Je m'appelle Tristan, j'ai un peu moins de trois cent ans, je suis un des deux poiriers du docteur Lannes, il m'a fait inscrire sur la liste des arbres remarquables de France, je suis son bien le plus cher, son devoir de mémoire,sans doute parce que je conservais dans mon tronc la balle allemande qui avait tué son fils, je suis aussi sa victoire sur le temps. Hélas à la fin de l'hiver, je suis victime d'une mini-tornade, ma trop grande prise au vent le sol détrempé par trois semaines de pluie, l'attaque d'une vermine d'exportation l'âge qui ne me permets plus de se défendre assez vite et me voilà coucher à terre ; j'ai bien vu que mes branches charpentières s'étaient brisées dans la chute, déraciné, décapité j'avais en tout cas épargné mes congénères, les toitures et la tonnelle où courait la glycine. Un arbre n'a d'autres sentiments que ceux qu'on lui confie, d'autres émotions que celles qui perçoit d'autres angoisses que la présomption des tempêtes, des incendies, de la sécheresse et des bûcherons mais cette angoisse là est commune avec les animaux elle n'a pas la même origine que celle des humains, ce n'est pas la perte de nous-mêmes qui nous obsède c'est la rupture d'une harmonie, l'arrêt des échanges avec les oiseaux, les insectes, les champignons, les jardiniers, les poètes; la fin des interactions qui nous lient avec le soleil, à la lune,au vent, à la pluie, aux lois qui gouvernent la formation d'un paysage.Georges accepte à présent d'avoir perdu son arbre pour laisser partir son fils, lorsque ma première bûche à finit de se consumer la balle du Mauser 33 est tombée dans la cendre ; il restait dix stères de mon bois sous l'auvent, je repars en arrière, je rebrousse chemin dans les anneaux concentriques de ma mémoire "Jeannette m'a brûlé vive qui lança dans les flammes de mon bois une malédiction qui me colle toujours à l'écorce ....le poète Mironte qui cherchait l'inspiration sous mes ombrages pour célébrer sa muse tandis qu'elle le trompait dans le lit du marquis.... Frère Octave offert en sacrifice a l'être suprême qui mourut la corde au cou en me criant "Vive Dieu!"... Alfred Dreyfus, réhabilité mais brisé, qui puisa en moi le courage du silence, pour ne pas hurler sa vérité au général Mercier, son bourreau au main propre... Je tente de remettre en scène l'Anglais tombé du ciel qui m'initia à moi même, la cantatrice épurée qui me donna un nom d'opéra, le médecin qui m'aima comme un fils... Tous ceux qui firent de moi, pour quelques minutes ou durant des années, leur compagnon d'infortune."
mercredi 14 novembre 2012
mercredi 24 octobre 2012
Sur la route de Jack Kerouac
Jack Kerouac est né en 1922 à Lowell , Massachuetts dans une famille d'origine canadienne-française il a publié plusieurs romans ,celui de sur la route a été écrit en 1952 en quelques jours de délire sur un rouleau de presse cette histoire est sa vie de jeune homme il fait la connaissance de Neal Cassady quelques temps après la mort de son père dans une cafétéria ,Neal et sa femme Louanne une fille de seize ans , Neal est le type idéal pour la route, parce que lui il y est né sur la route, c'est un chauffard génial ,gigolo à la bisexualité triomphale, pique- assiette inspiré, et vagabond mystique, avec Allen Ginsberg et William Burroughs ils partent au volant de vielles voitures qui conduisent à tour de rôle, mais Neal conduit à une allure folle à travers l'Amérique de New-York à Chicago, Denvers ,San Francisco ils voyagent ainsi et vivent une vie de fêtes, de débauches de filles, d’alcool de drogues dans des boîtes à jazz. Leur dernier voyage, ils le feront au Mexique à bord d'une vielle Ford que Neal ne ménagera pas ,ils sont surpris par les paysages, les habitants aux allures passives, leurs regards pénétrants et l'hospitalité débordante, on leur offre de la marijuana ils se défoncent , et vont connaître les premiers effets de cette drogue qui les transportent , la beat génération est en route, une nouvelle jeunesse est né.Jack Kerouac est mort en 1969 à l'âge de quarante sept ans.
vendredi 7 septembre 2012
Mémoires d'un rebouteux breton de Catherine Ecole-Boivin
Ce rebouteux breton qui veut garder l'anonymat nous raconte comment à l'âge de six ans il regardait son père appuyer sur les membres blesser de ses clients, leurs habits sentent la sueur, la terre, l'étable, les gestes de son père se répètent, il tourne les membres, les étire, les plies d'une certaine façon, je m'entraîne sur moi, je m'ennuie très vite à ce jeu solitaire, et propose à ma jeune soeur de jouer au métier de papa, je frotte, je tourne sa main, son bras et quand elle est rassurée d'un petit coup crac! je lui démets légèrement les doigts des mains, des pieds et lui remets aussi sec en place. Depuis des siècles les vieux et les vielles ont transmis " l'art de comment remettre en place" ce qui dans le corps à voulu s'échapper; les os ça saute; ça se casse; ça se déboîte je les remets bout à bout, mon métier je l'ai acquis par transmission, par l'accumulation d'expériences et par un savoir faire, avec un brin d'intuition, on déparasite, on détache, on replante on boute c'est à dire qu'on pousse.Rebouteux c'est remailler, pas détricoter avec des mots, du bla bla c'est joindre les gestes à la parole;aujourd'hui peu à peu ont est intégré dans la formation des kinésithérapeutes, ostéopathes ce sont en quelques sortes nos descendants, il manquera à beaucoup cette intuition ce sens du sens que l'on possède " nous autres" à peine on tâte, à peine on sait. Un rebouteux répare non pas les sorts, mais les corps et les âmes malmenés par l'existence, il allège les tensions, on répare les corps machines, il évite à des fermes de cesser de tourner faute d'homme sur ces deux jambes et une femme avec ses deux bras. Avant de vivre du métier de rebouteux j'étais maquignon cela m'a servi pour reconnaître les bêtes en bonne santé, puis ma réputation était telle que je me suis installé définitivement; mais pour pouvoir exercer s'en problèmes j'ai fait une formation à l'école privée de Marchesseau en 1964 j'obtiens au bout de 4 mois mon diplôme d'ortho-chiropraticien mais aussi de physio naturopathe je gagne beaucoup d'argent, je m'achète une belle voiture et je suis l'heureux propriétaire de chevaux de courses, les jaloux ont essayé d'avoir ma peau et toute ma vie durant jusqu'à ma retraite les impôts sont venus vérifier sur dénonciations, je l'apprendrai plus tard les gens qui ont des chevaux sont fichés. Ma mère m'avait donné son don de guérir le zona, il s'agit d'une prière la façon de tourner la main à un rapport sur l'origine de la maladie, on doit se sentir plus fort que lui en pensant en puissance " Je suis plus fort que toi, je le veux!"Aujourd'hui j'ai 85ans et je craignais d'avoir mal partout mais pas du tout je suis en pleine forme, quant je me blesse je me répare tout seul. Le bonheur que j'aie eu d'être rebouteux le fait qu'avec mes mains j'ai osé des miracles.
mardi 4 septembre 2012
La mauvaise vie de Frédéric Mitterrand
à la découverte de ses émoi amoureux, n'ayant pas un physique avantageux il est timide, réservé lorsqu'il part en Grèce avec des amis à Mykonos il sera troublé par des jeunes gens musclés attiré par leur charme. Il nous parle d'une mauvaise expérience avec un jeune marocain, il y a trente ans dans un sauna, il s'était senti humilié, lui le bourgeois avec cet immigré qui l'avait dominé puis blessé, l'avait infecté d'une maladie tenace, secrète dont il mit des mois à ce guérir. Puis la vie aisé lui permets de voyager à travers le monde de part aussi son travail il fait des reportages en Asie , il ira en Thaïlande, Bangkok, Jakarta , Papong et rencontrera dans des bordels de jeunes garçons, entièrement libre de jouer avec son désir et de choisir.Mais quand il rentre en France son mal être persiste, car il ne veut pas dévoilé ses tendances à son entourage proche( famille, profession) jusque tard dans sa vie il ne pourra faire part de sa sexualité débridée, ne pourra aimé une seule personne. Ce récit lui a surement permis de faire le point sur sa vie, son mea mea-culpa sur des regrets qui ne peut pas effacer .
mercredi 27 juin 2012
L'illusion Cathare de Jean-François Nahmias
Nous sommes en 1204 Austorgue à quinze ans et une jeune soeur Arbrissa de huit ans sa cadette, sa mère Sobralène et son père Mir sont des nobles de Fangeaux petite ville entre Carcassonne et Castelnaudary. Austorgue fait toujours le même cauchemar lié à sa naissance elle est terrorisé par un gypaète qui l'enlève et la porte dans son nid sachant qu'à peine l'avait on installé dans sa chambre un gypaète s'était posé sur son berceau entrant par la fenêtre ouverte, sa nourrice avait chassé le rapace et avait insisté que l'on baptise l'enfant du nom d'Austorgue c'est à dire" femme autour" faisant référence à un oiseau de proie ainsi le gypaète, répugnant à s'attaquer a un de ses semblables ne reviendrait pas; par la suite la nourrice n'avait cesser de raconter cette histoire à Austorgue l'entourant sans le vouloir d'un climat de terreur. Son père est toujours à la guerre où chassant les bandits de la région sa mère étant toujours seule reçoit un jour un message d'un troubadour qui veut lui faire la cour. Austorgue va quitter le château pour laisser sa mère vivre ce nouvel amour et en finir avec ses cauchemars qui lui font des angoisses elle couvre les murs de sa chambre de dessins de gypaètes et barres leurs becs et leurs pattes; sa soeur Arbrissa sera confié dans une maison de bonnes femmes de la nouvelle religion de la région. Sobralène attend de voir apparaître son troubadour Amiel Jourdain mis un genou a terre, "je vous supplie dame", il respectait là fidèlement le cérémonial de l'amour courtois; le troubadour était d'abord un soupirant tant qu'il aimait sans voir et lorsqu'il se faisait connaître il devenait suppliant; Sobralène accepta d'un sourire, il s'engagea à la servir corps et âme et de son côté elle lui accordait sa protection; ce contrat était matérialisé par un baisé.
En ce qui concernait la nouvelle religion ceux qui étaient sincèrement croyants étaient horrifié par le sort qui attendait les bonshommes; ces parfaits se méfiaient de leurs âmes, siège des désirs et des passions; leurs espoirs étaient de mourir car la vie était l'enfer pour eux, l'espoir suprême est qu'un jour tous les humains ayant reçu le consolamentum faisait retour à Dieu, alors l'humanité s'étant éteinte, la création disparaîtra et le diable avec elle. Cette nouvelle église prêché par le diacre cathare Isarn de Caraman faissait beaucoup d'adeptes et faisait front au catholique Dominique de Guzman.
En cette mi-janvier 1208 Innocent III reçu une nouvelle terrible, le frère Pierre de Castelnau est mort, le comte de Toulouse l'a fait assassiner, il décida d'écrire a Philippe-Auguste pour l'informer que la guerre des croisés allait commencer.
La plus puissante des catapultes était en route, surnomée "Malvoisie", capable de lancer des pierres de plus de 100 livres, 100 000 hommes étaient en route pour la croisade. Béziers brûla 2 jours durant, ce fût un carnage, toute sa population ou presque avait péri soit prés de 10 000 personnes.
Simon de Montfort prenant la tête d'un groupe de chevaliers pris ensuite la route de Carcassonne, ils attendirent que la population n'est plus d'eau et que Raymond-Roger de Trencavel décide de capituler.
Tristan de Bièvres retourne à Fangeaux coeur de l'hérésie cathares et s'installe dans le château d'Austorgue, Sobralène étant quitté par son troubadour était devenue bonne femme, sa fille Arbrissa était au couvent de Prouilles et Austorgue était dans les environs de Ste Colombe.
Le château était donc vide. Simon de Montfort continue à pourchassé les cathares, Narbonne, Bram, Dun...
certains des hérétiques s'enfuient vers la forteresse la plus sûre Montségur.
Ce 5 avril 1211 le siège de Lavaur nid d'hérétique entrant dans son douzième jour de résistance allait vivre un renversement de situation ; chacun savait que Raymond IV était de coeur avec les cathares mais il avait mené jusque là une politique louvoyante tentant de ménager les 2 camps, de nombreux soldats vêtus de blanc portant la banière de Toulouse arrivaient en renfort pour l'assault de Lavaur. Le nouvel évêque Foulques était lui même à la tête des troupes, le combat avait était acharné mais bref. Les condamnés seraient pendus et on préparait aussi des bûchers.
Dans ce périple des croisades Austorgue retrouva l'amour et épousa Tristan de Brièves avec qui elle eut un fils, Durand avant de retourner à la guerre où il mourut.
Ce livre nous fait revivre l'époque du catharisme, doctrine autodestructice, religion de haine et de mort prêchée par des illuminés longtemps pris pour des martyrs, mais dont le but, comme celui de certaines sectes actuelles, était la disparition du genre humain.
lundi 28 mai 2012
Ils disent que je suis une beurette de Soraya Nini
dimanche 6 mai 2012
"Les joyeux guérissent toujours" de Patrick Sébastien
Patrick Sébastien s'est approprié cette phrase de François Rabelais "les joyeux guérissent toujours". Dans sa vie de fêtes, de rires, de paillettes, il avoue qu'il efface ses douleurs personnelles, ses blessures, ses trahisons, face à des gens hypocrites qui l'entourent parfois dans sa vie surtout professionnelle; il mets tous ces morceaux de vie dans son grenier au fond d' un coffre appelé Freude que lui a offert dans sa jeunesse un ami Helmut qui vivait dans l' Ardèche, car Freude veut dire joie en allemand. Il nous rappelle que l'amour guérit de tout celui d'un père, d'une mère, d'un enfant, d'un ami, c'est lui qui te met de la lumière dans ton regard, qui donne de la joie dans ton coeur. A 58 ans il a assez de vécu pour analyser ses erreurs, ses coups de sang et a traverser de rives en rives le chemin de sa vie; devenir joyeux à force de rire de tout.
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