,il fut sélectionné . A 23h30 dans la nuit du 14 au 15 août 1980 je parlais donc pour la  première fois en direct au micro d'une radio nationale  RTL. Puis il continuera ses études secondaires fais un  DEUG " administration économique et sociale" à l'université de  Rouen et un  DUT. C' est en duo qu'il refait de la radio sur les ondes locales le 12-13  de  Jérôme et Laurent il avait 20 ans sur  Radio force 7. Jacques Mailhot eut la  générosité de le présenter comme un jeune auteur  qui avait participé à l'écriture de son spectacle,  puis il  rencontra Martial  Carré le directeur du Caveau de la République temple  des chansonniers, le 10 décembre 1987 il était sur scène ; il pouvait lui arriver de faire trois cabarets dans la même soirée. Parmi ceux qui l'aidèrent à devenir Parisien il y a Dadzu  il était programmé  au Caveau et au Don Camillo le temps d'une chanson c'est lui qui l'a le mieux accueilli  dans ce métier. En septembre 1988  il refait de la radio à Europe 1 aux côtés de Maryse Gildas  et Jean Amadou  puis en 1990 sur France Inter , Jacques Martin vas le prendre pour écrire  les textes de son émission  Ainsi  font font ; il alterne donc la TV et la radio jusqu'à aujourd'hui ; il est devenu la réalité de ses rêves d'enfant  un homme de télévision et de radio avec l'humour qu'on lui connaît .